Conflit en Casamance: En 2017 déjà, le Kekendo avait élaboré un document cadre pour accompagner le processus de Paix et redonner un souffle nouveau dans la construction d’une nation Sénégalaise bouleversée par un conflit qui n’a que trop durer. Tous ensemble pour l’arrêt des affrontements débutés ce 14 mars 2022 et œuvrons pour le retour définitif de la paix en Casamance

remise d’attestation de participation au stage en technique de négociation et de résolution de conflit. Mai 2017 sous l’égide du Centre pour le dialogue humanitaire (hd).

Thème : Les accords politiques dans la résolution du conflit armé en Casamance : Osons construire un véritable processus de Paix.

Introduction : la conférence des journées culturelles de l’Association des Etudiants pour le développement de la Casamance (AEDC)[1], qui se tient une fois dans l’année, représente un temps fort d’échange autour d’un thème choisi par les étudiants dans le but d’orienter leur travail dans ce vaste chantier de construction de la paix et du développement de la Casamance. Mû par une volonté de donner le meilleur de leur association pour le bien-être de leurs compatriotes, ces jeunes, membres du KEKENDO[2], ne cessent de braver les obstacles pour atteindre leurs objectifs.

Depuis 2013, lors de leurs journées culturelles tenues à Ziguinchor[3], les étudiants se sont engagés ouvertement à s’impliquer d’avantage dans la résolution définitive du conflit en Casamance. Défiant les tabous, levant les voiles de l’histoire, dépoussiérant les archives, allant au-delà de la zone rouge (le maquis[4]), échangeant en permanence avec la diaspora Casamançaise établie en Europe, en Amérique et dans la sous-région, dialoguant même avec ceux qui versent dans l’adversité farouche contre eux, les membres de l’AEDC ont finis de prouver leur attachement aux valeurs de la paix dans la vérité, l’égalité et la justice. Ceci étant, l’année 2017 constitue sans nul doute, l’année de la maturation et des avancées fulgurantes dans leur quête d’un retour définitif de la paix en Casamance.

En effet, du 17 au 24 janvier 2017, avec la Caravane de la Paix initiée dans le cadre de la commémoration du dixième anniversaire du rappel à Dieu de l’Abbé Augustin Diamacoune SENGHOR[5] (Secrétaire Général du MFDC), soixante-douze (72) étudiants d’horizons divers, pas tous de la Casamance ont sillonné la terre des « invicta felix », de Tambacounda à Ziguinchor avec deux escales à Vélingara et à Kolda[6] où ils ont eu à échanger avec les responsables municipales sur l’importance de la mobilisation de toutes les ressources humaines aptes et pouvant renforcer la dynamique de la résolution définitive du conflit en Casamance.

Ce message atteignit les bonnes oreilles et orienta les différentes forces vers une synergie d’action jusque dans le maquis, qui comme l’aile politique du MFDC, entreprit des pourparlers internes pour une harmonisation et une coordination parfaite des activités, le tout sous l’impulsion des étudiants et dans une démarche inclusive avec d’ailleurs la consultation d’acteurs externes crédibles et attentionnés.

A Mangokouro, siège du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance à Ziguinchor, se déroula une communion parfaite qui dura une semaine d’immersion dans une découverte de rites et valeurs traditionnelles de la Casamance et qui déboucha sur la tenue d’un débat ouvert sur le thème : Retour aux sources et promotion des valeurs traditionnelles de la Casamance. Un autre fait marquant, retenons les échanges multiples entre les étudiants et les membres du MFDC sur la situation du conflit en Casamance et les possibilités de résolution.

La fin de cet événement le 24 janvier, fut sanctionnée par une rencontre conduite par le Kekendo en présence des bureaux politiques de Dianki (S.SADIO), d’Oussouye (C.A. BADIATE), du Groupe de Contact de Ziguinchor, Assaninga (DIAKAYE), Fouladou et Balantacounda, le comité des Sages de la Casamance. L’objet de cette rencontre était de mettre en place un cadre d’action unitaire pour mieux aller à la table des négociations avec l’Etat du Sénégal même si la dernière option prise par le gouvernement de Macky SALL est de négocier directement avec les combattants. L’entente fut scellée et les participants se donnèrent un autre rendez-vous à Ziguinchor pour poursuivre les travaux et cette fois-ci avec une ouverture envers les autres qui, au départ étaient réticents à la démarche.

A la fin de cet événement, une invitation fut lancé à l’endroit de l’Association pour une visite technique à l’Etat-major de César Atoute Badiate dans le cadre de l’examen de la feuille de route des retrouvailles entre frères d’armes ATIKA[7]. Sept (7) membres de l’association participèrent à l’expédition et tinrent une réunion à Ziguinchor au quartier Escale le 26 FEVRIER 2017 avec l’aile politique et la décision première fut exécutée avec la mise en place d’un Cadre de pilotage des activités politiques du MFDC[8]. Ce cadre devant regroupé dans la deuxième quinzaine du mois de Mars cinq (5) représentants par comité pour entamer les travaux est lancé à travers une consultation élargie au niveau des différentes ailes politiques. A l’issue de cette rencontre, le voyage se fit vers Kassolole et les échanges avec l’Etat-Major furent fructueux car découlant sur une feuille de route qui maintient les pourparlers qui avaient déjà enregistrés des avancées significatives. La tache fit confié aux étudiants de veiller sur la continuité des travaux et le maintien de ce cadre qui vient booster les activités du Mouvement corrigeant ainsi cette anomalie tant décriée fruit de la désunion entretenue.

Au courant du mois de mai 2017, précisément le 14, la troisième rencontre du comité de pilotage enregistra quelques défections venant de la part du groupe « Assaninga » et du groupe de « Dianki » sans raisons valables. Cependant l’association des étudiants pour le développement de la Casamance décida de ne pas s’arrêter en si bon chemin. Une démarche visant à rendre visite aux absents auprès de leurs fiefs fut adoptée et le travail devait débuter le 27 mai 2017. Poursuivant la logique d’investigation en vue de mieux appréhender la situation du conflit en Casamance, les étudiants décidèrent de visiter cette fois-ci l’association des refugiés Casamançais en Gambie, le lundi 15 mai 2017. Ils ont trouvé sur place une grande mobilisation nonobstant des difficultés que ces derniers (les réfugiés) endurent en cette période de transition (persécutions, menaces d’expulsion, intimidations et même meurtres).

Il a fallu toute une journée pour visiter des foyers, partager leur repas et comprendre les dures conditions auxquelles faisaient face les réfugiés Casamançais en Gambie. De retour à Dakar, le comité scientifique de l’association des étudiants pour le développement de la Casamance se réunit en session d’urgence pour examiner tout ce chemin parcouru et ainsi fut arrêté la décision d’organiser la treizième édition des journées culturelles avec le thème : les accords politiques dans la résolution du conflit armé en Casamance ; osons construire un véritable processus de paix.

Ce thème est le fruit d’une réflexion murit et qui prend source de l’analyse sans complaisance du processus de paix en Casamance depuis les premières démarche de 1991 jusqu’à nos jours. L’examen de ce processus révèle nombres d’excentricités (la démarche, la tenue des négociations…), de violations (non-respect des décisions…), de non engagement (aucun suivi et aucune évaluation) qui font dire aux étudiants du KEKENDO que, l’heure d’oser a sonné.

  • Comment construire un véritable processus de paix ?

Voilà la grande interrogation du jour, objet de cette rencontre et dont les réponses découleront nécessairement de l’examen du processus de paix en Casamance que tout un chacun d’entre les exposants se doit de faire.

  1. La Paix rime à quoi ?

On nous aurait présenté un contrat avec écrit dessus le mot « Paix », nous allons tous signer, n’est-ce pas ? Mais est-ce que nous allons signer pour la même chose ?

Est-ce que nous n’allons pas signer pour l’idée que nous nous faisons de la paix ?

Parce que les mots, ils ont un sens primitif, et au fil du temps, ce sens évolue, il se métamorphose et en plus quand nous les utilisons souvent, nous les manipulons. Au lieu d’aller vers eux et de comprendre leur sens véritable, nous les amenons à nous et nous leur donnons un sens qui nous arrange. Alors la paix, qu’est-ce que c’est ?

Nous allons rester à un niveau personnel. Sachant que la paix, si nous arrivons à la faire pour nous même, nous pouvons commencer à la créer ici et maintenant. Donc dans le langage courant, le mot « paix », nous ne savons pas si vous êtes comme nous, mais nous avons souvent l’impression qu’il devient synonyme du mot « confort ».

La paix, ce serait de ne rien faire, de ne rien dire, de tout laisser couler. Pourtant d’autres fois, le mot paix à pour signification l’engagement. La paix ce serait de faire quelque chose. Mais alors de faire quoi ?

C’est là que nous sommes retournés dans le dictionnaire. Nous ne savons pas si quelqu’un parmi vous a été voir la définition du mot « paix » dans le dictionnaire ? Beaucoup n’ont pas eu cette curiosité ?

Dommage parce que nous, nous avons été voir et nous avons été extrêmement surpris du fait que le dictionnaire lui-même, il ne sait pas comment nous définir la « paix ». Les trois quarts de la définition nous indiquent que le mot « paix » : est un état de non guerre, de non conflit. La paix, ce n’est pas la guerre. Mais nous avons persisté, nous avons cherché des indices et nous avons trouvé. Le mot paix est un mot féminin. C’est donc une énergie intérieure, une énergie de réceptivité. Nous avons trouvé ensuite les mots « concorde » et « accord » qui signifient harmonie et bonne entente.

Cependant entente et harmonie avec quoi ? C’est que nous cherchons et nous le trouverons certainement. Nous avons ensuite rencontré les mots « calme » et « tranquillité ».

Alors est-ce que nous sommes calmes et tranquille quand nous restons bien au chaud chez nous ? Quand nous évitons les difficultés ? Quand nous voyons un problème et que nous prenions une autre direction ?

Ou est-ce que nous sommes calmes et tranquilles quand nous disons ce que nous avons dans le cœur et quand nous intervenons quand quelque chose que nous ne trouvons pas juste à lieu ?

Le dictionnaire Larousse nous donne un exemple « achever sa vie dans la paix ». Ce n’est pas encourageant mais quand même au-delà, il y a une information, c’est que la paix ne se trouve pas par hasard. Il faut y mettre du temps, il faut y mettre des efforts, elle se cultive et elle se construit, comme nous nous soutenons ici et maintenant, en permanence.

Le dictionnaire Larousse nous donne également un autre exemple « avoir la conscience en paix ». Alors voilà, en fait c’est comme si le dictionnaire n’osait pas nous le dire ou ne savait pas comment nous le dire, mais nous sommes en paix quand nous vivons en bonne entente avec notre conscience.

  • Qu’est-ce que la conscience ?

La conscience est une connaissance intuitive que nous avons tous en nous. Au fond de nous, nous savons ce qui est juste et nous savons ce qui est bon et nous sommes en paix quand nous posons des actes et que nous prononçons des paroles en accord avec notre conscience, quand nous écoutons la petite voix de notre conscience.

  • Mais comment y arriver ?

Des petites voix intérieures dans notre tête, nous en avons plein, et parfois elles nous montrent des directions complètement opposées. C’est là où se trouve l’enjeu.

  • Comment faire pour écouter la petite voix de ma conscience ?

J’apprends à me connaitre, je m’autorise une descente en moi, je vois les choses qui sont bonnes mais je vois aussi les égarements et les zones d’ombres. Je ne les ignore pas, j’y travaille et parce que je me connais, je connais mes valeurs, je manifeste mes talents et je développe les qualités nécessaires pour défendre mes valeurs : la ténacité, le courage, l’humour, la fraternité…

Je sais dire oui et je sais aussi dire non. La compassion aussi. Au final nous pouvons dire que quand nous réalisons l’équation suivante : connais-toi, toi-même et deviens qui tu es, nous vivrons en bonne entente avec notre conscience, nous parviendrons à créer une paix intérieur qui après va rejaillir vers l’extérieur et ainsi un monde harmonieux se fera.

Le Processus de paix: Définitions du mot « processus »

  1. Sens commun : Du latin « procedere », marcher, avancer. « Enchaînement ordonné de faits ou de phénomènes, répondant à un certain schéma et aboutissant à un résultat déterminé » (« Larousse »).
  2. Sens sociologique : « enchaînement de phénomènes successifs supposés constituer une chaîne causale et dynamique. Le repérage d’un processus social est un objectif de la recherche dans les différents domaines de la sociologie qui se heurte toutefois à des obstacles importants du fait de la complexité des interrelations, mais aussi du fait de l’impossibilité d’isoler totalement un processus et de faire disparaître la marge de contingence » (Ansart et Akoun, « Dictionnaire de sociologie ». Le Robert/Seuil, 1999).
  3. Commentaire critique.

Tout « processus », et à plus forte raison tout « processus de paix », comporte, selon le politologue Joseph Maïla[9], deux dimensions complémentaires et concomitantes :

  • Le « consensualisme » ;
  • Et le « gradualisme ».

Le consensualisme pourrait se définir comme un accord de volontés sur des valeurs (c’est-à-dire des objectifs) communes, en l’occurrence parvenir à une entente réciproque qui prendrait la forme d’un compromis social et politique. Le compromis consensualiste est, par définition, toujours provisoire.

Nous entendons par gradualisme, le mouvement politique et social qui supporte pratiquement le consensualisme et consiste à s’approcher d’un compromis en procédant par étapes successives.

Nous le voyons, à travers cette conception, le processus de paix suppose préalablement de définir les contours d’un projet de société : aucune régularisation politique, aussi volontaire soit-elle, ne saurait passer outre ce préalable. Or, faute d’en prendre acte, un grand nombre de « processus de paix » qui n’ont de processus que le nom, ne sont en réalité qu’une modeste négociation sur des intérêts bien limités. C’est malheureusement le cas au Sénégal. Car, faute d’avoir suffisamment pris en considération la nécessité de remettre en cause certains fondements culturels, l’ébauche de processus de paix au Sénégal n’a pu dépasser l’étape technique du consensualisme et du gradualisme, et s’est ainsi trouvé amorphe.

En effet, un processus de paix ne se limite pas à un accord politique passé entre gouvernants et élites politiques pour être ensuite imposé aux populations concernées. Bien au contraire, il suppose l’investissement de ces populations qui ont à comprendre et à porter les enjeux politiques, mais surtout sociaux, économiques et culturels d’un tel processus.

Cela nécessite de fait la mobilisation de tous les acteurs sociaux intermédiaires de la société civile, c’est-à-dire de ceux qui participent en premier lieu à la constitution ou à la reconstruction d’une identité nationale et d’une conscience collective pacifistes, bref, ceux qu’on désigne parfois comme les « manipulateurs de symboles et de symboliques sociales ». Ce sont notamment les intellectuels, les chercheurs, les artistes, les scientifiques, etc.

Ces « manipulateurs de symboles » dont le rôle est d’éclairer les populations en leur permettant de comprendre les réalités d’un processus de régularisation politique (ou processus de paix), sont des médiateurs essentiels car ils participent activement à ce que Norbert Elias[10] a pu appeler « processus de civilisation » et qui se trouve être le corollaire indispensable du processus de paix. C’est en effet cette notion de civilisation qui « efface jusqu’à un certain point les différences entre les peuples en mettant l’accent sur ce qui, dans la sensibilité de ceux qui s’en servent, est commun à tous les hommes ou du moins devrait l’être ». En cela, la notion de civilisation se distingue de celle de « culture » qui « reflète la conscience d’une nation obligée de se demander continuellement en quoi consiste son caractère spécifique, de chercher et de consolider sans cesse ses frontières politiques et spirituelles » (N.Elias).

Ce mouvement d’identification ou de reconstruction culturelle doit donc être complété par celui de dynamique civilisationnelle, ce qui ne va pas sans poser de problèmes étant donné le caractère parfois contradictoire de ces deux mouvements. La réussite de tout « processus de paix » en dépend pourtant.

  1. Accord de paix

De nature et d’envergure variée, il n’est qu’une étape du processus de paix.

L’accord de paix intègre un processus long, le processus de paix, dont il ne constitue ni le point de départ ni le point final. En effet, l’accord de paix intervient à un moment donné dans le processus qui termine un conflit ; il peut se produire à plusieurs reprises, quand les différents points de friction entre les parties au conflit sont traités à part et donnent lieu à autant de textes sur lesquels les négociateurs s’engagent.

  1. Le processus de paix

Mettre un terme à un conflit est un long processus qui ne s’achève que lorsque les conditions d’une paix durable sont rassemblées. En fonction de la nature du conflit, ces éléments peuvent concerner :

  • Des processus de réforme pendant la transition politique qui intègrent largement les citoyens, pour l’adoption d’une nouvelle constitution par exemple ;
  • Des institutions politiques qui assurent la participation de l’ensemble de la population
  • La représentation politique de la société dans sa diversité ;
  • La réparation des injustices passées ;
  • Des mécanismes pour compenser les inégalités présentes dans la société (géographiques, économiques, sociales etc.) ;
  • Une gestion équitable des ressources naturelles.

Tout Etat qui s’engage à la Paix doit résolument fournir les instruments politiques de résolution des conflits pour éviter de recourir à la violence. Le processus de paix n’est pas achevé tant que le conflit menace ou ressurgit, c’est pourquoi il peut se prolonger sur plusieurs années voire décennies et qu’il peut être marqués par plusieurs accords de paix.

  1. L’accord de paix

Il n’est donc qu’une étape dans le processus de paix, provisoire ou pas. Il est en lui-même un processus puisque la signature du texte sur lequel se sont mis d’accord les parties au conflit concernées, et le geste symbolique de la poignée de main ou des embrassades, n’est que le résultat du choix des belligérants de changer de moyens pour atteindre leurs objectifs et des discussions sur les termes de l’accord.

Les accords de paix sont de différentes natures en fonction des objectifs fixés. Ils peuvent être partiels ou finaux. Une typologie n’est pas aisée à établir, d’une part parce que les conflits peuvent être de diverses natures et poser des contraintes différentes ; d’autre part parce que toute typologie est critiquable et présente souvent le défaut de donner une image partielle de la réalité.

Voici toutefois la classification établie par les Nations Unies pour différencier les types d’accords de paix :

  • Accord de cessez-le-feu et d’arrêt des hostilités ;
  • Accord de pré-négociations ;
  • Accord préliminaire ou intérimaire ;
  • Accord-cadre et accord final ;
  • Accord de mise en œuvre.

Ainsi, un accord de paix peut être « final », il aborde l’ensemble des points du conflit et propose une solution. Il peut encore être partiel quand chaque point est négocié séparément dans un document autonome.

Les accords de paix doivent également comporter des éléments de procédure, qui concernent les calendriers et les institutions de leur mise en œuvre, et d’organisation, qui encadrent la mise en œuvre et la contrôlent. L’ONU les désigne sous le terme de « mécanismes de mise en œuvre » (“implementation mechanisms”). Ils sont déployés immédiatement après l’accord de paix et ont pour objectif sa promotion en assurant :

  • Un contrôle neutre sur les engagements auxquels se sont engagés les belligérants ;
  • Un rôle moteur notamment dans l’établissement des priorités ;
  • Un forum politique qui permet de résoudre les différends par la négociation politique.

Ils peuvent encore comprendre des opérations de maintien de la paix et des comités de surveillance.

Un autre type de mécanismes de mise en œuvre a été conçu pour résoudre les conflits relatifs à la gouvernance, tels que les abus de pouvoir de l’Etat, en lien avec les droits de l’homme, la promotion de la transparence et l’obligation de rendre des comptes (accountability). Ce sont ce que les Nations Unies appellent les « mécanismes de maintien de la paix ».

Les différents intervenants sur le processus de paix en Casamance.

Après définition par le président du KEKENDO, Monsieur Baboucar BADJI des termes de référence des travaux et de conduite des débats, le premier intervenant fut :

  1. Monsieur Atab BODIAN, membre du collectif des Cadres Casamançais dont le président c’est, Monsieur Pierre Atépa GOUDIABY.

Il débuta son intervention en remerciant les étudiants et en les encourageant à persévérer dans ce genre d’initiatives qui s’affairent autour de l’intérêt général. Ayant investi son potentiel depuis le début de ce conflit dans le cadre du collectif, il souligne que leur structure à travailler dans l’élaboration d’un mémorandum en 1983 pour mieux comprendre la motivation des manifestants Casamançais du 26 Décembre 1982. Ainsi après enquêtes, le rapport fut remis en mains propres au président Abdou DIOUF en Avril 1984. Ce document, soutient-il, en plus d’éclairer la situation qui a conduit les Casamançais à cette manifestation, propose des solutions de sortie de crise. Il regrette le fait que tout cet investissement soit jeté aux oubliettes par le gouvernement d’alors. Avouant la position de non engagement du collectif des cadres Casamançais à l’idée d’une Casamance indépendante, il s’engage à affirmer leur rôle de facilitateur et que dans le dialogue une solution de sortie de crise serait possible.

  1. Le deuxième intervenant se présenta au pupitre. Monsieur Youssouf Coly, ex combattant du MFDC, camp de Diakaye et aujourd’hui membre du groupe de contact piloté par Monsieur Louis Tendeng. Soulignons que son groupe travaille en commun avec les autres groupes qui ont acceptés d’œuvrer ensemble dans la mise en place d’un comité de pilotage des activités politiques du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance sous l’égide du Centre pour le dialogue humanitaire (hd).

Son intervention fut axée sur les travaux menés par le gouvernement du Sénégal, ses partenaires et le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance dans ce qui est convenu d’appeler : processus de paix en Casamance de 1991 à 2004.
Exposé : « l’histoire est un témoignage dont les faits reportés reposent sur la vérité et c’est cette vérité qui nous permet aujourd’hui de considérer le conflit Casamançais comme la page la plus sombre de l’évolution politique du Sénégal. Depuis 1982, en effet cette région méridionale du Sénégal qui s’étend de Gouloumbou à Diogué et de Mpack à Sénoba est plongée dans une crise qui persiste jusqu’à nos jours.
Le conflit de Casamance a été une saga de la violence, de la souffrance, entachée de sang et de larmes. Cependant, malgré les hostilités sanglantes entre le MFDC et l’Etat du Sénégal, le dialogue n’a jamais été rompu.
Dès 1992, le gouvernement et le MFDC signent à Cacheu le premier Accord en présence des autorités de la Guinée Bissau, partie garante. Par cet acte, les deux parties s’engagent à faire taire les armes et à privilégier le dialogue.

Les différentes délégations :
Délégation du MFDC (Abbé Augustin Diamacoune SENGHOR : Chef de délégation, Sidy BADJI (adjoint), Léopold SAGNA)
Délégation de l’Etat du Sénégal (Général Doudou DIOP : chef de délégation, Colonel Mamadou NIANG, Le commissaire Toto SARR et Robert SAGNA).
Délégation Guinée Bissau (Samba Lamine MANE : Ministre de la défense, Dione MONTEIRO, Sandji FATY (colonel), Insa Mahatma DIANDY ambassadeur en Allemagne, Madame Satou CAMARA : Gouverneur de Cacheu).
Délégation des Cadres Casamançais (Marcel Bassène (député et chef de la délégation), Laye Diop DIATTA (député), Kaoussou Kaba BODIAN (avocat), Térence SENGHOR (avocat)
Ainsi l’acte de cesser le feu en date du 15 au 17 Avril 1992 fut accompagné par une déclaration qui invite à l’arrêt immédiat et inconditionnel de toutes les activités contraires à la dynamique de paix enclenchée. Nonobstant les sanctions prévues contre tout contrevenant, le cesser le feu de Cacheu ne survivra pas à sa signature.

Sur le terrain, les hostilités reprennent de plus belle. Braquages, exactions, déplacements de populations, accidents de mines rythment le quotidien en Casamance obligeant les belligérants à renouer le dialogue. En réalité, les véritables raisons de l’échec de ce premier accord sont à chercher dans l’attitude des forces de sécurité qui continuaient à harceler, maltraiter, persécuter et tuer des supposés membres du MFDC. D’ailleurs cette année-là, un jeune combattant a été tué par des gendarmes au pont Emile BADIANE de Ziguinchor. Un incident qui a rompu le cesser le feu et entraina la reprise des hostilités. Pourtant beaucoup d’espoir avait accompagné cette dynamique de paix au lendemain de la signature de cet acte administratif qui à enlacer la mise en place d’un bureau national du MFDC composé de :
Président : Abbé Augustin Diamacoune SENGHOR, Vice-Président : Sidy BADJI, Léopold SAGNA et Jean Marie TENDENG, Secrétaire Général : Souhaibou K DIATTA, Adjoint : Maurice DIATTA, Directeur Politique : Latif Aidara, Adjoint : Louis TENDENG, Trésorier général : Bourama Faye BADJI, Secrétaire aux relations extérieur : Laye DIEDHIOU, Commissaire : Bertrand DIAMACOUNE, Adjoint : Youssouph Diassoua BADJI.
Dix ans plus tard, précisément le 16 mars 2001, le gouvernement et le MFDC signent un accord dit de paix sous l’égide du clergé. Ainsi l’église était représentée par l’évêque de Ziguinchor, Monseigneur Maixent COLY. Cet accord résume l’engagement des deux parties à consolider le premier cesser le feu qui se concrétise par la libre circulation, la protection des personnes et de leurs biens. Il est aussi retenu que personne ne sera plus arrêter arbitrairement, enlever, torturer, tuer ou braquer.
L’accord de Ziguinchor prévoit également la libération des prisonniers politiques, la dépollution par le déminage, le retour des réfugiés et des personnes déplacées, le début d’exécution des programmes d’insertion, de réinsertion, réhabilitation et la mise en œuvre des programmes de construction d’axes routiers.
Les bases d’une stabilité venaient d’être jetées par cet accord qui comme le précédent ne reçoit pas la caution de l’aile combattante du MFDC. Des efforts restaient donc à faire à ce niveau pour faire avancer ce dossier. C’est le même sort qui avait été réservé à l’accord de 1998 signé à Ziguinchor sous l’égide du ministre Gambien des affaires étrangères, Sidath DIOP.
La Casamance n’a jamais été aussi proche de la paix avec la mise en place en place de la mission d’observation (MOCAP). Composée de différents acteurs, cette structure devait se charger de veiller sur l’application de ce nouvel accord. Juste après cette phase, l’alternance politique toqua à la porte du Sénégal. Le nouveau Président de la République, Abdoulaye WADE remet tout en cause et promet de régler le problème en 100 jours.
Tous les efforts de paix sont ainsi anéantis par l’incurie d’un chef d’Etat impulsif qui s’érige en messie. Non seulement son engagement prétentieux ne sera pas respecté, il échoue en 2001 avec un accord qui ne réussit pas à faire taire les armes. Sur le terrain, les accrochages entre l’armé et les combattants du MFDC se multiplient. L’accord de 2001 venait de mourir de sa belle mort et comme Abdoulaye WADE avait horreur de l’échec, il provoqua une autre rencontre trois ans plus tard.
Le 30 Décembre 2004, l’Etat du Sénégal et le MFDC se retrouvent devant la gouvernance de Ziguinchor et signe un accord qui devait de mettre fin définitivement au conflit en Casamance. En réalité, ce que le Président WADE considère comme son accord n’était rien d’autre qu’une mise en scène folklorique. Diamacoune refusa à cette occasion de lire le discours préparé par l’Etat du Sénégal, incarné par le ministre de l’intérieur : Me Ousmane NGOM. Il improvisa alors un discours qui revient de fort belle manière sur la revendication indépendantiste du MFDC. Les deux parties se retrouvèrent quelques mois après à Foundioungne pour booster d’avantage le processus en vain.
En 12 ans de règne, le pape du Sopi n’a jamais réussi un accord convaincant dans la résolution de la crise en Casamance. Cependant son engagement a permis d’attirer les bailleurs de fonds pour financer des projets et programmes voire même la mise en place de structure d’accompagnement tels que l’Agence Nationale pour la relance des activités en Casamance (ANRAC).
Aujourd’hui, à défaut d’un véritable accord de paix, les populations de Casamance se contentent d’une accalmie, à savoir une situation de ni paix, ni guerre. Notons aussi que c’est dans l’espoir de voir un véritable processus de paix, suivi d’accords sincères et francs entre les protagonistes qu’elles vivent chaque jour.

  1. Arriva le tour de Monsieur Xavier DIATTA, ancien aviateur et auteur du livre « filhu di terra » « le fils de la terre ». Il félicita d’abord le courage et la détermination de la jeunesse de Casamance engagée au sein du KEKENDO et exhorte l’association à aller au-delà des limites fixées par certains qui refusent de lever le tabou sur les causes du conflit qui continu avec son lot de malheur. « L’avenir vous appartient, soutiendra-t-il avant de revenir sur certains passages sombres de l’histoire de la Casamance (les exactions commises par les forces armées gouvernementale mais aussi par les forces armées du MFDC). Il conclut : « plus jamais ça. »
  2. El Hadj SOW, Président de l’association des Ressortissants Casamançais établis en Amérique (ARESCA). Ce grand acteur de la diaspora Casamançaise œuvrant pour des retrouvailles entre les Casamançais et pour une solution pacifique fruit d’un dialogue sincère entre les deux belligérants (Etat du Sénégal-MFDC) est arrivé à la tribune pour d’abord saluer le courage de l’association des étudiants pour le développement de la Casamance (AEDC) avant de demander à tous les acteurs déjà engagés dans le processus de paix de s’impliquer d’avantage. Il affirme que, le jour où il constatera de son propre chef la libre circulation des personnes et des biens en Casamance, le jour où le Diola du Bayott pourra bénéficier de tous ses prérogatives pour communier avec sa forêt et mener librement ses activités et cérémonies d’initiation, il saura que la paix
    s’est finalement installée.
  3. Au cours de la conférence qui était retransmit en direct via Radio Tendouck Fm, Nkrumah SANE, qui était Secrétaire Adjoint de l’Abbé Augustin Diamacoune SENGHOR fit son entrée. Son propos débuta par des salutations à l’endroit de tous ceux qui ont effectué un déplacement pour venir assister à cet événement qui pour lui est d’une importance capitale. Il poursuivi en demandant à l’assistance d’observer une minute de silence en la mémoire de toutes les victimes du conflit en Casamance de 1982 à nos jours. Il exprima une profonde désolation sur la situation actuelle en Casamance. Un exposé sur le projet du mouvement des forces démocratiques de la Casamance fut étalé avec une affirmation de la volonté des Casamançais de recouvrer leur indépendance. Son propos soutien que le Sénégal a imposé la guerre aux Casamançais et que le gouvernement ne s’est jamais engagé à résoudre ce conflit et qu’il va falloir le comprendre ainsi et prendre son courage en main pour sauver le peuple.
  • Recommandations.

Après avoir constaté qu’il ne peut y avoir de paix en Casamance que par le dialogue politique sincère et qu’il faut encourager l’engagement sans équivoque de tous les acteurs concernés au principe des négociations et élaborer dans les plus brefs délais, de manière concertée, un programme de reconstruction et de réhabilitation d’un véritable processus de paix en Casamance, les participants font les recommandations suivantes :

A l’Etat du Sénégal:

  1. Instaurer un climat de confiance avec le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) et les autres forces vives présentes en Casamance ;
  2. Lever les mandats d’arrêt contre les membres du MFDC et libérer les prisonniers politiques ;
  3. Mettre fin à l’Etat de siège en Casamance ;
  4. Engager un véritable processus de paix et des négociations approfondies avec toutes les composantes du MFDC, sans aucune discrimination, en y incluant l’ensemble des questions qui sont à l’origine de la crise en Casamance ;
  5. Renforcer l’implication de la population et de la société civile, acteurs indispensables et complémentaires à la paix, dans la gestion et la résolution de la crise casamançaise ;
  6. Créer une structure permanente de concertation au niveau subrégional, entre toutes les institutions pertinentes des pays limitrophes ;
  7. Sensibiliser les forces armées au respect du droit international humanitaire afin que les civils ne soient plus victimes de violations, notamment les femmes, les enfants et les personnes âgées ;
  8. Encourager la poursuite et le jugement des auteurs de violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’Homme ;
  9. Reconnaître un statut juridique aux réfugiés et aux personnes déplacées ;
  10. Prendre en charge les victimes de mines anti personnelles et leur assurer une juste réparation ;
  11. Encourager le développement durable et veiller à une distribution juste et équitable des terres, tout en rétablissant toutes les populations spoliées dans leurs droits ;
  12. Restituer les origines du conflit en Casamance et enseigner l’histoire véritable de la Casamance.

Au Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance.

  1. Instaurer la confiance avec le gouvernement du Sénégal;
  2. Renforcer la dynamique de retrouvaille, de réconciliation et de coordination des activités politique entamée par le comité de pilotage et le comité nationale de réconciliation.
  3. Se donner tous les moyens pour que les Assises intra-MFDC, soient effectivement tenues et aboutissent à des résultats positifs concernant le règlement du conflit en Casamance.
  4. Respecter le droit international humanitaire afin que les civils ne soient plus victimes de violations, notamment les femmes, les enfants et les personnes âgées ;
  5. Engager un véritable processus de paix et des négociations approfondies avec l’Etat du Sénégal, sans aucune violence, en y incluant l’ensemble des questions qui sont à l’origine de la crise en Casamance ;
  6. Restituer les origines du conflit en Casamance et enseigner l’histoire véritable de la Casamance.

A la population 

Consolider leur mobilisation et leur vigilance pour l’avènement de la paix définitive en Casamance et participer activement à la vie de la nation.

A la société civile

  1. Créer un cadre de concertation des organisations de la société civile pour la consolidation de la paix et la prévention des conflits ;
  2. Encourager le dialogue permanent avec l’Etat, le MFDC et les populations ;
  3. Promouvoir la citoyenneté et la convivialité républicaine ;
  4. Former et sensibiliser les acteurs du conflit et la population civile aux règles applicables dans les conflits armés et aux instruments relatifs aux droits de l’Homme, notamment les Conventions internationales et régionales y afférentes, particulièrement celles relatives aux droits de la femme et de l’enfant ;
  5. Sensibiliser les acteurs du conflit sur le rôle central de la femme dans la cellule familiale tout en veillant à ce qu’elles ne soient plus utilisées comme armes de guerre.

Bibliographie:

  • Aron, Raymond.« Paix et guerre entre les nations », Calmann-Lévy, 1962. (Le classique ! Incontournable sur cette question : approche sociologique autant qu’historique et philosophique de la dialectique guerre-paix, à travers l’analyse des relations internationales).
  • Bosc, Robert.« Sociologie de la paix », Bibliothèque de la Recherche Sociale, SPES, 1965. (Etude dynamique qui passe en revue les différentes théories internationales, tant sociologiques – replacées dans les courants sociologiques auxquels elles se rattachent – que politologiques et leur approche de la paix. Dessine les grands axes d’une praxéologie – science de la compréhension des enjeux de la paix. Les convictions et l’engagement religieux de l’auteur l’incitent parfois à verser dans un certain « moralisme », mais les analyses que l’auteur livre sont d’une grande qualité).
  • David, Charles-Philippe.« La Guerre et la paix. Approches contemporaines de la sécurité et de la stratégie », Presses de Science Po, 2000. (approche politique prépondérante, mêlée parfois de questionnements sociologiques. Excellent manuel, très accessible, très analytique et complet, avec une bibliographie exhaustive).
  • Elias, Norbert.« La civilisation des mœurs » et « La Société de cour », Pocket, Agora, 1973. (Deux livres à lire absolument, qui retracent analytiquement ce que l’auteur a appelé « le processus de civilisation ». A travers ce tracé historique et sociologique passionnant, N. Elias pose les fondements de toute étude sur la paix et la civilisation, loin de tout déterminisme ou évolutionnisme. L’homme construit son devenir social).

[1] AEDC, Association des étudiants pour le développement de la Casamance, née en 2002 à l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar.

[2] KEKENDO, mot en langue mandingue désignant un homme mature et préparé à faire face aux défis de la vie.

[3] Ziguinchor, ville de la Casamance devenue capitale administrative de ce territoire en 1904.

[4] Le maquis désigne aussi bien un groupe de résistants que le lieu où ils opérèrent durant la Seconde Guerre mondiale. Les résistants sont surnommés « maquisards », cachés dans des régions peu peuplées, forêts ou montagnes. Dans cette situation, le mot est utilisé pour désigner les résistants Casamançais de 1982 et leur lieu d’opération.

[5] L’abbé Augustin Diamacoune Senghor est un dirigeant du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance, né le 4 avril 1928 à Senghalène, à 40 km à l’ouest de Ziguinchor (Sénégal) et mort à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris (France) le 13 janvier 2007. Il fut le Secrétaire général du MFDC de 1991 à 2007.

[6] Kolda, Le 7 février 1984 fut décidée la subdivision du Sénégal en 10 régions en remplacement des régions naturelles. Ainsi, de l’ancienne région naturelle de Casamance sont nées les régions de Ziguinchor et de Kolda.

Un nouveau décret, datant du 10 septembre 2008 porte le nombre de régions à 14 et voit l’ancien département de Sédhiou soustrait de la région de Kolda.

[7] ATIKA, Branche armée du MFDC, mise en place en 1983 à la suite du procès des détenus de la marche pacifique de 1982 à Ziguinchor.

[8] MFDC, Mouvement des Force Démocratiques de la Casamance, né le 04 Mars 1947 à Sédhiou.

[9] Politologue, M. Joseph Maila né en 1948, est un professeur de sociologie politique et de relations internationales, d’origine libanaise, spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de la sociologie des conflits est consultant pour divers organismes internationaux sur les problèmes de médiation, de sortie de crise et de consolidation de la paix.

[10] Norbert Elias est un écrivain et sociologue allemand, né le 22 juin 1897 à Breslau et mort le 1er août 1990 à Amsterdam. Il est l’auteur d’un ouvrage majeur de sociologie historique, Sur le processus de civilisation, paru, en France, en deux volumes, La Civilisation des mœurs et La Dynamique de l’Occident.

Commentaires fermés.

Une reflexion sur “Conflit en Casamance: En 2017 déjà, le Kekendo avait élaboré un document cadre pour accompagner le processus de Paix et redonner un souffle nouveau dans la construction d’une nation Sénégalaise bouleversée par un conflit qui n’a que trop durer. Tous ensemble pour l’arrêt des affrontements débutés ce 14 mars 2022 et œuvrons pour le retour définitif de la paix en Casamance

  1. Merci pour ce résumé qui justifie que l’Association des Étudiants pour le Développement de la Casamance (KEKENDO) donne une importance incontournable pour le retour d’une paix définitive et durable en Casamance. En effet, comme témoin et acteur de toutes les activités entreprises dans la dynamique de recherche d’une paix définitive et durable, je me sens sidéré de constaté que l’argument de la résolution violente de ce conflit risque de faire revenir à la situation de départ.
    Pour des besoins de sécurité, de paix et de stabilité, j’invite les deux bélligérants à un arrêt des hostilités pour des négociations sérieuses et durable.
    Il est temps pour que nous jeunes ayant choisi le mot développement de la Casamance pour notre association prenons notre bâton de pèlerin pour dire non à la violence car c’est toujours les populations civiles qui en souffrent le plus.
    Si réellement, nous donnons un sens à la vie humaine, pourquoi s’entretuer?