Pour une cohésion nationale, un respect de la dignité de chaque citoyen et une équité territoriale, l’Etat du Sénégal doit revoir sa politique en Casamance.
Beaucoup diront que tout a été dit il y’a de cela des décennies et d’ailleurs, dans ce sujet précis, d’autre penserons que nous ne faisons que répéter. Cependant, la répétition est pédagogique et permet une mise au point à chaque fois que le besoin se fait sentir.
Le cas actuel de Cap Skiring m’interpelle (une jeunesse soucieuse de son bien-être qui après avoir vécu une situation périlleuse “sans assainissement et sans réseau efficace de distribution d’eau potable” pendant des années, dans un territoire pilier du développement touristique au Sénégal, s’organise pour demander de la part de l’Etat, beaucoup plus de considération trouve sur son chemin une armada des forces de l’ordre qui finira par imposer le désordre et semer le chaos. Ce sujet m’interpelle autant que tous les citoyens de mon pays et j’en arrive à dire que l’Etat du Sénégal doit revoir sa politique en Casamance.
Tout a été dit, Dieu sait que je ne ferais que répéter. Et je ne saurais tout répéter. J’écris juste pour compatir et me solidariser avec la jeunesse de Cap Skiring et dire à nos autorités : plus de considération pour la population de Casamance.
Comme un sort d’oubli ou un manque de considération jeté sur la Casamance. Les besoins et les sentiments réels de la population de Casamance ont toujours été mal compris. Le traitement erroné réservé depuis la période des indépendances n’a pas servi à grand-chose. Si ce n’est qu’une opposition féroce par rapport à l’indépendance de ce territoire. Cependant, il n’y a pas jusqu’ici une politique sérieuse dans le sens de son épanouissement dans un Sénégal pluriel.
J’y reviendrai parce que maintenant, les mots ne devraient plus constituer des murs à l’union de nos peuples et au développement de tous.
Au-delà de l’Etat, toutes les autorités administratives, politiques et les populations ont l’obligation de revoir leurs méthodes, leurs démarches. Partons sur le simple fait de l’observation des faits par séquence de 20 ans depuis les indépendances de 1960.
De 1960 à 1982, la gestion d’une marche pacifique conduit à un irrédentisme sans précédent. De 1982 à 2000 une gestion de crise inachevée. De 2000 jusqu’à nos jours, nous avons connu la tragédie du bateau Diola. On ne parle plus de la résolution de la crise. L’armée essaime ses cantonnements dans les villages de Casamance et provoque la panique des populations et la réaction des combattants du MFDC avec pour résultat: la reprise des affrontements.
Un besoin de savoir où en sommes-nous avec l’avancement du dossier de la tuerie de Boffa Bayott et de l’assassinat de Abdou Elinkine. Enfin comment l’or de Sabadola est exploité sur le dos des populations et comment le zircon de Gnafourang devrait être exploité, le bois de teck et les dérapages récents des policiers à Ziguinchor et à Sédhiou.
Où sont les Casamançaises et Casamançais ?
Autant d’interrogations pour tous les Sénégalaises et Sénégalais, mais précisément à la jeunesse de tout bord. Aux autorités locales, elles devraient s’apercevoir que leurs rôles vont maintenant au-delà de la représentation du parti au pouvoir. Mais plutôt, à la prise en charge des besoins réels des populations. Et vouloir prendre les forces de l’ordre comme bouclier ne marchera plus.
Chers gouvernants, ce n’est pas avec la force que l’on parviendra à organiser la société de nos jours.
La Casamance est un territoire où le respect et le dialogue véridique te hisse au sommet de la reconnaissance et au cœur de la sacralité de l’Hommes.
Comment est-ce qu’un maire de Cap Skiring, avec toute sa réputation touristique peut concevoir que sa population n’ait pas accès à l’eau potable. Si aujourd’hui, les forces de l’ordre tirent à balle réelle sur des manifestants pacifiques, qui demandent le minimum pour assurer leur vie, il y’a problème Monsieur le Président de la République .
Je manifeste toute ma solidarité et celle de toute la jeunesse Casamançaise à l’endroit des jeunes de Cap Skiring. Vous avez droit à l’eau potable pour votre vie et pour faire face à cette pandémie.
CAP FONDINKEL AL WILI…
ATIJAMIIT A POYOUL!!!
Ibrahima Khalil Sané SG du KEKENDO
Merci kekendo…
Merci à vous🤗