L’Association des Etudiants pour le Développement de la Casamance (AEDC, KEKENDO), initie pour la troisième fois en deux ans ce lundi 19 novembre 2018, une rencontre avec le Comité Central des Réfugiés Casamançais en Gambie.

Eclaté un 26 Décembre 1982 dans la capitale de la Casamance (Ziguinchor), le conflit armé du Sénégal en terre de Casamance a fait plus d’un millier de victimes directes et des dizaines de milliers de déplacés en Guinée Bissau et en Gambie. Ce Lundi 19 novembre 2018, les étudiants de l’association kekendo ont encore renouvelés leur soutien et leur attachement aux respects des droits des réfugiés du conflit Sénégalais en terre de Casamance en se rendant en Gambie pour évaluer la situation de vie de leurs concitoyens qui; à cause des tueries, des expropriations, des arrestations arbitraires, des kidnapping, des viols et autres, n’ont trouvé de solution que de fuir leur terre natale pour se réfugier en Gambie. le 3 février 2016, UNHCR (Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, basé à Genève, qui est un programme de l’ONU avec pour but originel de protéger les réfugiés, de trouver une « solution durable » à leurs problèmes et de veiller à l’application de la Convention de Genève sur les réfugiés de 1951), a évalué le nombre de réfugiés du conflit armé du Sénégal en Casamance à 7 392 personnes: soit 3 812 de sexe féminin et 3 580 de sexe masculin. dans cette communauté de réfugiés qui vie des conditions atroces, UNHCR dénombre pour le sexe féminin: 441 enfants de 0-4 ans ; 808 enfants de 5-11 ans ; 556 jeunes de 12-17 ans ; 1 782 jeunes et adultes de 18-59 ans et 225 personnes âgées de 60 ans et plus. Pour le sexe masculin, l’UNHCR dénombre 399 enfants de 0-4 ans ; 838 enfants de 5-11 ans ; 558 jeunes de 12-17 ans ; 1512 jeunes et adultes de 18-59 ans et 273 personnes âgées de 60 ans et plus.

selon les membres du comité central des réfugiés du conflit armé du Sénégal en terre de Casamance, le nombre n’est pas exhaustif car beaucoup de leurs camarades ont été victimes de canulars et aujourd’hui, ils ont peur de se faire recenser.

Une de nos sources nous apprend, que vers 1994-1995, il y’avait tout un programme de distribution de riz, huile et couverture; cependant cela s’est estompé très vite car poursuit notre source: « le Sénégal ne veut pas reconnaitre notre statut de réfugié du conflit armé qui perdure jusqu’à nos jours en Casamance ». Pour la première fois en 2006, 63 ménages avaient bénéficié d’un accompagnement de 5000 Dalassi, ce qui équivaut à 100€ pour toute l’année; une distribution de médicament été aussi organisé sans consultation des malades: ce que notre source trouve aberrant.

nous mettons ceci à contribution pour rappeler aux Etats quant-à leurs engagements et leurs obligations devant les réfugiés:

« Les Etats contractants appliqueront les dispositions de cette Convention aux réfugiés sans discrimination quant à la race, la religion ou le pays d’origine… Les Etats … accorderont aux réfugiés sur leur territoire un traitement au moins aussi favorable que celui accordé aux nationaux en ce qui concerne la liberté de pratiquer leur religion … En ce qui concerne le logement, les Etats … accorderont … aux réfugiés … un traitement aussi favorable … que celui qui est accordé, dans les mêmes circonstances, aux étrangers en général. Les Etats contractants accorderont aux réfugiés le même traitement qu’aux nationaux en ce qui concerne l’enseignement … le même traitement en matière d’assistance et de secours publics … le même traitement … en ce qui concerne … : la rémunération …la durée du travail … l’âge d’admission à l’emploi … la sécurité sociale …Tout Etat … accordera aux réfugiés … le droit d’y choisir leur lieu de résidence et d’y circuler librement sous les réserves instituées par la réglementation applicable aux étrangers en général dans les mêmes circonstances … Aucun des Etats … n’expulsera ou ne refoulera … un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques … Les Etats … faciliteront …l’assimilation et la naturalisation des réfugiés… »

–Convention relative au statut des réfugiés,
art. 3, 4, 21, 22, 23, 24, 26, 33 et 34

« Objectifs … : Réduire les pressions qui suscitent des courants de réfugies et de personnes déplacées en s’attaquant aux causes profondes du problème, à tous les niveaux… ; Assurer aux réfugiés une protection et une assistance effectives, en se préoccupant tout particulièrement des besoins des femmes et des enfants réfugies et de leur sécurité physique; … Fournir des services de santé et d’éducation et des services sociaux adéquats aux réfugiés et aux personnes déplacées…; Les gouvernements sont instamment pries de s’attaquer aux causes profondes des courants de réfugiés et de personnes déplacées en prenant les mesures appropriées concernant, en particulier, le règlement des conflits, la promotion de la paix et de la réconciliation; le respect des droits de l’homme … Les gouvernements et toutes les autres entités devraient respecter et garantir le droit de chacun d’être en sécurité chez lui et devraient s’abstenir d’appliquer des politiques ou des pratiques qui forcent les gens a fuir. »

–Programme d’action du Caire, para. 10.22 et 10.23

Depuis 2015, les réfugiés du conflit du Sénégal en Casamance n’ont plus droit à une assistance sanitaire, ni scolaire pour leur communauté et cela sous le regard complice du gouvernement du Sénégal qui ne s’est jamais organisé pour la prise en charge des besoins de nos compatriotes, victimes déplacés du conflit armé du Sénégal en terre de Casamance.

Déjà en 2012, le Président Macky SALL disait, je cite: « je fais de la résolution du conflit armé en Casamance, la primauté de l’action de mon gouvernement ».

Qu’en-est-il de la prise en charge de la situation des réfugiés dans la feuille de route du Président Macky SALL?

Voilà la grande interrogation de la communauté de réfugiés du conflit Sénégalais en terre de Casamance, qui aujourd’hui beigne dans un désespoir total. A la fin de la rencontre, les étudiants se disent engagé à persévérer sur la voie de la construction d’une paix durable en Casamance en allant toujours vers les victimes pour en premiers comprendre leur situation et après, y apporter des solutions soutenables.

Le Président de l’association kekendo, Baboucar BADJI, soutien que : dans le processus de paix en Casamance, les acteurs impliqués, doivent nécessairement intégrer la dimension des déplacés à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Il ajoute, que la question des réfugiés ne doit pas être suspendu en attendant la fin du conflit, c’est une problématique qui se gère au quotidien car cela concerne bien la vie de nos compatriotes.

Nous vous reviendrons prochainement pour plus de détails. Merci et à bientôt.

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