Recep Tayyip Erdoğan, en déplacement en Afrique (République Démocratique du Congo, Sénégal, puis la Guinée-Bissau) avec des membres de son gouvernement pour convoler ses conquêtes: Une lune de miel avorté sur imposition d’un agenda géopolitique.

Nous allons nous intéresser à sa dulcinée, la République du Sénégal à qui, le Dictateur ne cesse de témoigner de l’intérêt. Accueilli par son gendre, le Président de la République du Sénégal, Macky Sall,  lors d’une cérémonie officielle dans la capitale, Dakar, le Dictateur Recep Tayyip Erdogan a montré beaucoup d’enthousiasme en exigeant de la part de Macky Sall, de lui éviter les longues parades nuptiales pour consommer directement ce mariage au Palais de la République avec la signature de Cinq accords bilatéraux.

Rappelons que dans ce ménage, le gendre Macky Sall avait offert au Dictateur Turque (Recep Tayyip Erdoğan) la fermeture des sept écoles du groupe turc Yavuz-Selim, des établissements privés liés à Fethullah Gülen accusé par Ankara d’être à l’origine de la tentative de coup d’Etat durant l’été 2016. A Dakar, la police nationale a été mobilisée pour prendre possession des établissements.

La scène était surréaliste : des policiers Sénégalais pour bloquer des écoles au Sénégal juste pour satisfaire un despote étranger. Devant le collège Bosphore, les élèves se sentaient perdus, comme Moussa, 15 ans : « On s’est levés pour aller à l’école et on a trouvé des policiers devant la porte qui disaient que c’était terminé pour l’école, qu’elle était fermée ».

Mamadou Kebe, président de l’association des parents d’élèves, a tenté de rentrer dans le collège, mais les forces de sécurité l’en ont empêché : « Le droit à l’éducation a été dénié aujourd’hui. Nous avons sept établissements dans le Sénégal avec environ 3 000 élèves et 500 employés sénégalais. Nous sommes en colère, nous sommes choqués et inquiets ». Le Président Macky Sall n’a même pas consulté les responsables des établissements ni envoyer une note d’information aux parents d’élèves.

C’est via un arrêté que l’Etat sénégalais a décidé de fermer les écoles Yavuz-Selim pour les attribuer à la fondation de l’Etat turc Maarif. Maitre Sarr a d’ailleurs tenu à rappeler que ces écoles sont privées et qu’elles appartiennent à l’heure où sonne la fermeture forcée à des investisseurs français et sénégalais : « C’est notre bien et l’Etat du Sénégal ne peut pas le confisquer, il ne peut pas mettre la main sur notre bien».

Le président Macky Sall qui scande partout vouloir faire de l’enseignement une priorité vient de prouver le contraire. Mansour Gueye qui avait son fils en classe de 4e affirme : « Je ne comprends pas ce que Macky Sall est en train de faire dans ce pays. Personne ne comprend ».

La suite nous la connaissons tous : Les turcs Summa et Limak vont assurer le relais de Saudi Binladin Group (SBG) pour l’achèvement des travaux, 15% du total du chantier de l’aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) de Diass (sud-est de Dakar), dans la région de Thiès.

Pourtant le montant du cinquième avenant non payé par l’Etat du Sénégal et qui avait obligé Saudi Binladin Group (SBG) à ne pas vouloir terminer les travaux se chiffrerait à 6,5 milliards de F CFA (9,97 millions d’euros) et les pénalités à 131 millions de F CFA (200 000 euros) selon l’Etat du Sénégal.

Alors pourquoi le choix de la Turquie ? Macky Sall est le seul à pouvoir y répondre.

Après la rencontre en tête-à-tête entre Sall et Erdogan ce 22 février 2022 cinq (5) accords bilatéraux ont été signés entre le Sénégal et la Turquie.

Rappelons qu’un stade de football aux normes internationales, conçu et construit par deux entreprises turques, a été officiellement inauguré, ce mardi 22.02.2022. Une entreprise de construction turque a achevé, en 17 mois, la construction du stade, situé à Diamniadio et pouvant accueillir 50 mille personnes. Le stade a couté 267 millions de dollars.

Parmi les autres accords établis entre les deux gouvernements figure également le « Protocole de coopération en matière de médias et de communications » signé par Abdoulaye Diop, Ministre de la Culture et de la Communication du Sénégal et Mevlut Cavusoglu, ministre des Affaires étrangères de la Turquie.

« L’Accord de coopération dans le domaine de la sécurité » entre les gouvernements turc et sénégalais a été signé par le ministre sénégalais de l’Intérieur Antoine Felix Diome et son homologue turc Suleyman Soylu.

« L’Accord de coopération maritime » entre les gouvernements des deux pays a été signé par Alioune Ndoye, ministre de la Pêche et de l’Économie maritime du Sénégal, et Adil Karaismailoğlu, ministre turc des Transports et des Infrastructures.

Le « Mémorandum d’entente de Coopération » entre le ministère sénégalais de la Jeunesse et le ministère turc de la Jeunesse et des Sports a été signé par la ministre sénégalaise de la Jeunesse, Néné Fatoumata Tall et le ministre turc de la Jeunesse et des Sports, Mehmet Muharrem Kasapoglu.

Le président turc avait entamé, dimanche, une tournée africaine qui inclut trois pays, la République Démocratique du Congo, le Sénégal, puis la Guinée-Bissau.

Les tensions entre l’Ukraine et la Russie étant à leur apogée après la reconnaissance par Moscou de l’indépendance vis-à-vis de l’Ukraine des régions de Donetsk et Louhansk, Recep Tayyip Erdogan rentrera en Turquie après sa visite au Sénégal pour participer au sommet de l’OTAN qui se tiendra en ligne mercredi. Il est donc prévu qu’il rentre en Turquie avant de se rendre à Bissau.