
Kédougou fait partie des régions les plus riches du Sénégal avec d’énormes potentialités pouvant impacter considérablement le développement économique et surtout l’érection de centre de recherche dans le domaine des industries à la pointe des technologies de recherche et d’extraction des ressources minières.
Paradoxalement, sa population est maintenue dans une extrême pauvreté et la vie y est relativement chère comparativement aux autres régions du Sénégal. En effet, le loyer peut y atteindre des pics de 300 mille CFA pour un standing moyen qui aurait couté la moitié à Dakar avec une qualité de service nettement moindre. On constate que l’implantation de sociétés minières et la « ruée vers l’or » ont grandement contribué à une spéculation croissante autour de l’immobilier du fait des enjeux financiers importants autour des nombreuses ressources extractives de la région.
En effet, l’accès au logement et à la propriété foncière connait une complexité croissante du fait de l’explosion démographique accélérée par l’arrivée massive de migrants attirés par les potentialités de la zone. La région se caractérise ainsi par d’importants flux migratoires en provenance des régions de l’intérieur et aussi des pays limitrophes.
De même, les denrées de première nécessité, à l’exception des produits homologués comme le riz et l’huile, sont à des prix parfois prohibitifs. C’est le cas de la viande de volaille qui dépasse par endroits les six mille (6000) CFA la pièce, c’est le cas aussi de la tomate fraiche, du poisson et de beaucoup d’autres condiments qui pour l’essentiel proviennent d’autres contrées et sont donc surtaxés du fait de frais de transport élevés.
La plupart des denrées les plus prisées par les ménages proviennent des autres régions d’où leur cherté. Il faut noter, pour expliquer cette situation, que la tendance de la production céréalière locale est à la baisse. Cette situation se traduit par un déficit vivrier récurent.
Le taux de couverture moyen des besoins céréaliers durant l’année 2020/2021 est de 31%, soit 4 mois d’autonomie pour la population. Le département de Saraya est le plus touché avec seulement 2 mois d’autonomie. Il n’existe pas encore de données factuelles sur le cout de la vie de façon précise mais l’accès à l’immobilier et l’inflation observée sur les prix de denrées de consommation courante sont des indicateurs pertinents de ce paradoxe social qui connait des pics sur les sites d’orpaillage.
En même temps, la rareté des routes bitumées, la défectuosité des pistes, l’insuffisance des équipements et de personnels sanitaires, la multiplicité des maladies, la quasi inexistence des structures de formation professionnelle et une forte déperdition scolaire sont les caractéristiques qui font de Kédougou une des régions où l’indice de pauvreté est des plus élevés.
Cependant lors des dernières élections municipales de janvier 2022, le Président de la République du Sénégal : Macky Sall à tout fait complicité avec l’administration territoriale pour écarter Moustapha Mamba Guirassy de la coalition Yewwi Askan Wi afin de maintenir sa mainmise totale sur la gestion des ressources minières et autres potentialités de la localité. Violant ainsi les principes fondamentaux de la démocratie pour les seuls intérêts de la croissance de son patrimoine au moment où les populations aspirent à un changement véritable dans la gestion de leurs affaires. L’égalité civique qui voudrait que les citoyens soient tous soumis aux mêmes lois et ne se distinguent les uns des autres que par leur mérite a été bafouée.

Pour un homme de la trempe de Moustapha Mamba Guirassy, rien ne devait donc lui empêcher de prendre part à la vie de la cité. Les populations de Kédougou n’ont pas demandé à Macky Sall d’assurer les mêmes ressources à tous les citoyens mais de garantir l’égalité de tous devant la loi grâce à l’impartialité de la justice. C’est ce qu’on appelle l’État de droit, ignoré par Monsieur Macky Sall, Président de la République du Sénégal.
La démocratie implique aussi la liberté. C’est la liberté reconnue et assurée de tous les citoyens, même les plus modestes, qui garantit l’existence d’un espace démocratique dans la cité. Assurer les libertés fondamentales de l’individu est donc l’une des conditions de l’existence de la démocratie. C’est le but de la séparation des trois pouvoirs : le pouvoir de faire les lois (législatif), le pouvoir de les appliquer (exécutif) et le pouvoir de les faire respecter (judiciaire).
Si deux de ces pouvoirs se confondent, comme ce fut le cas lors des dernières élections locales, la République se transforme en Monarchie, la liberté des citoyens, et la démocratie, agonisent.
Ce président dictateur (Macky Sall) nous prouve encore qu’il est prêt à braver tous les interdits pour que sa patrimonialisation des affaires de l’Etat ne puisse jamais être contrecarrer par ses opposants politiques.
Dans cette région de Kédougou, l’indice de pauvreté est de 71% ; seuls 61% de la population ont accès aux services sociaux de base (eau potable, électricité, pas de dispensaires). Sur les 16 communautés rurales que compte la région, les 7 sont dans une situation de pauvreté totale selon (ANSD) d’autant qu’elles n’ont accès ni à l’eau, ni à l’électricité, ni à l’énergie encore moins à l’éducation et à la santé. De ce point de vue, la région de Kédougou reste alors l’avant dernière devant celle de Kolda dont l’indice de pauvreté est égal à 76,6%.
Le taux de malnutrition chronique des enfants de moins de 5 ans est à 16%. Près d’un enfant sur six (18%), contre 17%, en 2005, souffrent d’insuffisance pondérale et 5% des cas sont sévères contre 3 %, en 2005. En milieu rural, 21 % des enfants sont atteints de cette forme de malnutrition contre 12 %, en milieu urbain. La prévalence de l’insuffisance pondérale est élevée à Kédougou (21 %), où plus d’un enfant sur cinq sont atteints par ce phénomène. Depuis 2012, les régions de Kolda (76,6%), Kédougou (71,3%), Sédhiou (68,3%), Fatick (67,8%) et Ziguinchor (66,8%) ont présenté les niveaux de pauvreté les plus élevés.

Durant l’année 2011, les exportations en or industriel ont atteint 116 milliards 802 millions de FCFA pour une quantité de 8 tonnes. En effet, les cours de l’or ont progressé de 29% en se hissant à 1422,35 dollars l’once. Les réserves aurifères de Kédougou sont estimées à plus de 300 tonnes pour le moment. L’or occupait la 4ème position dans la valeur totale des exportations du Sénégal en 2011, soit 10,3%. En 2017, les expéditions d’or non monétaire continuent leur progression à la hausse entamée depuis l’année 2016.
En effet l’or qui gardait sa valeur refuge en période d’incertitude économique (crise surprimes, crise de la dette, faillite bancaire des Lehmann Brother) a été délaissé après une reprise plus ou moins à la normale de l’économie mondiale. On note ainsi depuis 2013 une baisse de la demande mondiale de l’or entrainée par un repli des cours mondiaux. Toutefois, il apparait depuis 2015 une reprise à la hausse du prix de l’or (7,6%5 en 2016 et 0,7% en 2017) entrainant ainsi une hausse des expéditions d’or non monétaire qui passe de 193,3 milliards de FCFA en 2016 à 220,1 milliards de FCFA en 2017, soit un relèvement de 13,9%. L’or reste ainsi à la première place dans les exportations du Sénégal avec 19% du total. Ces expéditions sans retombés directes sur la population locale sont essentiellement tournées vers la Suisse (76,9%) et les Emirats Arabes Unis (22,1%). https://www.ansd.sn/index.php?option=com_ansd&view=titrepublication&id=15.

Près de vingt (20) projets de recherche d’or destinés à l’exploitation industrielle sont exécutés dans la région. Les « dioura », sites d’orpaillages qui servaient à soutenir l’économie locale sont ainsi étouffés, entrainant la population dans une paupérisation insoutenable avec un taux de chômage de 26,3 % (contre 15 % au niveau national). Pourtant l’Etat du Sénégal bénéficie d’au moins 10% dans l’exploitation industrielle de l’or, grâce au Code minier et au Fonds social minier porté à 5%.
Et si nous jetions un coup d’œil dans le Code minier du Sénégal.
Chapitre VI. – Affectation des recettes minières
- Article 112. – Répartition des recettes minières : Le produit des recettes minières est réparti entre le budget général de l’Etat, le Fonds d’appui et de péréquation pour les collectivités locales et le Fonds d’appui au secteur minier.
- Article 113. – Fonds d’appui et de péréquation : Vingt pour cent (20%) des recettes provenant des opérations minières sont versés dans un Fonds d’appui et de péréquation destiné aux collectivités locales.
Chapitre VII.- Appui au développement local
- Article 115.- Fonds d’appui au développement local : Les titulaires de titres miniers, de contrat de partage de production ou de contrat de services, participent sur la base d’engagements financiers annuels à l’alimentation d’un Fonds d’appui au développement local destiné à contribuer au développement économique et social des collectivités locales situées dans les zones d’intervention des sociétés minières. Les actions à réaliser doivent être définies dans un plan de développement local en cohérence avec tout plan national de développement local existant et en concertation avec les populations et les autorités administratives et locales. Ce plan de développement local doit intégrer les projets d’autonomisation de la Femme. Pour les titulaires de titres miniers, de contrat de partage de production ou de contrat de services en phase d’exploitation, le montant annuel de ces engagements financiers est de zéro virgule cinq pour cent (0,5%) du chiffre d’affaires hors taxe annuel.
Chapitre II.- Constatation des manquements aux obligations administratives
- Article 121. – Constatation des manquements : Les manquements aux obligations administratives prévues par le présent Code sont constatés par les agents de l’administration des mines dûment habilités et assermentés à cette fin. Les procès- verbaux dressés à cet effet en vertu du présent article font foi jusqu’à inscription de faux pour les constatations matérielles faites. Ces procès- verbaux font foi jusqu’à preuve contraire des déclarations qu’ils rapportent. Ces agents prêtent serment devant le tribunal de grande instance de leur lieu d’affectation dans les termes suivants : « Je jure et promets de bien et loyalement remplir mes fonctions et d’observer en tout, les devoirs qu’elles m’imposent. Je jure également de ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance à l’occasion de l’exercice de mes fonctions. ».
Dès lors que ces agents sont frappés de cette mesure infâme, avec un Président de la République dictateur comme Macky Sall, qui affirme publiquement mettre son coude sur certains dossiers, quant-est que les manquements aux obligations administratives prévus par le Code minier arriveront sur la table du maitre des poursuites ?

D’ailleurs, si telle est cas comme l’affirme Macky Sall, le développement du Sénégal serait suspendu non pas sur le respect des droits et obligations des citoyens, entreprises, groupes d’intérêts…mais sur la simple considération d’une seule personne (Macky Sall) vis à vis de telle ou telles.
D’autres réserves de minerais sont trouvées dans la zone et sont estimées comme suit : 800 millions de tonnes de minerais de fer de bonne qualité, 700.000 tonnes prouvées de marbre et 1.067.148 tonnes estimées à Ibel, Ndébu et Bandafassi. Evidemment ce boom du secteur minier dans la région de Kédougou a aiguisé l’appétit du Président dictateur (Macky Sall) qui au lieu d’œuvrer pour la mise en place de mesures d’accompagnement de contrôle et de suivi pour le développement harmonieux dudit secteur et de la région a préféré magouiller pour garder l’exclusivité pour lui et ses acolytes. D’autres recherches se poursuivent sur le phosphate, le cuivre etc. S’agissant de l’Uranium, le granité de Saraya offre aussi un intérêt métallo génique certain pour la poursuite des recherches.

Plusieurs manifestations ont été organisés par les associations de jeunes et jusque-là, aucune avancée n’est enregistrée concernant l’amélioration des conditions de vie des populations de Kédougou. la pauvreté s’accentue et la mal gouvernance persiste au moment ou nos dirigeants nous vantent l’émergence du Sénégal. Dernières nouvelles du marché mondial de l’or en date du 8 mars 2022 (l’once couterait actuellement 2000 dollar US), ce qui fait une hausse de 5%.
