
- Problématique et intérêt du Sujet :
Aménager le territoire, c’est mettre en place une politique cohérente, transversale et très habile d’organisation de l’espace. Il s’agit de constituer un ensemble de dispositif, de techniques, d’actions et d’interventions qui visent à assurer une répartition adéquate de la population, des constructions, des activités économiques et des équipements et infrastructures, tout en tenant compte des contraintes naturelles et anthropiques à leur établissement.
Les différentes politiques d’aménagement du territoire menées au Sénégal depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, n’ont pas donné les résultats attendus. Tandis que, depuis la réforme de 1996, le contexte et les enjeux du développement local ont sensiblement évolué. Si les préoccupations juridico-institutionnelles ont largement dominé les réflexions dans les premières années de la régionalisation en 1996, aujourd’hui d’autres problématiques majeures semblent émerger, particulièrement celles relatives aux défis socio-économiques cruciaux. Métropole d’équilibre et capitale régionale de la partie Sud-Ouest du Pays, Ziguinchor se caractérise par une croissance spatiale très importante induite à la fois par son pouvoir économique et administratif, les difficultés d’un hinterland soumis à la déliquescence agricole et à un conflit armé qui perdure depuis plus de trente-cinq années. La morphologie de la ville présente une opposition entre un quartier central (Escale) monopolisant toutes les activités économiques et administratives et des quartiers périphériques créés souvent sans respect des normes urbanistiques. L’expansion spatiale se heurte à des contraintes physico-géographiques très marquées puisque Ziguinchor est située dans une cuvette étranglée par le fleuve Casamance au Nord et des Zones marécageuses respectivement à l’Est (marigot de Boutoute) et à l’Ouest (marigot de Djibélor). Seule la partie Sud, forestière présente théoriquement des possibilités d’extension.
Alors que l’urbanisation croissante des territoires reste un phénomène majeur dans les pays en développement, il est plus que jamais nécessaire d’y assurer les conditions d’un développement urbain durable et harmonieux. Au nombre de ces conditions, l’assainissement, la gestion des déchets liquides et solides produits par les villes joue un rôle central : en dépendent à la fois l’amélioration des conditions de vie des populations (leur bien-être) et la protection de l’environnement. Ajoutons aussi pour le cas bien précis de notre étude: la mise en place d’un réseau d’évacuation des eaux pluviales car cela pourrait mieux aider à lutter contre les inondations en période d’hivernage mais aussi à éviter la stagnation des eaux de pluies, espaces propices à la prolifération des moustiques: vecteur du paludisme. Au cours de ce XXIe siècle, la protection de l’environnement est devenue un enjeu majeur, en même temps que s’imposait l’idée de sa dégradation à la fois globale et locale, à cause des activités humaines polluantes. La préservation de l’environnement a occupé une place de choix parmi les trois piliers du développement durable, considéré par l’ONU comme « crucial pour la réussite des autres objectifs énoncé dans la déclaration du Sommet du Millénaire ».
Aujourd’hui l’accès à l’eau et à l’assainissement est devenu une préoccupation majeure pour les gouvernements. En effet, « l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est un droit de l’Homme essentiel à la pleine jouissance de la vie », au même titre que le droit à l’alimentation ou à la santé. En dépit de cette reconnaissance du droit à l’eau par l’ONU en juillet 2010 et des progrès réalisés, la situation demeure déplorable : près de 800 millions de personnes n’ont pas accès à une source d’eau améliorée et 2,5 milliards sont privées de services élémentaires comme les toilettes ou les latrines. Près de 80% de la population mondiale habite des régions où la sécurité de l’eau est compromise et chaque année, plus d’un (1) million d’enfants meurent suite à des maladies diarrhéiques.
Mettre en place une gestion efficace des ressources hydriques et des services d’assainissement, c’est générer un impact considérable sur le développement, notamment en termes de santé, d’agriculture, d’élevage, etc. La pénurie d’eau et le manque d’assainissement de base sont un frein considérable à l’évolution d’une société et rendent encore plus vulnérables les populations pauvres surtout dans les centres urbains. En septembre 2000, lors de la 55ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, les États se sont engagés à « réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a ni accès à une source d’approvisionnement en eau potable ni à des services d’assainissement de base », dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Cet engagement devait être respecté, pour que chacun puisse bénéficier de conditions de vie respectueuses des droits de l’Homme. En 2015, dans la définition des Objectifs du Développement Durable (ODD) : Les objectifs de développement durable sont un appel à l’action de tous les pays – pauvres, riches et à revenu intermédiaire – afin de promouvoir la prospérité tout en protégeant la planète. Ils reconnaissent que mettre fin à la pauvreté doit aller de pair avec des stratégies qui développent la croissance économique et répondent à une série de besoins sociaux, notamment l’éducation, la santé, la protection sociale et les possibilités d’emploi, tout en luttant contre le changement climatique et la protection de l’environnement.
2 Les Objectifs du millénaire pour le développement, et les cibles qui y sont associées, sont dérivés de la Déclaration du millénaire qu’ont signée 189 pays, dont 147 représentés par leur Chef d’Etat, en septembre 2000 (www.un.org/french/documents/ga/res/55/a55r002f.pdf -A/RES/55/2). Les objectifs et cibles sont interdépendants et doivent être considérés comme un tout. Ils représentent un partenariat entre les pays en développement et les pays développés, tous résolus, comme il est dit dans la Déclaration du millénaire, à « créer — aux niveaux tant national que mondial — un climat propice au développement et à l’élimination de la pauvreté ».
Les rares centres urbains dotés de plans d’urbanisme avant 1960 étaient Dakar, Saint-Louis et Rufisque. Les autres localités devaient leur aménagement, si tant est-il qu’il existait des administrateurs avisés. Lat Soucabé Mbow, Les politiques urbaines : gestion et aménagement /p. 213/, la question de l’eau et de l’assainissement a été pointée à l’objectif 6 (six) parmi les dix-sept.
Deux raisons principales président à la mise en œuvre de services d’assainissement : éviter les maladies et protéger l’environnement des pollutions. À l’heure où 2,4 milliards de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès à des toilettes et où une large majorité des eaux usées sont rejetées sans traitement dans la nature, les risques sanitaires (diarrhées, choléra, etc.) et environnementaux (pollution de la ressource ou encore destruction de la biodiversité) sont très importants.
Aujourd’hui, dans de nombreuses agglomérations des pays en développement, la situation en matière d’assainissement et d’élimination des déchets solides est cependant critique, et tend parfois même à se dégrader dans un contexte d’urbanisation croissante et non maitrisée.
Au Sénégal, les lois de la décentralisation (96-06 et 96-07) ont transféré aux collectivités locales neuf (9) domaines de compétences par la loi 96-07. Il s’agit de l’éducation, la santé, population et action sociale, la planification, l’aménagement du territoire, les domaines, l’urbanisme et habitat, la culture, la jeunesse, sports et loisirs et l’environnement et la gestion des ressources naturelles.
Parmi lesquelles: la responsabilité de la gestion des déchets alors que ces dernières rencontrent d’importantes difficultés pour assurer ce service et offrir un cadre de vie épanoui aux populations. Toutefois, certaines dispositions du code des collectivités locales rappellent que « tout transfert de compétence à une collectivité doit être accompagné du transfert concomitant par l’Etat à celle-ci, des ressources et moyens nécessaires à l’exercice normal de cette compétence ».
La Région de Ziguinchor avec sa population grandissante estimée à 621 171 htbts dont 318 925 Hommes et 621 174 Femmes en 2017 est complètement dépourvue d’un réseau d’assainissement pour eaux usées. Il existe par contre un réseau de drainage des eaux pluviales en très mauvaise état du fait de certaines pratiques populaires qui consistent à en faire des poubelles à ciel ouvert. Le réseau d’assainissement est limité dans la ville de Ziguinchor, au quartier du port, tandis que les eaux pluviales des autres quartiers se déversent dans un canal naturel qui traverse la ville. Un canal en béton, à l’état actuel très dégradé, a été réalisé, il y a plusieurs années. Les eaux usées en différents endroits sont souvent déversées dans le réseau des eaux pluviales, ce qui provoque de graves problèmes d’insalubrité dues aussi bien aux stagnations locales qu’au déversement direct dans la partie du fleuve en face de la ville. En effet, l’occupation progressive du terrain n’ayant pas bénéficié de mesure d’accompagnement du plan d’urbanisation, il s’avère nécessaire d’améliorer les conditions d’écoulement des eaux tombées à l’intérieur de la ville par un réseau de collecte.
La mobilisation de la communauté internationale sur cet enjeu ne fait pas de doute. Elle s’est exprimée notamment dans les engagements pris en 2002 au Sommet mondial du développement durable à Johannesburg, où les objectifs de développement du millénaire ont été confirmés et complétés.
Né de la prise de conscience collective de la fragilité de la planète, le développement durable est un enjeu de ce nouveau siècle. Il renvoie à la capacité de nos sociétés humaines à satisfaire leurs besoins présents sans compromettre ceux des générations futures. Il questionne des modèles de développement promus par les pays du Nord qui sont à l’origine d’avancées technologiques fondamentales mais aussi de graves problèmes écologiques et renvoie à de nouvelles interrogations sur la manière d’organiser la maîtrise des évolutions et des interactions complexes qui existent entre l’homme, les activités de production et d’échange qu’il a su générer, et les ressources naturelles, qui sont limitées. Toutefois, si des expériences concrètes et prometteuses sont conduites dans diverses villes, elles restent limitées et leurs enseignements ne font pas l’objet d’une diffusion à grande échelle, condition nécessaire d’une amélioration significative de la situation.
Pour atteindre nos objectifs concernant cette thèse, nous adopterons la démarche hypothético-déductive dont le point de départ est, pour un problème posé la formulation d’une théorie explicative à partir de postulats. Par déduction, on recherche les conséquences théoriques et un modèle explicatif est proposé. Une phase de confrontation vérification du modèle à la réalité permet de vérifier s’il existe une bonne conformité ou concordance entre les deux. Si c’est le cas, cela permet d’énoncer une loi générale qui répondrait au problème. Cette phase de confrontation peut également permettre de repérer des écarts ou différences. Dans ce cas, on propose une modification du modèle. Le but de cette modification est d’intégrer ces écarts. Cela passe par la prise en compte d’autres paramètres qui affinent le modèle. Nous y associerons la MARP qui est une méthode de diagnostic basée sur: une approche participative, permettant l’association active et responsable des populations. Une volonté d’intégrer la dimension participation des populations aux politiques de développement urbain et semi urbain dans la commune de Ziguinchor.
Ce travail repose sur plusieurs notions clés. L’aménagement du territoire sera abordé dans une vision globale par l’étude des activités et pratiques de l’homme sur les évolutions de son milieu. La décentralisation constituera une entrée pour mieux appréhendé le changement de paradigme dans la mode de gouvernance et de gestion de la question de l’assainissement à travers le transfert de compétences. L’assainissement qui est une démarche visant à améliorer la situation sanitaire globale de l’environnement dans ses différents composants. Il comprend la collecte, le traitement et l’évacuation des déchets liquides et l’évacuation des déchets liquides, des déchets solides et des excréments. Les déchets sont des objets ou des substances ayant subis une altération physique ou chimique, ou qui ne présente plus d’utilité et/ou qui est destiné à l’élimination ou au recyclage.
Tres intéressant sa ma permi de comprendre l’aménagement du territoir et la gestion des dechets
Force à toi.le sujet d’étude est très pertinent et bien élucidé pour une première partie.
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