Les défis de la présidentialisation du pouvoir : La dérive de la République au Sénégal sous le président Macky Sall

Arrivé au pouvoir en 2012 au milieu d’une vague de mécontentement populaire et de demandes de réformes démocratiques, le président Macky Sall était considéré comme une lueur d’espoir pour le peuple sénégalais. Cependant, au fil des ans, les inquiétudes se sont accrues quant au fait que l’administration de Macky Sall s’est écartée des idéaux qui ont catalysé son ascension au pouvoir, ce qui a donné lieu à des constatations de patrimonialisation et d’affaiblissement des institutions démocratiques.

L’une des principales constatations formulées à l’encontre du président Sall est la perception d’une centralisation du pouvoir au sein de la présidence. On remarque qu’il a concentré le pouvoir de décision dans son bureau, limitant l’influence des autres branches du gouvernement et marginalisant le rôle des institutions indépendantes. Cette situation suscite des inquiétudes quant à l’érosion potentielle des freins et contrepoids démocratiques et de la capacité des différentes branches du gouvernement à s’obliger mutuellement à rendre des comptes.

En outre, il existe des preuves d’utilisation abusive des ressources publiques à des fins personnelles au sein de l’administration Sall (Rapports ofnac 2019,2020,2021″affaire 94 milliards »…). Les constatations relèvent que le président et ses proches collaborateurs se sont livrés à des pratiques de corruption, telles que le détournement de fonds (Rapport cours des comptes 2022″gestion covid19″…) et le copinage, qui ont compromis l’allocation équitable des ressources et créé un environnement de favoritisme. De telles actions compromettent non seulement l’intégrité de l’appareil d’État, mais érodent également la confiance du public dans la capacité du gouvernement à agir dans l’intérêt supérieur de la population.

Le rétrécissement de l’espace civique (acharnement sur le PASTEF, exclusion de la Casamance, ignorance de la banlieue, abrutissement des espaces d’enseignement supérieur…) et la limitation de la liberté d’expression constituent un autre sujet de discorde. Les organisations de défense des droits de l’homme et les activistes ont exprimé leurs inquiétudes quant à la réaction du gouvernement face aux voix dissidentes, notamment le ciblage des journalistes, des activistes et des membres de l’opposition. Des rapports faisant état d’arrestations arbitraires, d’intimidations et de l’utilisation de mesures répressives pour étouffer l’opposition ont suscité des inquiétudes quant à la protection des droits fondamentaux et à la capacité des individus à exprimer librement leurs opinions (Rapport annuel 2021 Amnesty International).

Les observations démontrent que la patrimonialisation de l’État sous l’administration du président Sall sape les gains obtenus de haute lutte par le peuple sénégalais lors du soulèvement de 2012 (Le président Macky Sall exerce une gestion patrimoniale des affaires de l’État en centralisant le pouvoir décisionnel entre ses mains. Cette centralisation excessive met en péril l’équilibre des pouvoirs et limite l’influence des autres branches du gouvernement. Les institutions indépendantes (la justice, l’assemblée nationale), censées servir de contrepouvoirs, sont marginalisées, affaiblissant ainsi les fondements de la démocratie). Les principes de transparence, de responsabilité et de gouvernance démocratique qui étaient au cœur des manifestations sont considérés par beaucoup comme érodés ou compromis.

la révision du fichier électoral est inachevée, les inscriptions des primo votants ont été bâclés, la lettre et l’esprit de la constitution sont à la solde du Président Sall et de son ministre de la justice (Ismaila Madior Fall).

à plusieurs reprises, le président Sall est prit en flagrant délit de « haute trahison » pour son interprétation élastique de la constitution, qui lui permet de prendre des décisions sans consultation ni approbation préalable des autres institutions démocratiques. Cette tendance à interpréter la constitution au gré de ses intérêts personnels affaiblit le système de contrôle et d’équilibre essentiel à la bonne gouvernance d’un État républicain.Cette dérive vers la présidentialisation du pouvoir a des conséquences graves pour la République sénégalaise. La concentration excessive du pouvoir entre les mains du président limite la participation citoyenne, réduit la transparence et l’obligation de rendre des comptes. Cela crée un climat politique où les décisions sont prises de manière arbitraire, érodant ainsi la confiance des citoyens dans le système démocratique.

Cependant, il est important de noter qu’il existe des points de vue différents. L’administration Sall a défendu ses actions et souligné les progrès réalisés dans divers secteurs, tels que le développement des infrastructures et la croissance économique. Ses partisans soutiennent que ces réalisations ne doivent pas être éclipsées par les critiques et que les efforts du gouvernement visent à améliorer le bien-être du peuple sénégalais. aux sénégalais d’apprécier la teneur de ces allégations.

En conclusion, bien que le président Macky Sall ait symbolisé au départ un changement vers un gouvernement plus démocratique et plus responsable au Sénégal, des préoccupations sont apparues concernant la patrimonialisation assumée des affaires de l’État, la concentration du pouvoir et l’érosion des principes démocratiques.

La transparence, la responsabilité et le respect des droits de l’homme sont essentiels pour assurer une bonne gouvernance et maintenir la confiance du peuple sénégalais. Il est donc essentiel pour l’avenir de la démocratie sénégalaise de favoriser un dialogue ouvert et inclusif sur ces questions.

Face à cette dérive alarmante de la République sénégalaise sous la présidence de Macky Sall, il est crucial que les citoyens s’engagent dans la défense des principes démocratiques et de l’État de droit. La présidentialisation excessive du pouvoir et l’interprétation élastique de la constitution ne sont pas seulement des atteintes aux fondements démocratiques, mais elles peuvent également conduire à l’affaiblissement des institutions et à une détérioration de la gouvernance. La préservation de la République sénégalaise exige une vigilance collective et un engagement continu pour préserver les valeurs démocratiques et l’équilibre des pouvoirs.

Les acteurs de l’opposition politique, les responsables de la société civile et la population sénégalaise auront une lourde charge à la suite de la prise de parole par Macky Sall ce 3 juillet 2023, de restaurer la République, de sauver à nouveau la démocratie et d’assurer le respect des droits humains dans l’étendue du territoire national pour plus d’égalité et d’équité sociale mais aussi pour l’épanouissement de tous les citoyens sans aucune distinction. Ce soir, le monde entier aura les yeux rivés sur le pays des Lions de la Téranga.

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