La deuxième alternance politique dans l’histoire de la République du Sénégal était porteuse de grands espoirs de changement auprès des populations, surtout de la jeunesse qui avait participé activement et massivement à ce renouveau. Elle s’est produite suite à une mobilisation citoyenne importante et diversifiée contre une réforme constitutionnelle visant à biaiser les règles démocratiques du jeu politique au Sénégal.

Le vote de l’électeur de 2012 a reflété une volonté de changer les modes de gouvernance du pays et une demande d’un développement plus équitable au bénéfice de toute la population. Ce rejet massif du système de gouvernance du passé s’explique par le bilan plutôt sobre du Sénégal en matière de développement (équité territoriale, emploi des jeunes, adéquation formation et offre emploi, mise en place de mécanismes favorisant le déploiement du secteur privé…).
Cependant, acceptons le fait qu’il y avait une présence de citoyens variés dans les différentes instances de gouvernance et riches d’une diversité ethnique et culturelle assumée. Le pays pouvait se vanter d’avoir su construire et maintenir une culture démocratique lui permettant de demeurer un pôle de stabilité dans une région secouée par des conflits. D’ailleurs, Une nation est une âme, un principe spirituel […], c’est l’aboutissement d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements ; avoir des gloires et des revers communes dans le passé, une volonté commune dans le présent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour prétendre être un peuple et nous les avons tous remplies.
Dès son avènement au pouvoir, la nouvelle équipe dirigeante a voulu porter clairement cet espoir de changement. Elle a donné des signaux forts en termes d’amélioration de la gestion des affaires publiques, comme la diminution de la taille du gouvernement, l’amorce de la réduction du nombre d’agences, la réalisation d’audits des organismes publics, l’adoption d’une loi créant un Office national Anti- Corruption (OFNAC), l’activation de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (et la préparation de son évolution vers une Cour de répression du crime économique et financier), ainsi que l’adoption de la loi transposant le Code de transparence des finances publiques de l’UEMOA et de la loi portant réforme de la Cour des Comptes.
Les dispositions prises par le gouvernement pour la campagne arachidière et pour la relance de la production agricole visant l’auto-suffisance alimentaire (toujours absente), les discussions en cours sur les prix de denrées de base visant à réguler le marché (insoutenable pour la plupart des ménages), et les annonces faites pour une renégociation et une transparence des contrats miniers (toujours opaques) sont autant de signaux donnés par les autorités de leur souci de plus grande justice sociale.
Aujourd’hui après s’être battu pour consolider cet acquis, au lieu de décroitre au fur et à mesure que la démocratisation s’approfondit, le phénomène de recul causé par le clientélisme politique installé depuis les premières heures de la république, s’est accentué pour aboutir sous le régime de Macky Sall dès 2013 à un système politique où le pouvoir est incarné exclusivement par le Président de la République qui concentre les pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire.
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Les responsabilités (ministres, directeurs généraux, commandement territorial et autres) sont partagées entre les amis, parents et militants du Président pour qu’ils puissent s’enrichir et redistribuer une partie pour entretenir la clientèle mobilisable pour gagner les élections et conserver le pouvoir. Cela, plombe l’espoir de tout un peuple et remet en cause, le principe fondamental de l’État qui est de veiller à la cohésion nationale en garantissant les mêmes droits à tous les citoyens quelques soient leur appartenance, ethnique, religieuse, politique, etc.
Aujourd’hui, l’État est perçu comme confus, peu accessible, loin des citoyens, trop règlementaire sans pour autant que ceux qui l’incarne et leurs partisans ne s’y inscrivent. Le président de la République ne fait que renoncer à ses obligations et donne l’impression qu’il méprise le peuple. Une crise de confiance envers l’État, dont les citoyens trouvent qu’il n’assure plus efficacement l’éducation, la justice, la sécurité, la santé, en somme: l’amélioration des conditions de vie, de travail et d’épanouissement. Pire Macky Sall assume devant l’opinion nationale et internationale sa posture de filouter ouvertement le peuple « wax waxett[1] ».
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Le désespoir des jeunes face au chômage s’accentue ainsi que le manque de perspectives (Barça ou barssak),

l’exclusion sociale est à son comble jusque dans les universités, les corps d’armés, la magistrature…, la détérioration généralisée du pouvoir d’achat et l’accroissement des inégalités entre ruraux et citadins mais aussi entre militants du Président et le reste des Sénégalais, la déperdition scolaire dans les cycles inférieurs, l’échec des politiques d’enseignement supérieur face à l’envie de la jeunesse de se former et d’être qualifiée (de Diouf Sarr à Maguette Sène, les étudiants de l’UCAD ont été plongés délibérément par ces directeurs dans des clivages politiques et ethnique insolites et violents »homicide d’un membre du kekendo à l’UCAD » , écartant ces derniers de leur vocation : construire un savoir et participer à l’éveil des consciences par la culture de l’esprit critique). Toutes ces sources de frustration et de conflits potentiels sont alimentées au quotidien par un manque de vision cohérente au sommet de l’État.
Quelle est la volonté et la capacité réelle de la nouvelle équipe de rompre avec les pratiques du passé et d’adopter une démarche plus développementale ?
Voilà une des questions majeures que l’étude indépendante réalisée pour le compte de la Délégation de l’Union européenne au Sénégal, pilotée par Jean Bossuyt (ECDPM) et Ismaila Madior Fall (CREDILA) s’est posée en juillet 2013.
Aujourd’hui la réponse est claire, avec toutes ces violations des droits humains et du citoyen par le Président Macky Sall :
- Hold-up électoraux (système de parrainage anticonstitutionnelle, filtrage des électeurs, autorité de surveillance des élections embrigadée) ;
- Arrestations arbitraires de masse : plus de 300 détenus politiques en moins d’un mois ;
- Exécutions extrajudiciaires légitimés : Fulbert Sambou, Didier Badji, François Mancabou;
- Assassinats de manifestants : Moussa Dramé 35 ans Ndoffane, Alassane Barry 17 ans Dakar, Famara Goudiaby20 ans Bignona, Cheikh Wade 20 ans Dakar, Pape Sidy Ndiagne 20 ans Keur Massar, Mansour Thiam 20 ans Dakar, Cheikh Coly 20 ans Bignona, Baye Cheikh Diop 17 ans Yeumbeul, Sadio Camara 18 ans Diaobé, Bounama Sympa Sagna 12 ans Bignona, Chérif Abdoulaye Mané 18 ans Bignona, Cheikhouna Ndiaye 22 ans Dakar, Massiré Gueye 15 ans Diamaguène, Korka Ba Bignona ;

- Intensification de la torture des citoyens au travers de l’impunité accordée aux forces de défense et de sécurité (aucune enquête n’est diligenté à ce jour pour que la lumière jaillisse sur les assassinats)
- Création de milices armées par le gouvernement et qui opère avec impunité aux côtés des forces de défense et de sécurité

- Promotion de la délinquance (multirécidiviste élargie de prison et opérant en plein jour dans l’impunité totale), du trafic en tout genre (faux billets de banque « député de la république membre de la mouvance présidentielle », drogue « membres du gouvernement selon Moustapha Cissé Lo », passeports diplomatiques « députés de la République membre de la mouvance présidentielle », pratique illégale de la médecine « membre de la mouvance présidentielle », patrimonialisation des richesses du pays (Aliou Sall frère du président Macky Sall dans l’affaire pétro Tim, Mansour Faye beau-frère du président Macky Sall dans la gestion nébuleuse des fonds dédiés à la lutte contre la Covid 19, Marième Faye Sall femme du président Macky Sall dans la gestion opaque d’une fondation qui se sert du Sénégal…)
- Promotion de mécanismes judicaires non commodes et digne d’une dictature (criminaliser la liberté d’opinion et d’association, mandat de dépôt – retour de parquet sans notification préalable du juste motif d’arrestation, usage abusive de la liberté provisoire, obligation de porter le bracelet électronique sans condamnation préalable…)
Le recul de la démocratie et de la bonne gouvernance, le manque de transparence dans la gestion des affaires, l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques sont le maitre mot de la gouvernance de Macky Sall.
Au Sénégal, les coalitions au pouvoir ont globalement eu la tendance à suivre une trajectoire cherchant à combiner enrichissement privé au détriment du bien public, d’un côté, et survie politique de l’autre. Les deux logiques sont intimement liées, propos soutenu par Abdou Latif Coulibaly qui aujourd’hui, se trouve au cœur de ce partage d’intérêts dans une mouvance présidentielle composée en grande partie, de politiciens sans aucune ambition pour le peuple.
Abondant dans le même sens que, Momar- Coumba Diop qui estimait que les élites, sous Abdou Diouf comme sous Abdoulaye Wade, n’ont pas pu sortir des « pratiques politiques et sociales héritées de l’époque Senghorien », l’analyse de la gouvernance sous Macky Sall montre que rien n’a changé, au contraire les pratiques ont été amplifiées et les hommes plus cyniques, impertinents.
Depuis la crise de 1962, le personnel qui dirige le Sénégal, ne s’intéresse pas, fondamentalement… au développement des forces productives de ce pays. Son souci de premier rang, réside dans le perfectionnement des « combines » lui permettant de conserver le pouvoir et de s’enrichir. Telle est, la situation actuelle, un affinement des méthodes, pratiques et mécanismes servant des intérêts politiques à impacts négatifs non défini dans le temps et dans l’espace.
Pour l’équipe gouvernementale de Macky Sall, du moins pour la vision du Président soutenue par ses acolytes, nous notons un grand banditisme d’État et le peuple Sénégalais a le devoir de recouvrer sa République, son État, et sa Démocratie.

Notre DIGNITÉ D’HOMME, nous la devons à NOTRE CRÉATEUR, ne laissons personne nous la confisquer.
[1] Escroquer