image d’illustration: la guerre n’est pas la réponse
Depuis le dimanche 13 mars 2022, le crépitement des mitraillettes et les coups de canons se font entendre dans le nord de la Casamance. Décision a été prise par les autorités sénégalaises de reprendre les hostilités militaires en Casamance et ceci nonobstant l’option de négociation prise pour la libération des prisonniers militaires il y a de cela près de deux mois.
La Diaspora casamançaise des Amériques et d’Europe ne comprend pas cette attitude belliqueuse qui replonge la Casamance dans la guerre et elle condamne cette option qui toutefois qu’elle a été prise dans le passé n’a abouti à aucune fin du conflit armé mais plutôt qu’à un déplacement des populations civiles et un nombre accru de réfugiés dans les pays limitrophes. Le bilan est assez lourd de conséquences : des villages désertés, des écoles abandonnées, des conditions sanitaires précaires dans des abris de fortune, des lendemains incertains…
Pourquoi toute cette longue période d’accalmie observée ces dernières années n’a-t-elle pas été utilisée pour asseoir la paix en Casamance à travers des négociations sincères et inclusives ?
Pourquoi nous faire croire que des négociations étaient en cours à Sant’ Egidio ?
Pourquoi l’état a opté pour un traitement opaque de cette crise et pourquoi tenir nos élus locaux et les populations en dehors de ce qui se fait autour de ce dossier ?
Pourquoi en parler est-il devenu tabou ?
Y a-t-il jamais eu une volonté sincère de régler cette crise par le dialogue ?
Dans les combats actuels, il est signalé la présence de troupes étrangères. Ceci est d’autant plus alarmant que leur présence démontrerait une volonté manifeste de multiplier la souffrance de nos populations et d’ouvrir ce conflit à des ingérences étrangères.
Nous interpellons encore toute la communauté internationale et particulièrement ces organisations qui avaient mené la médiation et œuvré pour la libération des 7 soldats sénégalais le 14 février 2022: la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la mission Catholique Sant’Egidio, le Comité International de la Croix Rouge (CICR) et les pays qui ont de près ou de loin facilité cette libération, pour amener les uns et les autres à observer un cessez le feu et donner la chance aux médiations.
Leur silence pourrait être complice car leur sortie si honorable ayant permis la libération des militaires, le serait tout aussi pour les milliers de casamançais qui fuient les bombardements et qui appellent de tout leur cœur à un arrêt immédiat des combats et une reprise d’un dialogue sincère entre les deux belligérants.
A nos frères et sœurs, notables, politiciens et dignitaires religieux de la Casamance, l’heure est grave ; la présence probable de mercenaires ou instructeurs étrangers présage des moments sombres.
Il est temps que les casamançais s’approprient la résolution de cette crise car les obus et les victimes tombent chez nous. Jamais nous ne devons applaudir les va-t’en guerre de quelques bords qu’ils appartiennent. Nous seuls pouvons, dans la dignité et le sacrifice, proposer une approche nouvelle à la résolution de ce conflit. Il est évident pour tout observateur de cette crise que l’option militaire ne pourra point mettre fin à ce conflit. Un dialogue inclusif, sincère et ancré dans la justice est, selon nous, la seule voie vers un règlement définitif de ce conflit.
Depuis le dimanche 13 mars 2022, l’Etat du Sénégal sous la présidence de Macky SALL par ailleurs Président en exercice de l’Union Africaine a décidé de mener une guerre totale contre le Mouvement de Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC). Cela fait suite à son projet militaire d’imposer sa volonté par la force des armes dans le processus de paix débuté en 2012 et qui engage l’Etat du Sénégal et le MFDC sous l’égide de la Communauté Sant Egidio.
La poursuite de ce dessein tragique a reçu l’aval des voix passionnées du Nord subséquemment à l’incident regrettable provoqué le 24 janvier 2O22 par l’armée du Sénégal en mission de sécurisation en Gambie pour le compte de la CEDEAO qui avait fait une intrusion en Casamance (en dehors de son périmètre d’intervention dans le cadre de la mission de la CEDEAO). Cet incident malheureux avait causé la mort de quatre soldats Sénégalais et sept soldats ont été fait prisonniers par le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance.
Je rappelle que le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance avait procédé à la libération des sept soldats Sénégalais fait prisonniers par respect des droits humains et de l’institution Ouest-africaine (CEDEAO) et en réaffirmant son engagement à respecter les accords de non violation du cessez le feu qui engagent l’Etat et le MFDC dans le processus de paix entamé en 2012.
Prenant la coupe abusive du bois et la culture du chanvre indien comme alibi, l’Etat du Sénégal a pris la décision de s’attaquer aux positions militaires du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance dans le Nord Sindian en soutenant conduire une mission de sécurisation du territoire national pour un retour des populations dans les villages abandonnés.
Monsieur le chef de l’Etat du Sénégal, cher Macky Sall, ces villages ne sont pas abandonnés et ces dix dernières années, c’est le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance qui assure le bien-être des populations qui ont décidé librement de ne pas adhérer à votre discours de Bignona en 2019. Je cite : « Casamançais, si vous voulais que la Casamance intègre la dynamique de développement du Sénégal, voter Macky Sall lors de l’élection présidentielle ».
Votre projet en cours, Monsieur Macky Sall, se matérialisant par des salves d’artilleries et par des affrontements d’hommes de troupes commence à démontrer ses conséquences dévastatrices par le dénombrement de morts, de près d’un millier de personnes déplacés et de plusieurs incidents dont les Casamançais avaient enfouies dans leurs souvenirs lointains.
Je me réclame citoyen du monde et particulièrement de la Casamance, cette situation me taraude l’esprit parce que la sécurité de la population civile est un droit imprescriptible qu’il faudra préserver. Pour ce faire, les Casamançais ne veulent pas de vos armes et de votre persécution abusive.
Cette opération militaire, nous n’en voulons pas. Nous exigeons de votre part l’arrêt immédiat des combats et la publication sans délais du contenue des négociations précédentes entre votre gouvernement et le MFDC.
Une reprise du dialogue est souhaitée par toute la population de Casamance et cette fois ci en respectant son droit à l’information et à la participation.
A moins que le Sénégal ne soit une dictature, voilà ce que la Casamance toute entière attend de l’Etat du Sénégal et de votre gouvernement.
Le constat est unanime, cette population du Nord Sindian qui se trouvait dans la joie de vivre en bénéficiant de l’accalmie et d’une relance des activités économiques pendant plus d’une dizaine d’années se retrouve perturbée par cette offensive armée qui a fini de réveiller toutes les horreurs de la crise en Casamance. Non seulement, les populations ayant pour activité principale la récolte des produits agricoles et fruits d’anacardiers se retrouve dans une situation de déplacement en catastrophe sans toit, sans assistance aucune puisque l’Etat du Sénégal ne veut pas admettre leur statut de réfugiés de guerre alors qu’il mène une guerre en Casamance depuis 40 ans.
Votre guerre en Casamance, Monsieur Macky Sall a suscité la fermeture de plus d’une trentaine d’écoles primaires et de deux Collège d’Enseignement Moyen (CEM) à la date du 20 mars 2022. Sept jours après votre opération de sécurisation, le département de Bignona renoue avec les braquages armés et les couvres feu. La Croix rouge Gambienne estime à plus d’un millier les déplacés Casamançais fuyant les combats. En réalité, ces déplacés sont des réfugiés de votre guerre Monsieur Macky Sall. L’Etat du Sénégal qui mène sa guerre en Casamance leur doit assistance et soutien.
Si je cite Marshall ROSEMBERG : « Toute violence est l’expression tragique de besoins inassouvis. Tragique, parce qu’en général, cette façon de faire ne permet pas d’obtenir ce qu’on cherche. Bien au contraire, elle est source de tensions et de problèmes de toutes sortes.». C’est parce que toute vie a besoin de sécurité et d’un libre choix de l’environnement dans lequel elle souhaite évoluer.
Ainsi, l’Etat du Sénégal nous parle de sécurisation de la zone. C’est bien comme discours politique, cependant le résultat sur le terrain démontre le contraire, la Casamance toute entière a été plongé dans une insécurité que seul le dialogue sincère entre les deux belligérants peut résorber.
Au jour d’aujourd’hui, les réfugiés Casamançais en Gambie, ne bénéficient d’aucune assistance venant de l’Etat du Sénégal ni de l’Etat Gambien qui avait pourtant promit un soutien financier et une assistance. Ce traitement est lamentable et indigne d’un Etat respectueux des droits humains.
La seule action constatée sur le terrain a été la visite des représentants de la police des migrations, de l’OMS et du GAFNA pour recenser le nombre de personnes déplacées. Ajoutons que le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) zone Ouest- africaine basé à Dakar a décidé de confier son rôle d’accompagnement des réfugiés au GAFNA qui est une ONG Gambienne.
D’ailleurs, depuis fin 2017 sous prétexte que le conflit armé en Casamance est fini, l’Etat du Sénégal refuse de traiter la problématique des réfugiés (8.500 en Gambie et près de 7.000 en Guinée Bissau) de sa guerre en Casamance.
Dès lors, décision a été prise par le HCR d’inviter toute personne déplacée dans le cadre de la guerre en Casamance et installée en Gambie ou en Guinée Bissau de choisir entre le retour en Casamance au Sénégal ou bien de se naturaliser Gambien ou Guinéen.
Union des esprits et des cœurs pour demander la fin de la guerre en Casamance avec une reprise des négociations sérieuses, sincères et prenant en compte les besoins des populations de la Casamance. Le peuple casamançais ne doit pas être l’agneau du sacrifice d’une lutte qui peut être résolue définitivement et de façon durable autour d’une table.
Fait à Dakar le 20 Mars 2022, Amadou Sow étudiant UCAD.
remise d’attestation de participation au stage en technique de négociation et de résolution de conflit. Mai 2017 sous l’égide du Centre pour le dialogue humanitaire (hd).
Thème : Les accords politiques dans la résolution du conflit armé en Casamance : Osons construire un véritable processus de Paix.
Introduction : la conférence des journées culturelles de l’Association des Etudiants pour le développement de la Casamance (AEDC)[1], qui se tient une fois dans l’année, représente un temps fort d’échange autour d’un thème choisi par les étudiants dans le but d’orienter leur travail dans ce vaste chantier de construction de la paix et du développement de la Casamance. Mû par une volonté de donner le meilleur de leur association pour le bien-être de leurs compatriotes, ces jeunes, membres du KEKENDO[2], ne cessent de braver les obstacles pour atteindre leurs objectifs.
Depuis 2013, lors de leurs journées culturelles tenues à Ziguinchor[3], les étudiants se sont engagés ouvertement à s’impliquer d’avantage dans la résolution définitive du conflit en Casamance. Défiant les tabous, levant les voiles de l’histoire, dépoussiérant les archives, allant au-delà de la zone rouge (le maquis[4]), échangeant en permanence avec la diaspora Casamançaise établie en Europe, en Amérique et dans la sous-région, dialoguant même avec ceux qui versent dans l’adversité farouche contre eux, les membres de l’AEDC ont finis de prouver leur attachement aux valeurs de la paix dans la vérité, l’égalité et la justice. Ceci étant, l’année 2017 constitue sans nul doute, l’année de la maturation et des avancées fulgurantes dans leur quête d’un retour définitif de la paix en Casamance.
En effet, du 17 au 24 janvier 2017, avec la Caravane de la Paix initiée dans le cadre de la commémoration du dixième anniversaire du rappel à Dieu de l’Abbé Augustin Diamacoune SENGHOR[5] (Secrétaire Général du MFDC), soixante-douze (72) étudiants d’horizons divers, pas tous de la Casamance ont sillonné la terre des « invicta felix », de Tambacounda à Ziguinchor avec deux escales à Vélingara et à Kolda[6] où ils ont eu à échanger avec les responsables municipales sur l’importance de la mobilisation de toutes les ressources humaines aptes et pouvant renforcer la dynamique de la résolution définitive du conflit en Casamance.
Ce message atteignit les bonnes oreilles et orienta les différentes forces vers une synergie d’action jusque dans le maquis, qui comme l’aile politique du MFDC, entreprit des pourparlers internes pour une harmonisation et une coordination parfaite des activités, le tout sous l’impulsion des étudiants et dans une démarche inclusive avec d’ailleurs la consultation d’acteurs externes crédibles et attentionnés.
A Mangokouro, siège du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance à Ziguinchor, se déroula une communion parfaite qui dura une semaine d’immersion dans une découverte de rites et valeurs traditionnelles de la Casamance et qui déboucha sur la tenue d’un débat ouvert sur le thème : Retour aux sources et promotion des valeurs traditionnelles de la Casamance. Un autre fait marquant, retenons les échanges multiples entre les étudiants et les membres du MFDC sur la situation du conflit en Casamance et les possibilités de résolution.
La fin de cet événement le 24 janvier, fut sanctionnée par une rencontre conduite par le Kekendo en présence des bureaux politiques de Dianki (S.SADIO), d’Oussouye (C.A. BADIATE), du Groupe de Contact de Ziguinchor, Assaninga (DIAKAYE), Fouladou et Balantacounda, le comité des Sages de la Casamance. L’objet de cette rencontre était de mettre en place un cadre d’action unitaire pour mieux aller à la table des négociations avec l’Etat du Sénégal même si la dernière option prise par le gouvernement de Macky SALL est de négocier directement avec les combattants. L’entente fut scellée et les participants se donnèrent un autre rendez-vous à Ziguinchor pour poursuivre les travaux et cette fois-ci avec une ouverture envers les autres qui, au départ étaient réticents à la démarche.
A la fin de cet événement, une invitation fut lancé à l’endroit de l’Association pour une visite technique à l’Etat-major de César Atoute Badiate dans le cadre de l’examen de la feuille de route des retrouvailles entre frères d’armes ATIKA[7]. Sept (7) membres de l’association participèrent à l’expédition et tinrent une réunion à Ziguinchor au quartier Escale le 26 FEVRIER 2017 avec l’aile politique et la décision première fut exécutée avec la mise en place d’un Cadre de pilotage des activités politiques du MFDC[8]. Ce cadre devant regroupé dans la deuxième quinzaine du mois de Mars cinq (5) représentants par comité pour entamer les travaux est lancé à travers une consultation élargie au niveau des différentes ailes politiques. A l’issue de cette rencontre, le voyage se fit vers Kassolole et les échanges avec l’Etat-Major furent fructueux car découlant sur une feuille de route qui maintient les pourparlers qui avaient déjà enregistrés des avancées significatives. La tache fit confié aux étudiants de veiller sur la continuité des travaux et le maintien de ce cadre qui vient booster les activités du Mouvement corrigeant ainsi cette anomalie tant décriée fruit de la désunion entretenue.
Au courant du mois de mai 2017, précisément le 14, la troisième rencontre du comité de pilotage enregistra quelques défections venant de la part du groupe « Assaninga » et du groupe de « Dianki » sans raisons valables. Cependant l’association des étudiants pour le développement de la Casamance décida de ne pas s’arrêter en si bon chemin. Une démarche visant à rendre visite aux absents auprès de leurs fiefs fut adoptée et le travail devait débuter le 27 mai 2017. Poursuivant la logique d’investigation en vue de mieux appréhender la situation du conflit en Casamance, les étudiants décidèrent de visiter cette fois-ci l’association des refugiés Casamançais en Gambie, le lundi 15 mai 2017. Ils ont trouvé sur place une grande mobilisation nonobstant des difficultés que ces derniers (les réfugiés) endurent en cette période de transition (persécutions, menaces d’expulsion, intimidations et même meurtres).
Il a fallu toute une journée pour visiter des foyers, partager leur repas et comprendre les dures conditions auxquelles faisaient face les réfugiés Casamançais en Gambie. De retour à Dakar, le comité scientifique de l’association des étudiants pour le développement de la Casamance se réunit en session d’urgence pour examiner tout ce chemin parcouru et ainsi fut arrêté la décision d’organiser la treizième édition des journées culturelles avec le thème : les accords politiques dans la résolution du conflit armé en Casamance ; osons construire un véritable processus de paix.
Ce thème est le fruit d’une réflexion murit et qui prend source de l’analyse sans complaisance du processus de paix en Casamance depuis les premières démarche de 1991 jusqu’à nos jours. L’examen de ce processus révèle nombres d’excentricités (la démarche, la tenue des négociations…), de violations (non-respect des décisions…), de non engagement (aucun suivi et aucune évaluation) qui font dire aux étudiants du KEKENDO que, l’heure d’oser a sonné.
Comment construire un véritable processus de paix ?
Voilà la grande interrogation du jour, objet de cette rencontre et dont les réponses découleront nécessairement de l’examen du processus de paix en Casamance que tout un chacun d’entre les exposants se doit de faire.
La Paix rime à quoi ?
On nous aurait présenté un contrat avec écrit dessus le mot « Paix », nous allons tous signer, n’est-ce pas ? Mais est-ce que nous allons signer pour la même chose ?
Est-ce que nous n’allons pas signer pour l’idée que nous nous faisons de la paix ?
Parce que les mots, ils ont un sens primitif, et au fil du temps, ce sens évolue, il se métamorphose et en plus quand nous les utilisons souvent, nous les manipulons. Au lieu d’aller vers eux et de comprendre leur sens véritable, nous les amenons à nous et nous leur donnons un sens qui nous arrange. Alors la paix, qu’est-ce que c’est ?
Nous allons rester à un niveau personnel. Sachant que la paix, si nous arrivons à la faire pour nous même, nous pouvons commencer à la créer ici et maintenant. Donc dans le langage courant, le mot « paix », nous ne savons pas si vous êtes comme nous, mais nous avons souvent l’impression qu’il devient synonyme du mot « confort ».
La paix, ce serait de ne rien faire, de ne rien dire, de tout laisser couler. Pourtant d’autres fois, le mot paix à pour signification l’engagement. La paix ce serait de faire quelque chose. Mais alors de faire quoi ?
C’est là que nous sommes retournés dans le dictionnaire. Nous ne savons pas si quelqu’un parmi vous a été voir la définition du mot « paix » dans le dictionnaire ? Beaucoup n’ont pas eu cette curiosité ?
Dommage parce que nous, nous avons été voir et nous avons été extrêmement surpris du fait que le dictionnaire lui-même, il ne sait pas comment nous définir la « paix ». Les trois quarts de la définition nous indiquent que le mot « paix » : est un état de non guerre, de non conflit. La paix, ce n’est pas la guerre. Mais nous avons persisté, nous avons cherché des indices et nous avons trouvé. Le mot paix est un mot féminin. C’est donc une énergie intérieure, une énergie de réceptivité. Nous avons trouvé ensuite les mots « concorde » et « accord » qui signifient harmonie et bonne entente.
Cependant entente et harmonie avec quoi ? C’est que nous cherchons et nous le trouverons certainement. Nous avons ensuite rencontré les mots « calme » et « tranquillité ».
Alors est-ce que nous sommes calmes et tranquille quand nous restons bien au chaud chez nous ? Quand nous évitons les difficultés ? Quand nous voyons un problème et que nous prenions une autre direction ?
Ou est-ce que nous sommes calmes et tranquilles quand nous disons ce que nous avons dans le cœur et quand nous intervenons quand quelque chose que nous ne trouvons pas juste à lieu ?
Le dictionnaire Larousse nous donne un exemple « achever sa vie dans la paix ». Ce n’est pas encourageant mais quand même au-delà, il y a une information, c’est que la paix ne se trouve pas par hasard. Il faut y mettre du temps, il faut y mettre des efforts, elle se cultive et elle se construit, comme nous nous soutenons ici et maintenant, en permanence.
Le dictionnaire Larousse nous donne également un autre exemple « avoir la conscience en paix ». Alors voilà, en fait c’est comme si le dictionnaire n’osait pas nous le dire ou ne savait pas comment nous le dire, mais nous sommes en paix quand nous vivons en bonne entente avec notre conscience.
Qu’est-ce que la conscience ?
La conscience est une connaissance intuitive que nous avons tous en nous. Au fond de nous, nous savons ce qui est juste et nous savons ce qui est bon et nous sommes en paix quand nous posons des actes et que nous prononçons des paroles en accord avec notre conscience, quand nous écoutons la petite voix de notre conscience.
Mais comment y arriver ?
Des petites voix intérieures dans notre tête, nous en avons plein, et parfois elles nous montrent des directions complètement opposées. C’est là où se trouve l’enjeu.
Comment faire pour écouter la petite voix de ma conscience ?
J’apprends à me connaitre, je m’autorise une descente en moi, je vois les choses qui sont bonnes mais je vois aussi les égarements et les zones d’ombres. Je ne les ignore pas, j’y travaille et parce que je me connais, je connais mes valeurs, je manifeste mes talents et je développe les qualités nécessaires pour défendre mes valeurs : la ténacité, le courage, l’humour, la fraternité…
Je sais dire oui et je sais aussi dire non. La compassion aussi. Au final nous pouvons dire que quand nous réalisons l’équation suivante : connais-toi, toi-même et deviens qui tu es, nous vivrons en bonne entente avec notre conscience, nous parviendrons à créer une paix intérieur qui après va rejaillir vers l’extérieur et ainsi un monde harmonieux se fera.
Le Processus de paix: Définitions du mot « processus »
Senscommun : Du latin « procedere », marcher, avancer. « Enchaînement ordonné de faits ou de phénomènes, répondant à un certain schéma et aboutissant à un résultat déterminé » (« Larousse »).
Senssociologique : « enchaînement de phénomènes successifs supposés constituer une chaîne causale et dynamique. Le repérage d’un processus social est un objectif de la recherche dans les différents domaines de la sociologie qui se heurte toutefois à des obstacles importants du fait de la complexité des interrelations, mais aussi du fait de l’impossibilité d’isoler totalement un processus et de faire disparaître la marge de contingence » (Ansart et Akoun, « Dictionnaire de sociologie ». Le Robert/Seuil, 1999).
Commentaire critique.
Tout « processus », et à plus forte raison tout « processus de paix », comporte, selon le politologue Joseph Maïla[9], deux dimensions complémentaires et concomitantes :
Le « consensualisme » ;
Et le « gradualisme ».
Le consensualisme pourrait se définir comme un accord de volontés sur des valeurs (c’est-à-dire des objectifs) communes, en l’occurrence parvenir à une entente réciproque qui prendrait la forme d’un compromis social et politique. Le compromis consensualiste est, par définition, toujours provisoire.
Nous entendons par gradualisme, le mouvement politique et social qui supporte pratiquement le consensualisme et consiste à s’approcher d’un compromis en procédant par étapes successives.
Nous le voyons, à travers cette conception, le processus de paix suppose préalablement de définir les contours d’un projet de société : aucune régularisation politique, aussi volontaire soit-elle, ne saurait passer outre ce préalable. Or, faute d’en prendre acte, un grand nombre de « processus de paix » qui n’ont de processus que le nom, ne sont en réalité qu’une modeste négociation sur des intérêts bien limités. C’est malheureusement le cas au Sénégal. Car, faute d’avoir suffisamment pris en considération la nécessité de remettre en cause certains fondements culturels, l’ébauche de processus de paix au Sénégal n’a pu dépasser l’étape technique du consensualisme et du gradualisme, et s’est ainsi trouvé amorphe.
En effet, un processus de paix ne se limite pas à un accord politique passé entre gouvernants et élites politiques pour être ensuite imposé aux populations concernées. Bien au contraire, il suppose l’investissement de ces populations qui ont à comprendre et à porter les enjeux politiques, mais surtout sociaux, économiques et culturels d’un tel processus.
Cela nécessite de fait la mobilisation de tous les acteurs sociaux intermédiaires de la société civile, c’est-à-dire de ceux qui participent en premier lieu à la constitution ou à la reconstruction d’une identité nationale et d’une conscience collective pacifistes, bref, ceux qu’on désigne parfois comme les « manipulateurs de symboles et de symboliques sociales ». Ce sont notamment les intellectuels, les chercheurs, les artistes, les scientifiques, etc.
Ces « manipulateurs de symboles » dont le rôle est d’éclairer les populations en leur permettant de comprendre les réalités d’un processus de régularisation politique (ou processus de paix), sont des médiateurs essentiels car ils participent activement à ce que Norbert Elias[10] a pu appeler « processus de civilisation » et qui se trouve être le corollaire indispensable du processus de paix. C’est en effet cette notion de civilisation qui « efface jusqu’à un certain point les différences entre les peuples en mettant l’accent sur ce qui, dans la sensibilité de ceux qui s’en servent, est commun à tous les hommes ou du moins devrait l’être ». En cela, la notion de civilisation se distingue de celle de « culture » qui « reflète la conscience d’une nation obligée de se demander continuellement en quoi consiste son caractère spécifique, de chercher et de consolider sans cesse ses frontières politiques et spirituelles » (N.Elias).
Ce mouvement d’identification ou de reconstruction culturelle doit donc être complété par celui de dynamique civilisationnelle, ce qui ne va pas sans poser de problèmes étant donné le caractère parfois contradictoire de ces deux mouvements. La réussite de tout « processus de paix » en dépend pourtant.
Accord de paix
De nature et d’envergure variée, il n’est qu’une étape du processus de paix.
L’accord de paix intègre un processus long, le processus de paix, dont il ne constitue ni le point de départ ni le point final. En effet, l’accord de paix intervient à un moment donné dans le processus qui termine un conflit ; il peut se produire à plusieurs reprises, quand les différents points de friction entre les parties au conflit sont traités à part et donnent lieu à autant de textes sur lesquels les négociateurs s’engagent.
Le processus de paix
Mettre un terme à un conflit est un long processus qui ne s’achève que lorsque les conditions d’une paix durable sont rassemblées. En fonction de la nature du conflit, ces éléments peuvent concerner :
Des processus de réforme pendant la transition politique qui intègrent largement les citoyens, pour l’adoption d’une nouvelle constitution par exemple ;
Des institutions politiques qui assurent la participation de l’ensemble de la population
La représentation politique de la société dans sa diversité ;
La réparation des injustices passées ;
Des mécanismes pour compenser les inégalités présentes dans la société (géographiques, économiques, sociales etc.) ;
Une gestion équitable des ressources naturelles.
Tout Etat qui s’engage à la Paix doit résolument fournir les instruments politiques de résolution des conflits pour éviter de recourir à la violence. Le processus de paix n’est pas achevé tant que le conflit menace ou ressurgit, c’est pourquoi il peut se prolonger sur plusieurs années voire décennies et qu’il peut être marqués par plusieurs accords de paix.
L’accord de paix
Il n’est donc qu’une étape dans le processus de paix, provisoire ou pas. Il est en lui-même un processus puisque la signature du texte sur lequel se sont mis d’accord les parties au conflit concernées, et le geste symbolique de la poignée de main ou des embrassades, n’est que le résultat du choix des belligérants de changer de moyens pour atteindre leurs objectifs et des discussions sur les termes de l’accord.
Les accords de paix sont de différentes natures en fonction des objectifs fixés. Ils peuvent être partiels ou finaux. Une typologie n’est pas aisée à établir, d’une part parce que les conflits peuvent être de diverses natures et poser des contraintes différentes ; d’autre part parce que toute typologie est critiquable et présente souvent le défaut de donner une image partielle de la réalité.
Voici toutefois la classification établie par les Nations Unies pour différencier les types d’accords de paix :
Accord de cessez-le-feu et d’arrêt des hostilités ;
Accord de pré-négociations ;
Accord préliminaire ou intérimaire ;
Accord-cadre et accord final ;
Accord de mise en œuvre.
Ainsi, un accord de paix peut être « final », il aborde l’ensemble des points du conflit et propose une solution. Il peut encore être partiel quand chaque point est négocié séparément dans un document autonome.
Les accords de paix doivent également comporter des éléments de procédure, qui concernent les calendriers et les institutions de leur mise en œuvre, et d’organisation, qui encadrent la mise en œuvre et la contrôlent. L’ONU les désigne sous le terme de « mécanismes de mise en œuvre » (“implementation mechanisms”). Ils sont déployés immédiatement après l’accord de paix et ont pour objectif sa promotion en assurant :
Un contrôle neutre sur les engagements auxquels se sont engagés les belligérants ;
Un rôle moteur notamment dans l’établissement des priorités ;
Un forum politique qui permet de résoudre les différends par la négociation politique.
Ils peuvent encore comprendre des opérations de maintien de la paix et des comités de surveillance.
Un autre type de mécanismes de mise en œuvre a été conçu pour résoudre les conflits relatifs à la gouvernance, tels que les abus de pouvoir de l’Etat, en lien avec les droits de l’homme, la promotion de la transparence et l’obligation de rendre des comptes (accountability). Ce sont ce que les Nations Unies appellent les « mécanismes de maintien de la paix ».
Les différents intervenants sur le processus de paix en Casamance.
Après définition par le président du KEKENDO, Monsieur Baboucar BADJI des termes de référence des travaux et de conduite des débats, le premier intervenant fut :
Monsieur Atab BODIAN, membre du collectif des Cadres Casamançais dont le président c’est, Monsieur Pierre Atépa GOUDIABY.
Il débuta son intervention en remerciant les étudiants et en les encourageant à persévérer dans ce genre d’initiatives qui s’affairent autour de l’intérêt général. Ayant investi son potentiel depuis le début de ce conflit dans le cadre du collectif, il souligne que leur structure à travailler dans l’élaboration d’un mémorandum en 1983 pour mieux comprendre la motivation des manifestants Casamançais du 26 Décembre 1982. Ainsi après enquêtes, le rapport fut remis en mains propres au président Abdou DIOUF en Avril 1984. Ce document, soutient-il, en plus d’éclairer la situation qui a conduit les Casamançais à cette manifestation, propose des solutions de sortie de crise. Il regrette le fait que tout cet investissement soit jeté aux oubliettes par le gouvernement d’alors. Avouant la position de non engagement du collectif des cadres Casamançais à l’idée d’une Casamance indépendante, il s’engage à affirmer leur rôle de facilitateur et que dans le dialogue une solution de sortie de crise serait possible.
Le deuxième intervenant se présenta au pupitre. Monsieur Youssouf Coly, ex combattant du MFDC, camp de Diakaye et aujourd’hui membre du groupe de contact piloté par Monsieur Louis Tendeng. Soulignons que son groupe travaille en commun avec les autres groupes qui ont acceptés d’œuvrer ensemble dans la mise en place d’un comité de pilotage des activités politiques du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance sous l’égide du Centre pour le dialogue humanitaire (hd).
Son intervention fut axée sur les travaux menés par le gouvernement du Sénégal, ses partenaires et le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance dans ce qui est convenu d’appeler : processus de paix en Casamance de 1991 à 2004.
Exposé : « l’histoire est un témoignage dont les faits reportés reposent sur la vérité et c’est cette vérité qui nous permet aujourd’hui de considérer le conflit Casamançais comme la page la plus sombre de l’évolution politique du Sénégal. Depuis 1982, en effet cette région méridionale du Sénégal qui s’étend de Gouloumbou à Diogué et de Mpack à Sénoba est plongée dans une crise qui persiste jusqu’à nos jours.
Le conflit de Casamance a été une saga de la violence, de la souffrance, entachée de sang et de larmes. Cependant, malgré les hostilités sanglantes entre le MFDC et l’Etat du Sénégal, le dialogue n’a jamais été rompu.
Dès 1992, le gouvernement et le MFDC signent à Cacheu le premier Accord en présence des autorités de la Guinée Bissau, partie garante. Par cet acte, les deux parties s’engagent à faire taire les armes et à privilégier le dialogue.
Les différentes délégations : Délégation du MFDC (Abbé Augustin Diamacoune SENGHOR : Chef de délégation, Sidy BADJI (adjoint), Léopold SAGNA) Délégation de l’Etat du Sénégal (Général Doudou DIOP : chef de délégation, Colonel Mamadou NIANG, Le commissaire Toto SARR et Robert SAGNA). Délégation Guinée Bissau (Samba Lamine MANE : Ministre de la défense, Dione MONTEIRO, Sandji FATY (colonel), Insa Mahatma DIANDY ambassadeur en Allemagne, Madame Satou CAMARA : Gouverneur de Cacheu). Délégation des Cadres Casamançais (Marcel Bassène (député et chef de la délégation), Laye Diop DIATTA (député), Kaoussou Kaba BODIAN (avocat), Térence SENGHOR (avocat)
Ainsi l’acte de cesser le feu en date du 15 au 17 Avril 1992 fut accompagné par une déclaration qui invite à l’arrêt immédiat et inconditionnel de toutes les activités contraires à la dynamique de paix enclenchée. Nonobstant les sanctions prévues contre tout contrevenant, le cesser le feu de Cacheu ne survivra pas à sa signature.
Sur le terrain, les hostilités reprennent de plus belle. Braquages, exactions, déplacements de populations, accidents de mines rythment le quotidien en Casamance obligeant les belligérants à renouer le dialogue. En réalité, les véritables raisons de l’échec de ce premier accord sont à chercher dans l’attitude des forces de sécurité qui continuaient à harceler, maltraiter, persécuter et tuer des supposés membres du MFDC. D’ailleurs cette année-là, un jeune combattant a été tué par des gendarmes au pont Emile BADIANE de Ziguinchor. Un incident qui a rompu le cesser le feu et entraina la reprise des hostilités. Pourtant beaucoup d’espoir avait accompagné cette dynamique de paix au lendemain de la signature de cet acte administratif qui à enlacer la mise en place d’un bureau national du MFDC composé de : Président : Abbé Augustin Diamacoune SENGHOR, Vice-Président : Sidy BADJI, Léopold SAGNA et Jean Marie TENDENG, Secrétaire Général : Souhaibou K DIATTA, Adjoint : Maurice DIATTA, Directeur Politique : Latif Aidara, Adjoint : Louis TENDENG, Trésorier général : Bourama Faye BADJI, Secrétaire aux relations extérieur : Laye DIEDHIOU, Commissaire : Bertrand DIAMACOUNE, Adjoint : Youssouph Diassoua BADJI.
Dix ans plus tard, précisément le 16 mars 2001, le gouvernement et le MFDC signent un accord dit de paix sous l’égide du clergé. Ainsi l’église était représentée par l’évêque de Ziguinchor, Monseigneur Maixent COLY. Cet accord résume l’engagement des deux parties à consolider le premier cesser le feu qui se concrétise par la libre circulation, la protection des personnes et de leurs biens. Il est aussi retenu que personne ne sera plus arrêter arbitrairement, enlever, torturer, tuer ou braquer.
L’accord de Ziguinchor prévoit également la libération des prisonniers politiques, la dépollution par le déminage, le retour des réfugiés et des personnes déplacées, le début d’exécution des programmes d’insertion, de réinsertion, réhabilitation et la mise en œuvre des programmes de construction d’axes routiers.
Les bases d’une stabilité venaient d’être jetées par cet accord qui comme le précédent ne reçoit pas la caution de l’aile combattante du MFDC. Des efforts restaient donc à faire à ce niveau pour faire avancer ce dossier. C’est le même sort qui avait été réservé à l’accord de 1998 signé à Ziguinchor sous l’égide du ministre Gambien des affaires étrangères, Sidath DIOP.
La Casamance n’a jamais été aussi proche de la paix avec la mise en place en place de la mission d’observation (MOCAP). Composée de différents acteurs, cette structure devait se charger de veiller sur l’application de ce nouvel accord. Juste après cette phase, l’alternance politique toqua à la porte du Sénégal. Le nouveau Président de la République, Abdoulaye WADE remet tout en cause et promet de régler le problème en 100 jours.
Tous les efforts de paix sont ainsi anéantis par l’incurie d’un chef d’Etat impulsif qui s’érige en messie. Non seulement son engagement prétentieux ne sera pas respecté, il échoue en 2001 avec un accord qui ne réussit pas à faire taire les armes. Sur le terrain, les accrochages entre l’armé et les combattants du MFDC se multiplient. L’accord de 2001 venait de mourir de sa belle mort et comme Abdoulaye WADE avait horreur de l’échec, il provoqua une autre rencontre trois ans plus tard.
Le 30 Décembre 2004, l’Etat du Sénégal et le MFDC se retrouvent devant la gouvernance de Ziguinchor et signe un accord qui devait de mettre fin définitivement au conflit en Casamance. En réalité, ce que le Président WADE considère comme son accord n’était rien d’autre qu’une mise en scène folklorique. Diamacoune refusa à cette occasion de lire le discours préparé par l’Etat du Sénégal, incarné par le ministre de l’intérieur : Me Ousmane NGOM. Il improvisa alors un discours qui revient de fort belle manière sur la revendication indépendantiste du MFDC. Les deux parties se retrouvèrent quelques mois après à Foundioungne pour booster d’avantage le processus en vain.
En 12 ans de règne, le pape du Sopi n’a jamais réussi un accord convaincant dans la résolution de la crise en Casamance. Cependant son engagement a permis d’attirer les bailleurs de fonds pour financer des projets et programmes voire même la mise en place de structure d’accompagnement tels que l’Agence Nationale pour la relance des activités en Casamance (ANRAC).
Aujourd’hui, à défaut d’un véritable accord de paix, les populations de Casamance se contentent d’une accalmie, à savoir une situation de ni paix, ni guerre. Notons aussi que c’est dans l’espoir de voir un véritable processus de paix, suivi d’accords sincères et francs entre les protagonistes qu’elles vivent chaque jour.
Arriva le tour de Monsieur Xavier DIATTA, ancien aviateur et auteur du livre « filhu di terra » « le fils de la terre ». Il félicita d’abord le courage et la détermination de la jeunesse de Casamance engagée au sein du KEKENDO et exhorte l’association à aller au-delà des limites fixées par certains qui refusent de lever le tabou sur les causes du conflit qui continu avec son lot de malheur. « L’avenir vous appartient, soutiendra-t-il avant de revenir sur certains passages sombres de l’histoire de la Casamance (les exactions commises par les forces armées gouvernementale mais aussi par les forces armées du MFDC). Il conclut : « plus jamais ça. »
El Hadj SOW, Président de l’association des Ressortissants Casamançais établis en Amérique (ARESCA). Ce grand acteur de la diaspora Casamançaise œuvrant pour des retrouvailles entre les Casamançais et pour une solution pacifique fruit d’un dialogue sincère entre les deux belligérants (Etat du Sénégal-MFDC) est arrivé à la tribune pour d’abord saluer le courage de l’association des étudiants pour le développement de la Casamance (AEDC) avant de demander à tous les acteurs déjà engagés dans le processus de paix de s’impliquer d’avantage. Il affirme que, le jour où il constatera de son propre chef la libre circulation des personnes et des biens en Casamance, le jour où le Diola du Bayott pourra bénéficier de tous ses prérogatives pour communier avec sa forêt et mener librement ses activités et cérémonies d’initiation, il saura que la paix
s’est finalement installée.
Au cours de la conférence qui était retransmit en direct via Radio Tendouck Fm, Nkrumah SANE, qui était Secrétaire Adjoint de l’Abbé Augustin Diamacoune SENGHOR fit son entrée. Son propos débuta par des salutations à l’endroit de tous ceux qui ont effectué un déplacement pour venir assister à cet événement qui pour lui est d’une importance capitale. Il poursuivi en demandant à l’assistance d’observer une minute de silence en la mémoire de toutes les victimes du conflit en Casamance de 1982 à nos jours. Il exprima une profonde désolation sur la situation actuelle en Casamance. Un exposé sur le projet du mouvement des forces démocratiques de la Casamance fut étalé avec une affirmation de la volonté des Casamançais de recouvrer leur indépendance. Son propos soutien que le Sénégal a imposé la guerre aux Casamançais et que le gouvernement ne s’est jamais engagé à résoudre ce conflit et qu’il va falloir le comprendre ainsi et prendre son courage en main pour sauver le peuple.
Recommandations.
Après avoir constaté qu’il ne peut y avoir de paix en Casamance que par le dialogue politique sincère et qu’il faut encourager l’engagement sans équivoque de tous les acteurs concernés au principe des négociations et élaborer dans les plus brefs délais, de manière concertée, un programme de reconstruction et de réhabilitation d’un véritable processus de paix en Casamance, les participants font les recommandations suivantes :
A l’Etat du Sénégal:
Instaurer un climat de confiance avec le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) et les autres forces vives présentes en Casamance ;
Lever les mandats d’arrêt contre les membres du MFDC et libérer les prisonniers politiques ;
Mettre fin à l’Etat de siège en Casamance ;
Engager un véritable processus de paix et des négociations approfondies avec toutes les composantes du MFDC, sans aucune discrimination, en y incluant l’ensemble des questions qui sont à l’origine de la crise en Casamance ;
Renforcer l’implication de la population et de la société civile, acteurs indispensables et complémentaires à la paix, dans la gestion et la résolution de la crise casamançaise ;
Créer une structure permanente de concertation au niveau subrégional, entre toutes les institutions pertinentes des pays limitrophes ;
Sensibiliser les forces armées au respect du droit international humanitaire afin que les civils ne soient plus victimes de violations, notamment les femmes, les enfants et les personnes âgées ;
Encourager la poursuite et le jugement des auteurs de violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’Homme ;
Reconnaître un statut juridique aux réfugiés et aux personnes déplacées ;
Prendre en charge les victimes de mines anti personnelles et leur assurer une juste réparation ;
Encourager le développement durable et veiller à une distribution juste et équitable des terres, tout en rétablissant toutes les populations spoliées dans leurs droits ;
Restituer les origines du conflit en Casamance et enseigner l’histoire véritable de la Casamance.
Au Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance.
Instaurer la confiance avec le gouvernement du Sénégal;
Renforcer la dynamique de retrouvaille, de réconciliation et de coordination des activités politique entamée par le comité de pilotage et le comité nationale de réconciliation.
Se donner tous les moyens pour que les Assises intra-MFDC, soient effectivement tenues et aboutissent à des résultats positifs concernant le règlement du conflit en Casamance.
Respecter le droit international humanitaire afin que les civils ne soient plus victimes de violations, notamment les femmes, les enfants et les personnes âgées ;
Engager un véritable processus de paix et des négociations approfondies avec l’Etat du Sénégal, sans aucune violence, en y incluant l’ensemble des questions qui sont à l’origine de la crise en Casamance ;
Restituer les origines du conflit en Casamance et enseigner l’histoire véritable de la Casamance.
A la population
Consolider leur mobilisation et leur vigilance pour l’avènement de la paix définitive en Casamance et participer activement à la vie de la nation.
A la société civile
Créer un cadre de concertation des organisations de la société civile pour la consolidation de la paix et la prévention des conflits ;
Encourager le dialogue permanent avec l’Etat, le MFDC et les populations ;
Promouvoir la citoyenneté et la convivialité républicaine ;
Former et sensibiliser les acteurs du conflit et la population civile aux règles applicables dans les conflits armés et aux instruments relatifs aux droits de l’Homme, notamment les Conventions internationales et régionales y afférentes, particulièrement celles relatives aux droits de la femme et de l’enfant ;
Sensibiliser les acteurs du conflit sur le rôle central de la femme dans la cellule familiale tout en veillant à ce qu’elles ne soient plus utilisées comme armes de guerre.
Bibliographie:
Aron, Raymond.« Paix et guerre entre les nations », Calmann-Lévy, 1962. (Le classique ! Incontournable sur cette question : approche sociologique autant qu’historique et philosophique de la dialectique guerre-paix, à travers l’analyse des relations internationales).
Bosc, Robert.« Sociologie de la paix », Bibliothèque de la Recherche Sociale, SPES, 1965. (Etude dynamique qui passe en revue les différentes théories internationales, tant sociologiques – replacées dans les courants sociologiques auxquels elles se rattachent – que politologiques et leur approche de la paix. Dessine les grands axes d’une praxéologie – science de la compréhension des enjeux de la paix. Les convictions et l’engagement religieux de l’auteur l’incitent parfois à verser dans un certain « moralisme », mais les analyses que l’auteur livre sont d’une grande qualité).
David, Charles-Philippe.« La Guerre et la paix. Approches contemporaines de la sécurité et de la stratégie », Presses de Science Po, 2000. (approche politique prépondérante, mêlée parfois de questionnements sociologiques. Excellent manuel, très accessible, très analytique et complet, avec une bibliographie exhaustive).
Elias, Norbert.« La civilisation des mœurs » et « La Société de cour », Pocket, Agora, 1973. (Deux livres à lire absolument, qui retracent analytiquement ce que l’auteur a appelé « le processus de civilisation ». A travers ce tracé historique et sociologique passionnant, N. Elias pose les fondements de toute étude sur la paix et la civilisation, loin de tout déterminisme ou évolutionnisme. L’homme construit son devenir social).
[1] AEDC, Association des étudiants pour le développement de la Casamance, née en 2002 à l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar.
[2] KEKENDO, mot en langue mandingue désignant un homme mature et préparé à faire face aux défis de la vie.
[3] Ziguinchor, ville de la Casamance devenue capitale administrative de ce territoire en 1904.
[4] Le maquis désigne aussi bien un groupe de résistants que le lieu où ils opérèrent durant la Seconde Guerre mondiale. Les résistants sont surnommés « maquisards », cachés dans des régions peu peuplées, forêts ou montagnes. Dans cette situation, le mot est utilisé pour désigner les résistants Casamançais de 1982 et leur lieu d’opération.
[5] L’abbé Augustin Diamacoune Senghor est un dirigeant du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance, né le 4 avril 1928 à Senghalène, à 40 km à l’ouest de Ziguinchor (Sénégal) et mort à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris (France) le 13 janvier 2007. Il fut le Secrétaire général du MFDC de 1991 à 2007.
[6] Kolda, Le 7 février 1984 fut décidée la subdivision du Sénégal en 10 régions en remplacement des régions naturelles. Ainsi, de l’ancienne région naturelle de Casamance sont nées les régions de Ziguinchor et de Kolda.
Un nouveau décret, datant du 10 septembre 2008 porte le nombre de régions à 14 et voit l’ancien département de Sédhiou soustrait de la région de Kolda.
[7] ATIKA, Branche armée du MFDC, mise en place en 1983 à la suite du procès des détenus de la marche pacifique de 1982 à Ziguinchor.
[8] MFDC, Mouvement des Force Démocratiques de la Casamance, né le 04 Mars 1947 à Sédhiou.
[9] Politologue, M. Joseph Maila né en 1948, est un professeur de sociologie politique et de relations internationales, d’origine libanaise, spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de la sociologie des conflits est consultant pour divers organismes internationaux sur les problèmes de médiation, de sortie de crise et de consolidation de la paix.
[10] Norbert Elias est un écrivain et sociologue allemand, né le 22 juin 1897 à Breslau et mort le 1er août 1990 à Amsterdam. Il est l’auteur d’un ouvrage majeur de sociologie historique, Sur le processus de civilisation, paru, en France, en deux volumes, La Civilisation des mœurs et La Dynamique de l’Occident.
La Communauté de Sant’Egidio, engagée depuis des années dans un travail de médiation pour la paix entre le gouvernement du Sénégal et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance, exprime sa profonde préoccupation quant au conflit armé qui se déroule actuellement dans le nord de la Casamance.
Après les affrontements qui ont eu lieu le 24 janvier entre des soldats sénégalais appartenant à la Mission régionale ouest-africaine ECOMIG et des éléments du MFDC de Salif Sadio, Sant’Egidio est intervenu pour faire cesser les incidents et limiter leurs conséquences, réussissant à obtenir la restitution des corps des soldats sénégalais tombés et la libération des sept soldats sénégalais faits prisonniers par le MFDC.
Sant’Egidio demande la fin des opérations militaires actuelles de l’armée sénégalaise afin de sauvegarder la stabilité de la zone concernée et de maintenir ouverte la voie du dialogue.
La Communauté réitère également sa pleine disponibilité à poursuivre le processus de négociation, convaincue que seule une négociation raisonnable permettra une paix définitive en Casamance.
intervention des pompiers dans un village de kédougou (Iwol).
Kédougou fait partie des régions les plus riches du Sénégal avec d’énormes potentialités pouvant impacter considérablement le développement économique et surtout l’érection de centre de recherche dans le domaine des industries à la pointe des technologies de recherche et d’extraction des ressources minières.
Paradoxalement, sa population est maintenue dans une extrême pauvreté et la vie y est relativement chère comparativement aux autres régions du Sénégal. En effet, le loyer peut y atteindre des pics de 300 mille CFA pour un standing moyen qui aurait couté la moitié à Dakar avec une qualité de service nettement moindre. On constate que l’implantation de sociétés minières et la « ruée vers l’or » ont grandement contribué à une spéculation croissante autour de l’immobilier du fait des enjeux financiers importants autour des nombreuses ressources extractives de la région.
En effet, l’accès au logement et à la propriété foncière connait une complexité croissante du fait de l’explosion démographique accélérée par l’arrivée massive de migrants attirés par les potentialités de la zone. La région se caractérise ainsi par d’importants flux migratoires en provenance des régions de l’intérieur et aussi des pays limitrophes.
De même, les denrées de première nécessité, à l’exception des produits homologués comme le riz et l’huile, sont à des prix parfois prohibitifs. C’est le cas de la viande de volaille qui dépasse par endroits les six mille (6000) CFA la pièce, c’est le cas aussi de la tomate fraiche, du poisson et de beaucoup d’autres condiments qui pour l’essentiel proviennent d’autres contrées et sont donc surtaxés du fait de frais de transport élevés.
La plupart des denrées les plus prisées par les ménages proviennent des autres régions d’où leur cherté. Il faut noter, pour expliquer cette situation, que la tendance de la production céréalière locale est à la baisse. Cette situation se traduit par un déficit vivrier récurent.
Le taux de couverture moyen des besoins céréaliers durant l’année 2020/2021 est de 31%, soit 4 mois d’autonomie pour la population. Le département de Saraya est le plus touché avec seulement 2 mois d’autonomie. Il n’existe pas encore de données factuelles sur le cout de la vie de façon précise mais l’accès à l’immobilier et l’inflation observée sur les prix de denrées de consommation courante sont des indicateurs pertinents de ce paradoxe social qui connait des pics sur les sites d’orpaillage.
En même temps, la rareté des routes bitumées, la défectuosité des pistes, l’insuffisance des équipements et de personnels sanitaires, la multiplicité des maladies, la quasi inexistence des structures de formation professionnelle et une forte déperdition scolaire sont les caractéristiques qui font de Kédougou une des régions où l’indice de pauvreté est des plus élevés.
Cependant lors des dernières élections municipales de janvier 2022, le Président de la République du Sénégal : Macky Sall à tout fait complicité avec l’administration territoriale pour écarter Moustapha Mamba Guirassy de la coalition Yewwi Askan Wiafin de maintenir sa mainmise totale sur la gestion des ressources minières et autres potentialités de la localité. Violant ainsi les principes fondamentaux de la démocratie pour les seuls intérêts de la croissance de son patrimoine au moment où les populations aspirent à un changement véritable dans la gestion de leurs affaires. L’égalité civique qui voudrait queles citoyens soient tous soumis aux mêmes lois et ne se distinguent les uns des autres que par leur mérite a été bafouée.
intervention policière lors d’une manifestation pour réclamer la candidature de Moustapha Mamba Guirassy
Pour un homme de la trempe de Moustapha Mamba Guirassy, rien ne devait donc lui empêcher de prendre part à la vie de la cité. Les populations de Kédougou n’ont pas demandé à Macky Sall d’assurer les mêmes ressources à tous les citoyens mais de garantir l’égalité de tous devant la loi grâce à l’impartialité de la justice. C’est ce qu’on appelle l’État de droit, ignoré par Monsieur Macky Sall, Président de la République du Sénégal.
La démocratie implique aussi la liberté. C’est la liberté reconnue et assurée de tous les citoyens, même les plus modestes, qui garantit l’existence d’un espace démocratique dans la cité. Assurer les libertés fondamentales de l’individu est donc l’une des conditions de l’existence de la démocratie. C’est le but de la séparation des trois pouvoirs : le pouvoir de faire les lois (législatif), le pouvoir de les appliquer (exécutif) et le pouvoir de les faire respecter (judiciaire).
Si deux de ces pouvoirs se confondent, comme ce fut le cas lors des dernières élections locales, la République se transforme en Monarchie, la liberté des citoyens, et la démocratie, agonisent.
Ce président dictateur (Macky Sall) nous prouve encore qu’il est prêt à braver tous les interdits pour que sa patrimonialisation des affaires de l’Etat ne puisse jamais être contrecarrer par ses opposants politiques.
Dans cette région de Kédougou, l’indice de pauvreté est de 71% ; seuls 61% de la population ont accès aux services sociaux de base (eau potable, électricité, pas de dispensaires). Sur les 16 communautés rurales que compte la région, les 7 sont dans une situation de pauvreté totale selon (ANSD) d’autant qu’elles n’ont accès ni à l’eau, ni à l’électricité, ni à l’énergie encore moins à l’éducation et à la santé. De ce point de vue, la région de Kédougou reste alors l’avant dernière devant celle de Kolda dont l’indice de pauvreté est égal à 76,6%.
Le taux de malnutrition chronique des enfants de moins de 5 ans est à 16%. Près d’un enfant sur six (18%), contre 17%, en 2005, souffrent d’insuffisance pondérale et 5% des cas sont sévères contre 3 %, en 2005. En milieu rural, 21 % des enfants sont atteints de cette forme de malnutrition contre 12 %, en milieu urbain. La prévalence de l’insuffisance pondérale est élevée à Kédougou (21 %), où plus d’un enfant sur cinq sont atteints par ce phénomène. Depuis 2012, les régions de Kolda (76,6%), Kédougou (71,3%), Sédhiou (68,3%), Fatick (67,8%) et Ziguinchor (66,8%) ont présenté les niveaux de pauvreté les plus élevés.
une maman désoeuvrée de kédougou avec son enfant
Durant l’année 2011, les exportations en or industriel ont atteint 116 milliards 802 millions de FCFA pour une quantité de 8 tonnes. En effet, les cours de l’or ont progressé de 29% en se hissant à 1422,35 dollars l’once. Les réserves aurifères de Kédougou sont estimées à plus de 300 tonnes pour le moment. L’or occupait la 4ème position dans la valeur totale des exportations du Sénégal en 2011, soit 10,3%. En 2017, les expéditions d’or non monétaire continuent leur progression à la hausse entamée depuis l’année 2016.
En effet l’or qui gardait sa valeur refuge en période d’incertitude économique (crise surprimes, crise de la dette, faillite bancaire des Lehmann Brother) a été délaissé après une reprise plus ou moins à la normale de l’économie mondiale. On note ainsi depuis 2013 une baisse de la demande mondiale de l’or entrainée par un repli des cours mondiaux. Toutefois, il apparait depuis 2015 une reprise à la hausse du prix de l’or (7,6%5 en 2016 et 0,7% en 2017) entrainant ainsi une hausse des expéditions d’or non monétaire qui passe de 193,3 milliards de FCFA en 2016 à 220,1 milliards de FCFA en 2017, soit un relèvement de 13,9%. L’or reste ainsi à la première place dans les exportations du Sénégal avec 19% du total. Ces expéditions sans retombés directes sur la population locale sont essentiellement tournées vers la Suisse (76,9%) et les Emirats Arabes Unis (22,1%).https://www.ansd.sn/index.php?option=com_ansd&view=titrepublication&id=15.
activité extractive miniere à kédougou
Près de vingt (20) projets de recherche d’or destinés à l’exploitation industrielle sont exécutés dans la région. Les « dioura », sites d’orpaillages qui servaient à soutenir l’économie locale sont ainsi étouffés, entrainant la population dans une paupérisation insoutenable avecun taux de chômage de 26,3 % (contre 15 % au niveau national). Pourtant l’Etat du Sénégal bénéficie d’au moins 10% dans l’exploitation industrielle de l’or, grâce au Code minier et au Fonds social minier porté à 5%.
Et si nous jetions un coup d’œil dans le Code minier du Sénégal.
Chapitre VI. – Affectation des recettes minières
Article 112. – Répartition des recettes minières : Le produit des recettes minières est réparti entre le budget général de l’Etat, le Fonds d’appui et de péréquation pour les collectivités locales et le Fonds d’appui au secteur minier.
Article 113. – Fonds d’appui et de péréquation : Vingt pour cent (20%) des recettes provenant des opérations minières sont versés dans un Fonds d’appui et de péréquation destiné aux collectivités locales.
Chapitre VII.- Appui au développement local
Article 115.- Fonds d’appui au développement local : Les titulaires de titres miniers, de contrat de partage de production ou de contrat de services, participent sur la base d’engagements financiers annuels à l’alimentation d’un Fonds d’appui au développement local destiné à contribuer au développement économique et social des collectivités locales situées dans les zones d’intervention des sociétés minières. Les actions à réaliser doivent être définies dans un plan de développement local en cohérence avec tout plan national de développement local existant et en concertation avec les populations et les autorités administratives et locales. Ce plan de développement local doit intégrer les projets d’autonomisation de la Femme. Pour les titulaires de titres miniers, de contrat de partage de production ou de contrat de services en phase d’exploitation, le montant annuel de ces engagements financiers est de zéro virgule cinq pour cent (0,5%) du chiffre d’affaires hors taxe annuel.
Chapitre II.- Constatation des manquements aux obligations administratives
Article 121. – Constatation des manquements : Les manquements aux obligations administratives prévues par le présent Code sont constatés par les agents de l’administration des mines dûment habilités et assermentés à cette fin. Les procès- verbaux dressés à cet effet en vertu du présent article font foi jusqu’à inscription de faux pour les constatations matérielles faites. Ces procès- verbaux font foi jusqu’à preuve contraire des déclarations qu’ils rapportent. Ces agents prêtent serment devant le tribunal de grande instance de leur lieu d’affectation dans les termes suivants : « Je jure et promets de bien et loyalement remplir mes fonctions et d’observer en tout, les devoirs qu’elles m’imposent. Je jure également de ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance à l’occasion de l’exercice de mes fonctions. ».
Dès lors que ces agents sont frappés de cette mesure infâme, avec un Président de la République dictateur comme Macky Sall, qui affirme publiquement mettre son coude sur certains dossiers, quant-est que les manquements aux obligations administratives prévus par le Code minier arriveront sur la table du maitre des poursuites ?
visite de Macky Sall à Sabadola (2014).
D’ailleurs, si telle est cas comme l’affirme Macky Sall, le développement du Sénégal serait suspendu non pas sur le respect des droits et obligations des citoyens, entreprises, groupes d’intérêts…mais sur la simple considération d’une seule personne (Macky Sall) vis à vis de telle ou telles.
D’autres réserves de minerais sont trouvées dans la zone et sont estimées comme suit : 800 millions de tonnes de minerais de fer de bonne qualité, 700.000 tonnes prouvées de marbre et 1.067.148 tonnes estimées à Ibel, Ndébu et Bandafassi. Evidemment ce boom du secteur minier dans la région de Kédougou a aiguisé l’appétit du Président dictateur (Macky Sall) qui au lieu d’œuvrer pour la mise en place de mesures d’accompagnement de contrôle et de suivi pour le développement harmonieux dudit secteur et de la région a préféré magouiller pour garder l’exclusivité pour lui et ses acolytes. D’autres recherches se poursuivent sur le phosphate, le cuivre etc. S’agissant de l’Uranium, le granité de Saraya offre aussi un intérêt métallo génique certain pour la poursuite des recherches.
CARTE DES RESSOURCES MINIERES DE LA REGION DE KEDOUGOU
Plusieurs manifestations ont été organisés par les associations de jeunes et jusque-là, aucune avancée n’est enregistrée concernant l’amélioration des conditions de vie des populations de Kédougou. la pauvreté s’accentue et la mal gouvernance persiste au moment ou nos dirigeants nous vantent l’émergence du Sénégal. Dernières nouvelles du marché mondial de l’or en date du 8 mars 2022 (l’once couterait actuellement 2000 dollar US), ce qui fait une hausse de 5%.
A ce slogan apocalyptique des américains dans l’Otan, le Président de la Fédération de Russie (Vladimir Vladimirovitch Poutine) répond par un cours magistral.
Chers citoyens Russes, chers amis,
Aujourd’hui, il me semble nécessaire de revenir sur les événements tragiques qui se déroulent dans le Donbass et sur les questions clés liées à la sécurité de la Russie.
Je vais commencer par ce que j’ai dit dans mon discours du 21 février de cette année. Je me réfère à ce qui nous préoccupe particulièrement, à savoir les menaces fondamentales que font peser sur notre pays de manière démesurée et arrogante, pas à pas, année après année, les hommes politiques occidentaux irresponsables.
Il s’agit de l’expansion de l’Otan vers l’Est, du fait que ses infrastructures militaires s’approchent des frontières de la Russie. On sait très bien depuis trente ans, nous nous efforçons avec persistance et patience de parvenir à un accord avec les principaux pays de l’Otan sur les principes de sécurité égales et indivisibles en Europe.
En réponse à nos propositions, ça n’a toujours été que : soit des tromperies et des mensonges cyniques ou des tentatives de pression et de chantage alors que l’alliance atlantique malgré toutes nos protestations et préoccupations, ne cesse de s’élargir.
Pourquoi cette attitude arrogante consistant à parler dans l’optique de sa propre exclusivité, infaillibilité et permissivité ?
D’où vient cette attitude indifférente et dédaigneuse à l’égard de nos intérêts et de nos demandes absolument légitimes ?
La réponse est claire, tout est clair et évident. L’Union Soviétique s’est affaiblit à la fin des années 1980 puis elle s’est effondré. Tout ce qui s’est passé à l’époque, est une bonne leçon pour nous aujourd’hui. Cela a mis en exergue que la paralysie du pouvoir et de la volonté est le premier pas vers la dégradation complète et l’oubli. Dès que nous avons perdu notre confiance en nous même, un certain temps, l’équilibre des pouvoirs dans le monde a été rompu. Cela a conduit à une situation ou les traités et accords existants ne sont plus réellement en vigueur. La persuasion et les demandes n’ont aucun effet, tout ce qui ne convient pas au détenteur de l’hégémonie, aux grands de ce monde est qualifié d’archaïque, obsolète et inutile. Et inversement, tout ce qui leur semble avantageux est présenté comme la vérité ultime est imposée à tout prix de manière insolente par tous les moyens.
Ceux qui ne sont pas d’accords, finissent à genoux.
Ce dont je parle maintenant, ne concerne pas seulement la Russie et nous ne sommes pas les seules à être préoccupés par cela. Il s’agit de l’ensemble du système des relations internationales et parfois même les alliées des Etat Unis eux même.
Après l’effondrement de l’URSS, le monde a été de fait remodelé et les normes établies du droit internationale dont les principes fondamentaux ont été adoptés à la seconde guerre mondiale et ont largement été consolidés. Ses résultats ont commencé à gêner ceux qui se sont déclarés vainqueurs de la guerre froide.
Bien sûr dans la vie pratique, dans les relations internationales, dans les règles pour les organiser, il était nécessaire de prendre en compte les changements de la situation dans le monde et de l’équilibre même des forces. Mais cela aurait dû être fait de manière professionnelle, progressivement avec patience en prenant en compte et en respectant les intérêts de tous les pays et en pleine conscience de leurs responsabilités. Or non, en raison de leur euphorie, dû à leur supériorité absolue, d’une sorte de forme moderne d’absolutisme et dans le contexte d’un faible niveau de culture générale et de fatuité de ceux qui ont préparé, pris et promu des décisions qui étaient rentables uniquement pour eux mêmes, la situation a pris une tournure différente.
Voici des exemples tout trouvés : tout d’abord sans aucune autorisation du Conseil de sécurité des Nations Unies, ils ont menés une opération militaire sanglante contre Belgrade, ils ont utilisés des avions, des missiles en plein cœur de l’Europe. Plusieurs semaines de bombardements continus sur des villes pacifiques, sur des infrastructures vitales. Violant le droit international, l’Otan a bombardé la Yougoslavie du 24 mars au 10 juin 1999, et la frappe du 20mai contre le centre hospitalier Dragisa Misovic à Belgrade a sans doute été un épisode des plus cruels de cette campagne de l’Alliance. Il est nécessaire de rappeler ses faits car certains collègues occidentaux n’aiment pas se souvenir de ces événements. Et quand nous en parlons, ils préfèrent faire référence non pas aux normes du droit internationale, mais aux circonstances qu’ils interprètent comme ils l’estiment nécessaires.
Puis est venu le tour de l’Iraq, de la Lybie et de la Syrie, l’utilisation illégitime de la force militaire contre la Lybie, la dénaturation de toutes les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU sur la question Libyenne ont conduit à la destruction complète de l’Etat. Au fait qu’un énorme foyer de terrorisme international est apparu, au fait que le pays s’est trouvé plongé dans une catastrophe humanitaire, dans l’abime de la guerre civile qui a duré plusieurs années et se poursuit encore. La tragédie à laquelle des centaines de milliers, des millions de personnes ont été condamnés non seulement en Lybie mais dans toute cette région a provoqué un exode migratoire massif de l’Afrique Nord et du Moyen Orient vers l’Europe.
Un sort similaire a été réservé à la Syrie, les opérations militaires de la coalition occidentale sur le territoire de ce pays sans le consentement du gouvernement Syrien et sans la sanction du Conseil de sécurité de l’ONU, ne sont rien d’autre qu’une agression, une intervention forcée.
Cependant l’invasion de l’Iraq qui n’avait aucun fondement juridique non plus, occupe une place particulière. Comme prétexte, ils ont choisis les prétendues informations fiables dont aurait disposé les Etats Unis sur la présence d’armes de destruction massive en Iraq, pour preuve, le Secrétaire d’Etat Américain a agité publiquement devant le monde entier un tube rempli de poudre blanche assurant tout le monde qu’il s’agissait d’une arme chimique en cours de développement en Iraq.
Et puis il s’est avéré que tout cela était une manipulation, du bluff. Il n’y avait pas d’armes chimiques en Iraq, s’est incroyable, surprenant mais le fait est là, il y a eu des mensonges au plus haut niveau étatique et du haut de la tribune de l’ONU (https://iusadbellum.files.wordpress.com/2011/07/irak-2003.pdf). Et en conséquence de cela, il y a eu des sacrifices énormes, des destructions, une progression incroyable de terroristes.
En fait on a l’impression que partout, dans de nombreuses régions dans le monde, là où l’occident vient mettre en place son ordre, cela se termine en blessures sanglantes qui ne cicatrisent pas, en plaies que sont : le terrorisme international et l’extrémisme. Tout ce que j’ai évoqué en est l’exemple le plus flagrant mais ce n’est en aucun cas le seul exemple du même crime du droit international. S’ajoute aussi les promesses faites à notre pays de ne pas étendre l’Otan d’un pouce vers l’Est. Je le répète, ils ont menti où en terme populaire, ils nous ont tout simplement arnaqués. https://www.nato.int/nato_static_fl2014/assets/pdf/2022/2/pdf/220216-factsheet-NATO-Ukraine_Relations_.pdf
Oui, on entend souvent dire que la politique est quelque chose de sale, peut-être mais quand même pas à ce niveau-là. Après tout, un tel comportement de tricheur contredit non seulement les principes des relations internationales mais surtout les normes de moralité et d’éthique généralement reconnues.
Où sont la justice et la vérité ici ?
Ce ne sont que des mensonges et de l’hypocrisie. Par ailleurs des hommes politiques, des politologues et des journalistes Américains eux même écrivent et parlent du fait qu’un véritable empire du mensonge a été créé aux Etats Unis ces dernières années (https://www.cairn.info/en-premiere-ligne–9782804704100-page-107.htm.
Difficile de ne pas être d’accord avec ça, c’est ainsi. Mais il ne faut pas jouer les modestes, les Etats Unis restent un grand pays, une puissance avec un rôle moteur, tous leurs satellites non seulement leur donne raison avec résignation et humilité, ils se joignent à leur rhétorique pour n’importe quelle raison mais ils copient également leurs comportements, ils acceptent avec enthousiasme les règles proposées. Par conséquent nous avons toutes les raisons d’affirmer avec certitude que l’ensemble de ce qu’on appelle le Bloc occidental formé par les Etats Unis à leur image est dans cet ensemble cet empire du mensonge.
Quant à notre pays, après l’effondrement de l’URSS, malgré toute l’ouverture sans précédent de la Russie moderne, la volonté de coopérer honnêtement avec les Etats Unis et d’autres partenaires occidentaux et dans les conditions d’un désarmement quasi unilatéral, ils ont immédiatement essayé d’aller jusqu’au bout, de nous achever, de nous détruire complétement. C’est exactement ce qui s’est passé dans les années 1990 au début des années 2000 lorsque l’occident dit collectif a soutenu très activement le séparatisme et les gangs de mercenaires dans le Sud de la Russie, quels sacrifices, quelles pertes tout cela nous a-t’ il alors causé.
Quelles épreuves avons-nous dû traversées avant de briser définitivement le terrorisme international dans le Caucase. Nous nous en souvenons et nous ne l’oublierons jamais.
En fait jusqu’à récemment, ils n’ont cessés de chercher à nous utiliser dans leurs propres intérêts, de détruire nos valeurs traditionnelles, de nous imposer leurs pseudos valeurs. Ce qui nous consumerait nous, notre peuple de l’intérieur. Ces attitudes qu’ils imposent déjà agressivement dans leur pays et qui conduisent directement à la dégradation et à la dégénérescence car elles contredisent la nature humaine, cela n’arrivera pas et personne n’y est jamais arrivé.
Cela ne fonctionnera pas non plus maintenant. Malgré tout, en décembre 2021, nous avons une nouvelle fois tenté de nous mettre d’accord avec les Etats Unis et leurs alliés sur les principes pour assurer la sécurité en Europe et le non élargissement de l’Otan. Tout cela en vain, la position Américaine ne change pas, ils ne considèrent pas comme nécessaire de négocier avec la Russie sur cette question clé pour nous, ils poursuivent leurs propres objectifs et négligent nos intérêts. Et bien sûr dans cette situation, nous nous demandons que faire ensuite, à quoi s’attendre ?
L’histoire nous apprend qu’en 1940 et au début de 1941 l’Union Soviétique a tenté d’empêcher ou du moins de retarder la guerre par tous les moyens. Pour ce faire, elle a essayé littéralement jusqu’à la dernière minute de ne pas provoquer un agresseur potentiel, n’a pas prit ou reporté les mesures les plus nécessaires et les plus évidentes visant à se préparer et repousser une attaque inévitable.
Et les mesures qui ont été finalement prises ont été dramatiquement tardives, en conséquence, le pays n’était pas prêt à faire face à pleine capacité à l’invasion de l’Allemagne Nazie qui attaquait notre partie sans déclaration de guerre le 22 juin 1941. L’ennemi a été arrêté, puis écrasé mais à un coup colossal. La tentative d’amadouer l’agresseur à la veille de la grande guerre patriotique s’est avérée être une erreur qui a coutée cher à notre peuple. Au cours des premiers mois de la guerre, nous avons perdus de vaste territoires stratégiquement importants et des millions de personnes. Nous ne ferons pas une telle erreur une deuxième fois. Nous n’en n’avons pas le droit.
Ceux qui revendiquent la domination mondiale publiquement en toute impunité et je le souligne sans aucune justification nous déclarent nous, la Russie, leur ennemi. En effet, ils disposent aujourd’hui de grandes capacités financières, scientifiques, technologiques et militaires. Nous en sommes conscients et nous évaluons objectivement les menaces qui nous sont adressées constamment dans le domaine de l’économie ainsi que notre capacité à résister à ce chantage impudent et permanent. Je le répète, nous les évaluons sans illusion de manière très réaliste.
En ce qui concerne le domaine militaire, la Russie moderne même après l’effondrement de l’URSS et la perte d’une grande partie de son potentiel est aujourd’hui l’une des puissances nucléaires les plus fortes du monde et elle dispose en outre d’avantage en ce qui concerne un certain nombre d’armes de pointe. Il ne devrait donc faire aucun doute qu’une attaque directe contre notre pays entrainerait une défaite et des conséquences désastreuses pour tout agresseur potentiel. Cependant les technologies y compris en matière de défense évoluent rapidement. Le leadership dans ce domaine a changé et changera encore demain tandis que la conquête militaire des territoires adjacents à nos frontières si nous laissons cela se produire, se poursuivra pendant des décennies où peut-être pour toujours.
Et cela constituera une menace toujours plus grande et totalement inacceptable pour la Russie. Aujourd’hui même alors que l’Otan s’étend vers l’Est, la situation pour notre pays se dégrade et devient chaque année plus dangereuse. En outre ces derniers jours, les dirigeants de l’Otan ont explicitement évoqué la nécessité d’accélérer, de forcer l’avancée des infrastructures de l’alliance vers les frontière de la Russie. En d’autres termes, ils renforcent leurs positions. Nous ne pouvons plus nous contenter de regarder ce qui se passe, ce serait complétement irresponsable de notre part.
La poursuite de l’expansion de l’infrastructure de l’alliance atlantique, la conquête militaire des territoires de l’Ukraine qui a commencé, tout cela est inacceptable pour nous. Le problème bien sur ce n’est pas la structure de l’Otan elle-même, elle n’est qu’un instrument de la politique étrangère des Etats Unis. Le problème est que sur les territoires qui nous sont adjacent, je vous le fait remarquer, sur nos propres territoires historiques, une anti Russie est en train d’être créée, qui a été placé sous un control extérieur total et qui est colonisé de manière active par les forces armées des pays de l’Otan et où il y a un afflux d’armes les plus modernes.
Pour les Etats Unis et leurs alliés, il s’agit de ce qui est qualifié de politique de dissuasion de la Russie, de dividende géopolitique évident. Et pour notre pays, c’est finalement une question de vie ou de mort, la question de notre avenir historique en tant que peuple. Ce n’est pas une exagération, c’est la vérité, c’est une menace réelle non seulement pour nos intérêts mais pour l’existence même de notre Etat, pour sa souveraineté. C’est cette même ligne rouge dont on a parlé à plusieurs reprises, ils l’ont franchi, par conséquent il faut parler de la situation dans le Donbass. Nous voyons que les forces qui ont effectuées un coup d’Etat en Ukraine en 2014 ont pris le pouvoir et le conserve.
De fait, à l’aide de procédures électorales décoratives et ont finalement renoncés à un règlement pacifique du conflit. Pendant huit années, huit années infiniment longues, nous avons fait tout notre possible pour que la situation soit résolue par des moyens pacifiques et politiques. Tout cela en vain.
Comme je l’ai dit dans mon précédent discours, on ne peut pas regarder sans compassion ce qui se passe là-bas. Il n’était tout simplement plus possible de supporter tout cela. Il était nécessaire de mettre fin immédiatement à ce cauchemar, au génocide des millions de personnes qui y vivent dont le seul espoir est la Russie, dont le seul espoir est en nous. Ce sont ces aspirations, ces sentiments, la douleur des gens qui ont été pour nous, le principal motif pour décider de reconnaitre les Républiques populaires du Donbass.
Voilà ce qui me parait important de souligner d’avantage. Les principaux pays de l’Otan, pour parvenir à leurs propres objectifs soutiennent en Ukraine les nationalistes extrêmes et les néonazies qui à leur tour ne pardonneront jamais aux Criméens et aux habitants de Sébastopol leur libre choix à savoir : la réunification avec la Russie.
Bien sûr ils iront en Crimée tout comme dans le Donbass portant la guerre afin de tuer tout comme les punisseurs des gangs de nationalistes Ukrainiens complices d’Hitler pendant la grande guerre patriotique qui massacraient des personnes sans défense. Ils déclarent aussi ouvertement revendiquer un certain nombre d’autres territoires Russes. Tout le cours des événements et l’analyse des informations reçues montrent que l’affrontement de la Russie avec ces forces est inévitable.
Ce n’est qu’une question de temps, ils se préparent, ils attendent le moment favorable.
Maintenant, ils revendiquent également la possession d’armes nucléaires, nous ne laisserons pas faire ça. Comme je l’ai déjà mentionné auparavant, après l’effondrement de l’URSS, la Russie a acceptée de nouvelles réalités géopolitiques, nous respectons et nous traiteront avec respect tous les pays nouvellement formés dans l’espace postsoviétique. Nous respectons et respecterons leur souveraineté comme en témoigne l’aide que nous avons apporté aux Kazakhstan qui a fait face à des événements tragiques et à un défi lancé à son statut d’Etat et à son intégrité. Mais la Russie ne peut pas se sentir en sécurité, se développer, exister avec une menace constante venant du territoire de l’Ukraine contemporaine.
Je rappelle que dans les années 2000-2005, nous avons riposté militairement au terroristes du Caucase, défendus l’intégrité de notre Etat, préserver la Russie.
En 2014, nous avons soutenus les Criméens et les résidents de Sébastopol.
En 2015, nous avons utilisé les forces armées pour mettre un obstacle sûr, à l’infiltration de terroristes de Syrie en Russie.
Nous n’avions pas d’autres moyens de nous protéger, la même chose se produit à l’heure actuelle. On ne nous a tout simplement pas laissé d’autres possibilités de protéger la Russie, notre peuple, à l’exception de celle que nous devrons utiliser aujourd’hui.
Les circonstances exigent que nous prenions des mesures décisives et immédiates, les Républiques populaires du Donbass ont demandé de l’aide à la Russie.
A cet égard conformément à l’article 51 partie 7 de la charte des Nations Unies, conformément à l’autorisation votée par le Sénat de la Fédération de Russie et en application des traités d’amitiés, d’assistance mutuelle avec la République populaire de Donetsk et la République populaire de Lougansk ratifiés par l’assemblée fédérale le 22 février dernier, j’ai décidé de mener une opération militaire spéciale.
Son objectif est de protéger les personnes qui souffrent des abus et du génocide de la part du régime de Kiev depuis huit ans.
A cette fin, nous nous efforcerons de démilitariser et de dénazifier l’Ukraine et de poursuivre en justice ceux qui ont commis des crimes nombreuses, sanglants contre des civiles y compris des citoyens de la fédération de Russie.
Dans le même temps, nous ne planifions pas d’occuper des territoires Ukrainiens, nous n’avons pas l’intention d’imposer quoi que ce soit à qui que ce soit par la force. Cependant, nous entendons de plus en plus dire en occident que les documents signés par le régime totalitaire soviétique qui instaurèrent les résultats de la seconde guerre mondiale ne devraient plus être appliqués.
Et bien quelle est la réponse à cette question ?
Les résultats de la seconde guerre mondiale sont sacrés tout comme les sacrifices de notre peuple sur l’autel de de la victoire sur le nazisme. Et cela ne contredit pas les hautes valeurs des droits de l’homme et des libertés fondées sur les réalités de toutes les décennies d’après-guerre.
Cela n’annule pas non plus le droit des peuples à l’autodétermination stipulé par l’article premier de la charte des Nations Unies. Je tiens à vous rappeler que ni lors de la création de l’URSS, ni après la seconde guerre mondiale, personne n’a jamais demandé aux habitants de certains territoires faisant partie de l’Ukraine d’alors comment ils voulaient organiser leur vie. Notre politique est fondée sur la liberté, la liberté de choix permettant chacun de déterminer en toute indépendance son propre avenir et celui de ses enfants. Et nous considérons qu’il est important que ce droit, le droit de faire son choix puisse être exercé par tous les peuples vivant sur le territoire de l’Ukraine contemporaine, par tous ceux qui le souhaitent.
A cet égard, je m’adresse également aux citoyens Ukrainien. En 2014, la Russie a été obligé de protéger les habitants de Crimée et de Sébastopol de ceux que vous traitez vous-même de nazi. Les habitants de Crimée et de Sébastopol ont choisis de rejoindre leur patrie historique, la Russie et nous l’avons soutenue. Je le répète, il était tout simplement impossible de faire autrement. Les événements d’aujourd’hui ne sont pas liés à la volonté de porter atteinte aux intérêts de l’Ukraine et du peuple Ukrainien, ils sont liés à la nécessité de protéger la Russie elle-même contre ceux qui ont pris l’Ukraine en otage et tentent de l’utiliser contre notre pays et son peuple.
Je le répète, nos actions relèvent de l’auto défense contre les menaces qui pèsent sur nous et contre un désastre encore plus grave que celui d’aujourd’hui. Aussi difficile que cela puisse être, je vous demande de le comprendre et je vous appelle à la coopération pour tourner au plus vite cette page tragique et avancer ensemble pour ne permettre à personne de s’immiscer dans nos affaires, dans nos relations, mais les développer de manière indépendante afin que cela réunissent les conditions nécessaires à la résolution de tous les problèmes et malgré l’existence de frontières entre les Etats, nous renforcerait de l’intérieur comme si nous ne formions qu’un.
Je crois en cela, je crois que tel est notre avenir.
Je dois également m’adresser aux militaires des forces armées Ukrainienne, chers camarades, ce n’est pas pour que les néonazis d’aujourd’hui prennent le pouvoir en Ukraine que vos pères, vos grands-pères, vos arrières grands-pères se sont battus contre les nazis en défendant notre patrie commune.
Vous avez prêtez serment d’allégeance au peuple ukrainien et non à la junte hostile au peuple qui pille l’Ukraine et persécute ce même peuple. Ne suivez pas ses ordres criminels, je vous exhorte à déposer les armes immédiatement et à rentrer chez vous. Je tiens à le préciser, tous les militaires de l’armée Ukrainienne qui obéissent à cette exigence pourront librement quitter la zone des hostilités et retournés auprès de leurs familles. Une fois de plus, j’insiste fortement, toute responsabilité pour une éventuelle effusion de sang reposera entièrement sur la conscience du régime au pouvoir sur le territoire de l’Ukraine.
Maintenant quelques mots importants, très importants pour ceux qui seraient tentés de s’ingérer dans les événements en cours.
Quiconque essayera d’interférer contre nous et plus encore de créer des menaces pour notre pays, pour notre peuple, doit savoir que la réponse de la Russie sera immédiate et mènera à des conséquences auxquelles vous n’avez jamais fait face dans votre histoire. Nous sommes prêts à n’importe quelle évolution de la situation. Toutes les décisions nécessaires à cet égard ont été prises.
J’espère être entendu.
Chers citoyens Russes, le bien-être, l’existence même d’Etats et de peuples entiers, leur succès, leur viabilité trouvent toujours leurs origines dans le puissant système des racines englobant leur culture et leurs valeurs, l’expérience et les traditions de leurs ancêtres et bien sûr dépendent directement de la capacité à s’adapter rapidement à une vie en constante évolution, de la cohésion de la société, de sa volonté de se consolider, de rassembler toutes les forces pour aller de l’avant.
Les forces sont toujours nécessaires, toujours. Mais la force peut être de qualité diverse, la politique de l’empire du mensonge que j’ai évoquée au début de mon intervention repose avant tout sur la force brutale et directe. Dans de telles situations, nous disons, quand il y a de la force, pas besoins d’avoir quelque chose dans la tête. Or nous savons que la vraie force réside dans la justice et la vérité qui sont de notre côté. Et s’il en est ainsi, alors il est difficile de ne pas être d’accord avec le fait que c’est la force et la volonté de se battre qui sont les fondements de l’indépendance et de la souveraineté.
Les fondations nécessaires et uniquement sur lesquelles on peut construire son avenir de manière fiable, construire sa maison, fonder sa famille, sa patrie.
Chers compatriotes, je suis convaincu que les soldats et les officiers des forces armées Russes fidèles à leur pays accompliront leur devoir avec professionnalisme et courage. Je ne doute pas que tous les niveaux du pouvoir et les spécialistes responsables de la stabilité de notre économie, du système financier et du domaine social ainsi que les dirigeants de nos entreprises et tous les milieux d’affaires Russes, travailleront d’une manière harmonieuse et efficace. Je compte sur une position consolidée patriotique de tous les partis représentés au parlement et des forces publiques.
Après tout, comme cela a toujours été dans l’histoire, le destin de la Russie se trouve entre les mains fiables de notre peuple multinational. Cela signifie que les décisions adoptées seront exécutés, que nos objectifs seront atteints et que la sécurité de notre patrie sera garantie d’une manière sûre.
Je crois en votre soutien et en la force invincible que nous donne l’amour de la Patrie.
Vladimir Vladimirovitch Poutine, Président de la Fédération de Russie s’adressant au monde le 24 février 2022.