Les conséquences immédiates de l’expression de la violence des armes dans la résolution du conflit en Casamance

 

Depuis le dimanche 13 mars 2022, l’Etat du Sénégal sous la présidence de Macky SALL par ailleurs Président en exercice de l’Union Africaine a décidé de mener une guerre totale contre le Mouvement de Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC). Cela fait suite à son projet militaire d’imposer sa volonté par la force des armes dans le processus de paix débuté en 2012 et qui engage l’Etat du Sénégal et le MFDC sous l’égide de la Communauté Sant Egidio.

La poursuite de ce dessein tragique a reçu l’aval des voix passionnées du Nord subséquemment à l’incident regrettable provoqué le 24 janvier 2O22 par l’armée du Sénégal en mission de sécurisation en Gambie pour le compte de la CEDEAO qui avait fait une intrusion en Casamance (en dehors de son périmètre d’intervention dans le cadre de la mission de la CEDEAO). Cet incident malheureux avait causé la mort de quatre soldats Sénégalais et sept soldats ont été fait prisonniers par le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance.

Je rappelle que le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance avait procédé à la libération des sept soldats Sénégalais fait prisonniers par respect des droits humains et de l’institution Ouest-africaine (CEDEAO) et en réaffirmant son engagement à respecter les accords de non violation du cessez le feu qui engagent l’Etat et le MFDC dans le processus de paix entamé en 2012.

Prenant la coupe abusive du bois et la culture du chanvre indien comme alibi, l’Etat du Sénégal a pris la décision de s’attaquer aux positions militaires du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance dans le Nord Sindian en soutenant conduire une mission de sécurisation du territoire national pour un retour des populations dans les villages abandonnés.

Monsieur le chef de l’Etat du Sénégal, cher Macky Sall, ces villages ne sont pas abandonnés et ces dix dernières années, c’est le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance qui assure le bien-être des populations qui ont décidé librement de ne pas adhérer à votre discours de Bignona en 2019. Je cite : « Casamançais, si vous voulais que la Casamance intègre la dynamique de développement du Sénégal, voter Macky Sall lors de l’élection présidentielle ».

Votre projet en cours, Monsieur Macky Sall, se matérialisant par des salves d’artilleries et par des affrontements d’hommes de troupes commence à démontrer ses conséquences dévastatrices par le dénombrement de morts, de près d’un millier de personnes déplacés et de plusieurs incidents dont les Casamançais avaient enfouies dans leurs souvenirs lointains.

Je me réclame citoyen du monde et particulièrement de la Casamance, cette situation me taraude l’esprit parce que la sécurité de la population civile est un droit imprescriptible qu’il faudra préserver. Pour ce faire, les Casamançais ne veulent pas de vos armes et de votre persécution abusive.

Cette opération militaire, nous n’en voulons pas. Nous exigeons de votre part l’arrêt immédiat des combats et la publication sans délais du contenue des négociations précédentes entre votre gouvernement et le MFDC.

Une reprise du dialogue est souhaitée par toute la population de Casamance et cette fois ci en respectant son droit à l’information et à la participation.

A moins que le Sénégal ne soit une dictature, voilà ce que la Casamance toute entière attend de l’Etat du Sénégal et de votre gouvernement.

Le constat est unanime, cette population du Nord Sindian qui se trouvait dans la joie de vivre en bénéficiant de l’accalmie et d’une relance des activités économiques pendant plus d’une dizaine d’années se retrouve perturbée par cette offensive armée qui a fini de réveiller toutes les horreurs de la crise en Casamance. Non seulement, les populations ayant pour activité principale la récolte des produits agricoles et fruits d’anacardiers se retrouve dans une situation de déplacement en catastrophe sans toit, sans assistance aucune puisque l’Etat du Sénégal ne veut pas admettre leur statut de réfugiés de guerre alors qu’il mène une guerre en Casamance depuis 40 ans.

Votre guerre en Casamance, Monsieur Macky Sall a suscité la fermeture de plus d’une trentaine d’écoles primaires et de deux Collège d’Enseignement Moyen (CEM) à la date du 20 mars 2022. Sept jours après votre opération de sécurisation, le département de Bignona renoue avec les braquages armés et les couvres feu. La Croix rouge Gambienne estime à plus d’un millier les déplacés Casamançais fuyant les combats. En réalité, ces déplacés sont des réfugiés de votre guerre Monsieur Macky Sall. L’Etat du Sénégal qui mène sa guerre en Casamance leur doit assistance et soutien.

Si je cite Marshall ROSEMBERG : « Toute violence est l’expression tragique de besoins inassouvis. Tragique, parce qu’en général, cette façon de faire ne permet pas d’obtenir ce qu’on cherche. Bien au contraire, elle est source de tensions et de problèmes de toutes sortes.». C’est parce que toute vie a besoin de sécurité et d’un libre choix de l’environnement dans lequel elle souhaite évoluer.

Ainsi, l’Etat du Sénégal nous parle de sécurisation de la zone. C’est bien comme discours politique, cependant le résultat sur le terrain démontre le contraire, la Casamance toute entière a été plongé dans une insécurité que seul le dialogue sincère entre les deux belligérants peut résorber.

Au jour d’aujourd’hui, les réfugiés Casamançais en Gambie, ne bénéficient d’aucune assistance venant de l’Etat du Sénégal ni de l’Etat Gambien qui avait pourtant promit un soutien financier et une assistance. Ce traitement est lamentable et indigne d’un Etat respectueux des droits humains.

La seule action constatée sur le terrain a été la visite des représentants de la police des migrations, de l’OMS et du GAFNA pour recenser le nombre de personnes déplacées.  Ajoutons que le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) zone Ouest- africaine basé à Dakar a décidé de confier son rôle d’accompagnement  des réfugiés au GAFNA qui est une ONG Gambienne.

D’ailleurs, depuis fin 2017 sous prétexte que le conflit armé en Casamance est fini, l’Etat du Sénégal refuse de traiter la problématique des réfugiés (8.500 en Gambie et près de 7.000 en Guinée Bissau) de sa guerre en Casamance.

Dès lors, décision a été prise par le HCR d’inviter toute personne déplacée dans le cadre de la guerre en Casamance et installée en Gambie ou en Guinée Bissau de choisir entre le retour en Casamance au Sénégal ou bien de se naturaliser Gambien ou Guinéen.

Union des esprits et des cœurs pour demander la fin de la guerre en Casamance avec une reprise des négociations sérieuses, sincères et prenant en compte les besoins des populations de la Casamance. Le peuple casamançais ne doit pas être l’agneau du sacrifice d’une lutte qui peut être résolue définitivement et de façon durable autour d’une table.

                                                                                                Fait à Dakar le 20 Mars 2022, Amadou Sow étudiant UCAD.

Commentaires fermés.

Une reflexion sur “Les conséquences immédiates de l’expression de la violence des armes dans la résolution du conflit en Casamance

  1. C’est une triste réalité pour ce qui se passe actuellement en Casamance car la paix s’obtient difficilement par les armes.
    Aujourd’hui, la libre circulation des bien et des services sera bientôt contrainte par un probable réactivation des checks points pour dissuader les braquages.
    En tout cas les conséquences sont innombrables.