Discours du président de l’association des étudiants pour le développement de la Casamance (AEDC, KEKENDO) à l’occasion de la quatorzième édition des journées culturelles.
Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation,
Monsieur le Ministre de l’emploi, de l’Insertion professionnelle et de l’intensification de la main-d’œuvre,
Madame la Ministre de l’Economie Solidaire et de la Microfinance,
Monsieur le Président de la Commission Nationale du Dialogue des Territoires,
Monsieur le coordonnateur national du programme des domaines agricoles et communautaire (PRODAC),
Chers membres de la communauté estudiantine de l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar,
Chers membre de l’Association des étudiants pour le Développement de la Casamance (AEDC, KEKENDO),
Mesdames et Messieurs,
Cher (ère) s ami (e) s,
C’est pour moi un honneur et un grand plaisir de m’adresser à vous aujourd’hui à l’occasion de la cérémonie officielle de la quatorzième édition des journées culturelles de l’Association des étudiants pour le développement de la Casamance.
Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue. Je vous remercie d’être au rendez-vous en cette année de célébration de la quatorzième édition des journées culturelles qui pour nous, est une occasion de rendre un vibrant hommage à notre frère El Hadji Sankoung DJITE, membre du KEKENDO mais aussi militant de l’Alliance pour la République (APR).
Je vous invite à observer une minute de silence pour prier pour le repos de son âme.
Mes frères et sœurs du kekendo me pressent de me saisir de préoccupations qui affectent la paix et le développement de notre chère Casamance et je leur ai fait le sermon d’intervenir en ce sens cette année.
C’est notamment dans cette optique qu’il a été convenu que le débat général de nos journées culturelles porterait sur : l’engagement de l’étudiant pour le développement de son pays à travers la vulgarisation des progrès socio économiques pour mieux soutenir la voie de l’émergence.
Ce thème s’imposait à nous de manière impérieuse et je me réjouis que nous ayons choisi d’en faire l’objet d’un débat général. La problématique du développement constitue une menace de plus en plus sérieuse pour la cohésion dans nos sociétés et exige des actions immédiates et concertées de notre part.
Je cite le Président de la République qui dans le Livre Blanc (le grand bond en avant) soutien ceci :
« Le Sénégal est dans une dynamique d’émergence porteuse d’un mieux-être social basé sur des performances économiques retentissantes. Cette trajectoire sera maintenue, renforcée et accentuée pour permettre à notre pays de bâtir une croissance vigoureuse, durable et partagée. Mon ambition pour le Sénégal reste l’avènement d’un Etat de droit et d’une économie solidaire, de progrès social pour le bonheur de tous. »
Si dans le monde, certaines universités valorisent depuis longtemps l’engagement associatif de leurs étudiants, chez nous au Sénégal, cette conversion est récente et surtout soutenue par un homme d’une très grande valeur, je veux citer le professeur Mary Teuw NIANE.
Du côté du ministère, une réflexion est en cours pour envisager un cadrage national car le ministre s’engage résolument à traduire la vision du Président de la République en acte et que tel est la mission du Ministre Mary Teuw NIANE.
Le KEKENDO depuis 2013 ne cesse de prouver combien il est important de valoriser les activités associatives, montré que les étudiants ne sont pas que des consommateurs, ils prennent sur leur temps d’études pour participer à la société.
Le développement est l’action de faire croître, de progresser, de donner de l’ampleur, de se complexifier au cours du temps.
Le développement économique désigne les évolutions positives dans les changements structurels d’une zone géographique ou d’une population : démographiques, techniques, industriels, sanitaires, culturels, sociaux… De tels changements engendrent l’enrichissement de la population et l’amélioration des conditions de vie.
C’est la raison pour laquelle le développement économique est associé au progrès.
« Nous savons aussi que la croissance n’a été capable ni de réduire la pauvreté, ni de renforcer la cohésion sociale. Un même taux de croissance peut signifier un accroissement ou une réduction des inégalités. Et une croissance illimitée dans un monde fini est une illusion. »
La volonté inébranlable du Président Macky Sall de trouver des réponses efficientes et durables à la demande sociale, est traçable déjà dans le budget 2017 arrêté à 3360 milliards de FCFA dont 1200 milliards mobilisés pour financer les investissements structurants annoncés lors des conseils des ministres délocalisés. L’objectif ultime réside dans la correction des déséquilibres socio-économiques.
La lecture croisée du contexte, articulée à la faiblesse des politiques et stratégies de développement appliquées jusque-là, induit la nécessité d’initier des alternatives susceptibles de corriger les déficiences et produire simultanément des progrès significatifs à l’échelle nationale et un développement local harmonieux.
Ainsi, l’option de l’Etat de promouvoir le développement territorial, afin de contribuer durablement à la promotion économique et sociale du pays, s’inscrit dans cette perspective et justifie le positionnement de l’aménagement du territoire au cœur des processus à engager.
Affirmant son choix d’une organisation rationnelle et équilibrée de l’espace national et la valorisation optimale des ressources de ses territoires en mettant en avant les principes d’équité, de subsidiarité (proximité, participation), d’innovation (anticipation, expérimentation) et de complémentarité (solidarité et intégration), le Sénégal s’engage à corriger les déséquilibres territoriaux à travers une planification spatiale judicieuse des activités économiques par la mise en cohérence des réseaux d’infrastructures et d’équipements ainsi qu’une exploitation rationnelle des ressources de façon à offrir à chaque citoyen les conditions d’une vie meilleure.
Ainsi dans l’élaboration de cette refondation majeure de l’action territoriale de l’Etat, un vaste chantier a été entreprit dans le cadre de la politique de décentralisation pour une communalisation intégrale et l’érection de pôle territoire. Organisé autour des potentialités du territoire, le pôle est un foyer de concentration économique générateur d’activités motrices avec une forte puissance d’entrainement d’où sa centralité et son attractivité. Comment arriver à l’établissement de véritables pôles territoriaux de développement au Sénégal ?
Dans ce cheminement, le Président de la République indique clairement l’option de «construire, dans le cadre d’un dialogue consensuel et prospectif, le renouveau de la modernisation de l’Etat, à travers une décentralisation cohérente dans ses principes, et performante dans sa mise en œuvre avec l’érection de Pôles de développement».
Le Pôle-territoire Casamance. Fusion des régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda. (28 350 km², pour de 2 051 600 habitants en 2017) renferme des potentialités pour l’économie rurale, industrielle et touristique. Position géostratégique favorable pour élevage, tourisme balnéaire, écotourisme, production et transformation agricole.
La région naturelle de Casamance, jadis réputée être le «grenier du Sénégal» du fait de la variété et de la fertilité des sols, d’une pluviométrie adéquate et de l’abondance des cultures céréalières (riz, mais, mil) et horticoles (mangue, anacarde, banane, agrumes), a été fortement déstabilisée au plan économique, social, et environnemental depuis le début des années 1980 par des manifestations pacifiques revendiquant un mieux-être pour les populations avant d’aboutir à une révolte armée initiée par le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC).
Des milliers de personnes ont perdu la vie, ou ont été déplacées à l’intérieur du Sénégal, ou se sont réfugiés dans les pays limitrophes (Gambie près de 9700, Guinée Bissau près de 8000). Il est admis que le conflit a déstructuré la région naturelle de Casamance sur le plan économique, du fait de la baisse considérable de la production agricole, en particulier de celle du riz, de la forte perturbation des secteurs de la pêche, de l’élevage, et du tourisme, de la détérioration des infrastructures logistiques et sur le plan social, du fait des énormes pertes en vie humaine et de mouvements de populations, de sources de revenus aléatoires, de l’aggravation de l’isolement des populations dans certaines zones et de difficultés d’accès aux marchés, de l’exposition et de la menace de mines anti personnelles et de l’instauration dans certains endroits d’un climat de peur et d’insécurité.
Actuellement, la région naturelle de Casamance fait face à une période de transition, avec des enjeux essentiels, pour un retour durable de la paix et la restauration du dynamisme économique. L’exigence de la satisfaction adéquate d’une demande économique et sociale semble être la véritable motivation des politiques de décentralisation.
Le sentiment d’exclusion territoriale lié à l’enclavement géographique de la région étudiée par rapport au reste du Sénégal et d’un système de transport inopérant pour y remédier, le sentiment d’exclusion socio-économique lié à une politique de développement régional perçue comme déséquilibrée entre la capitale et les régions périphériques, et défavorable à l’amélioration des conditions sociales des populations et à la valorisation du potentiel économique de la Casamance en particulier motive le choix des orientations politiques récentes.
La région de la Casamance naturelle n’est pas une collectivité mais cela ne fait pas de l’échelle régionale objet d’érection d’un « pôle territoire » un handicap de développement territorial.
Les coalitions de territoires dans l’espace du pôle sont un atout pour le développement de la région naturelle de Casamance.
Le développement de la région naturelle de Casamance, si il doit se faire dans le cadre du pôle territoire, nécessite la définition des mécanismes de gestion avec tous les acteurs locaux et surtout avec la participation effective des populations tout au long et à chaque étape du processus.
Je vous souhaite à toutes et tous un bon échange.
Je vous remercie.
Baboucar BADJI
Président du KEKENDO.
L’association des étudiants pour le Développement de la Casamance participe cette année 2018 au Forum de CAUX (INITIATIVES OF CHANGE).
Ils appartiennent, comme les Malinké, les Soninké et les Bambara, entre autres, au grand ensemble mandingue de l’Afrique de l’Ouest (Mali, Guinée, Niger, Burkina, Côte d’Ivoire, Sud de la Casamance). Leur implantation en Casamance orientale et en Gambie, est très ancienne.
Les Mancagnes sont une ethnie que l’on retrouve principalement au Sénégal au sud, plus précisément dans les régions administratives actuelles de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda. L’installation de cette ethnie dans cette partie du Sénégal est le fruit d’un long flux migratoire dont l’origine la plus lointaine connue, d’après nos investigations, remonterait de l’actuelle Guinée Conakry (Nord-est), dans le Fouta Djallon.
Les Balantes sont originaires de Moyenne Casamance. Certains d’entre eux ont été islamisés et assimilés par les Mandingues depuis que ces derniers ont propagé la culture de l’arachide dans leur région.