78e Session de l’Assemblée Générale des Nations Unies: discours de Monsieur Bassolma Bazie, Ministre d’État, ministre de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale

Excellence Monsieur le Président de la 78e Session de l’Assemblée Générale des Nations Unies ;

Excellence Monsieur le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies ;

Distinguées personnalités ;

Au nom de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président de la Transition, Chef de l’État, recevez les salutations fraternelles du Peuple et du Gouvernement du Burkina Faso.

Au nom du Peuple Burkinabé, je m’incline Respectueusement sur la mémoire des grands leaders dans le monde qui ont fait rêver et espérer d’une société humaine juste et équitable à travers leur engagement, détermination et esprit de sacrifice. Je cite notamment :

Fidèle CASTRO de Cuba, Patrice Emery Lumumba du Congo, Kwamé N’Nkrumah du Ghana, Modibo KEITA du Mali, Ruben Um Nyobé et Félix Moumié du Cameroun, Sylvanius OLYMPIO du TOGO, Che Guevara de l’Argentine, Martin Luther King et Malcolm X des États-Unis d’Amérique, Nelson Mandela de l’Afrique du Sud, Jomo Kenyatta du Kenya, Amilcar Cabral de la Guinée Bissau et des îles de Cap Vert, Marien Ngouabi du Congo Brazzaville, Le Capitaine Noël Isidore Thomas SANKARA du Burkina Faso, Etc.

Ces leaders ont été pour la plupart, exécutés de façon violente, et d’autres, assassinés à travers le feu des prisons et des empoisonnements. Leur seul crime a été pour chacun d’eux l’incarnation des rêves, des ambitions, de l’espoir des peuples meurtris, violés, violentés et pillés !

Monsieur le Président;

Ma présence à cette tribune Honorable des Nations Unies, au nom du Burkina Faso, Pays des Hommes intègres, n’est pas pour ériger des murs de lamentations. Je ne suis pas non plus là pour vous livrer un discours de convenance. Mais j’ai été plutôt mandaté en sacrifice pour vous dire que le mensonge d’État, l’hypocrisie diplomatique, la boulimie du pouvoir, la recherche effrénée du gain, l’esprit démoniaque de domination et d’exploitation de l’Homme par l’Homme sont les vraies plaies qui gangrènent notre vivre ensemble et font courir toute la société à sa perte, y compris donc notre organisation, l’ONU.

Son Excellence Monsieur Antonio Guterres, Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) ;

Son Excellence Monsieur Joe Biden, Président des Etats-Unis ;

Son Excellence Monsieur Dennis Francis, Représentant permanent de la Trinité-et-Tobago auprès des Nations-Unies, élu Président de la 78è Session de l’Assemblée Générale ;

Son Excellence Monsieur Luiz Inacio Lula daSilva, Président de la République fédérative du Brésil.

Permettez-moi de reprendre ici des parties de vos discours respectifs prononcés à cette même tribune à l’ouverture de cette 78e session :

Primo : « Nous sommes dans un monde sens dessus dessous ! Des cadavres jonchent les plages où des milliardaires se prélassent » ;

Secundo : « Nous sommes à la croisée des chemins. Nous avons une cause commune à savoir, léguer à nos enfants un monde avec un bon climat social. » ; Tertio : « Malgré les difficultés, nous pouvons nous en sortir ; ce ne sont pas les capacités qui manquent mais la volonté politique. Si non, nous pouvons apporter le progrès et la paix pour tous » ;

Quarto : « Il y a dissonance entre les discours et les pratiques, les faits. Le Conseil de Sécurité de l’ONU est paralysé. L’ONU doit assumer ses fonctions d’un monde solidaire et équitable conformément aux principes édictés dans la Charte. Cela suppose qu’on ait le courage de lutter contre les inégalités ». La quintessence des expressions de ces quatre hautes personnalités signifie clairement que les inégalités dans le monde sont voulues, si non qu’avec un minimum de courage et de volonté politiques nous pouvons, à défaut de les éradiquer, les amenuiser à leur congrue expression !

En effet, chaque année les discours pleuvent au même titre que les promesses et engagements. Les preuves de la dissonance entre les discours et les faits sur ces questions de principes contenus dans la Charte de l’ONU dont la justice, l’égalité, la dignité, l’intégrité, le droit à l’autodétermination, la souveraineté des États, l’inviolabilité du territoire et le respect du droit international sont ce qui se passe en Libye, dans le Sahel (précisément sur le Niger) et sur la crise entre la Russie et l’Ukraine.

D’abord, en Libye, suite à cette catastrophe diluvienne, des milliers de vies ont été fauchées. Pour badigeonner nos consciences de tranquillité transparente, chaque Nation se précipite pour présenter sa compassion, sa solidarité. C’est certes pour donner l’impression que nous vivons en société et que nous défendons des valeurs. L’honnêteté intellectuelle recommande et l’histoire des consciences nous reflètent que nous devons présenter nos sincères excuses au peuple Libyen pour avoir été, collectivement et individuellement, par passivité condamnable ou par complicité active et inacceptable, aux côtés des bourreaux qui ont été la première catastrophe anthropique en Libye.

C’est cette catastrophe qui a mis la Libye à genoux en la saccageant et tuant son guide, avant que les eaux du déluge ne viennent l’endeuiller davantage. Et malheureusement, à la tête de cette catastrophe humaine étaient l’ONU sous la résolution 19-70 et le silence coupable voire la complicité de la CEDEAO et de l’Union Africaine. Cette macabre intervention, avec la France de Nicolas SARKOZY en tête, a liquidé le guide libyen le Colonel Mouammar Kadhafi, le 20 octobre 2011. Si les condoléances au peuple Libyen avaient un minimum de bon sens et sans hypocrisie, cette diplomatie macabre n’aurait jamais lieu autour du cas du Niger pour y créer une Libye bis.

Ensuite, pour preuves que les relations internationales sont teintées d’une haute hypocrisie diplomatique dénudée de conscience, de morale, de dignité, d’intégrité, de justice donc de paix, ce sont encore les mêmes gesticulations dans un alignement scandaleusement mortifère qui s’agitent comme des fauves autour de leur proie blessée pour la dévorer.  Aujourd’hui, nous avons fait le constat malheureux que contrairement aux discours de profession de bonne foi prononcés à cette haute tribune de l’ONU invitant au respect de la charte de l’ONU et du droit international, les dirigeants représentant le peuple frère du Niger ont été pratiquement interdits d’accès au siège des Nations Unies.

Le Burkina Faso condamne fermement cette manœuvre sordide qui relève de pratiques moyenâgeuses. Cela ne peut évidemment se faire que par des esprits en perte de valeur essentielle pour toute vie harmonieuse en société. Du communiqué lu par les autorités du Niger, il ressort que la France, de connivence avec le secrétariat général de l’ONU sont à la base de cette situation inqualifiable. De ce fait, nous renchérissons pour dire que l’ONU ne doit en aucun cas être un instrument dans les mains d’un quelconque pays, fut-il la France.

Les leaders panafricanistes qui se sont battus pour l’unité africaine, nos grands-parents qui sont tombés dignement sous les balles assassines des colons, les dignes fils africains qui se sont sacrifiés pour l’honneur sur le continent et qui ont lutté férocement contre la traître négrière et le néocolonialisme ont eu leur sommeil de guerriers perturbé pour avoir entendu qu’une poignée d’enfants égarés de l’Afrique tiennent le Niger tel une boule de coton à l’envahisseur afin qu’il y mette le feu. Oui, cher Continent Africain, une poignée de tes enfants a décidé de t’humilier et de te vilipender à travers le mensonge éhonté d’État en commençant par le Niger. Par conséquent, je lance un appel vibrant et solennel aux peuples Sénégalais, Béninois, Nigérian, Ghanéen, Tchadien, Ivoirien, Comorien, Bissao-Guinéen et tous les peuples d’Afrique à se mobiliser davantage dans la fraternité et la solidarité africaine afin d’éviter que les impérialistes mettent le feu au Niger comme le cas de la Libye.

Monsieur le Président de la 78e Session de l’Assemblée Générale ;

Monsieur le Secrétaire Général de l’ONU ;

Distinguées personnalités en vos grades, titres et rangs respectifs ;

J’insiste à cette tribune de l’ONU et devant le monde entier que la CEDEAO, l’Union africaine et l’ONU doivent       impérativement se muer en des organisations véritables des peuples en lieu et place de structures d’une minorité de Chefs d’État. Elles ne doivent pas être utilisées et instrumentalisées pour déstabiliser des Pays frères en assassinant leurs leaders. Ce n’est qu’à ce prix que la Charte de l’ONU et le droit international auront un sens !

Enfin, parlant de la Charte de l’ONU et du Droit international, un conflit entre la Russie et l’Ukraine est entretenue et voulue par certaines autres puissances.

Ainsi, plusieurs Pays occidentaux notamment les États-Unis et l’Union Européenne y ont déversé toute sorte de soutiens notamment militaires. Les populations civiles ukrainiennes engagées comme volontaires dont certains pilotent mêmes des chars sont félicitées et traitées de patriotes.

Le Mali, le Niger et le Burkina Faso font face à une guerre qui leur a été imposée par l’impérialisme sous le couvert de terroristes de tous acabits (AQMI, DAESH, JNIM, etc.) semant terreur et désolation.

Malgré l’existence de cette même Charte des Nations Unies avec ses principes d’égalité, de justice d’une part et d’autre part du même droit international invoqué à cette tribune de l’ONU, il y a nettement un fossé abyssal dans le traitement des questions. En effet :

Prenant le cas du Burkina Faso, les populations civiles face aux incursions barbares et meurtrières des terroristes ont décidé de s’engager aux côtés des Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Ces populations ainsi engagées, formées et encadrées par les FDS sont appelées des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP). Ainsi, au Burkina Faso, nous avons 58 000 VDP dont 42 000 DP Communaux et 16 000 VDP     Nationaux qui combattent sur tous les fronts aux côtés des FDS, formés-encadrés-orientés par elles. Celles-ci n’agissent que sur instruction et surveillance des FDS et conformément à des textes réglementaires en vue de protéger leurs vies et leurs biens. Ce sont ces Patriotes que certains chefs d’État de la CEDEAO et de l’Union Africaine, sur instrumentalisation de puissances impérialistes capitalistes, tentent de faire croire à la Communauté internationale que ce sont des milices : c’est cela le mensonge éhonté d’État !

Monsieur le Président ;

Si la communauté internationale était honnête et sincère dans son engagement contre le terrorisme, il ne perdurerait point de sorte à ce que des populations civiles s’engagent et se forment pour assurer leurs propres défenses. Parlant d’un manque de franchise de cette Communauté internationale, voici des exemples :

Premièrement, lorsque le Mali, le Burkina Faso, le Niger et d’autres pays se sont organisés sur leurs frontières communes en mutualisant leurs forces pour faire face au terrorisme, la France est venue de nulle part imposer son instrument qu’est le G5 Sahel. Aujourd’hui, la CEDEAO qui a subitement une force d’intervention pour rétablir des démocraties a annoncé un apport de 2 milliards de dollars US. Mais de la création de cette G5 Sahel jusqu’à sa propre vaporisation, cette CEDEAO n’a pu débourser que 25 millions de dollars US. Où est donc le sérieux dans la défense des vies humaines prônée par la Déclaration universelle des droits de l’Homme et des Peuples.

Deuxièmement, le Burkina Faso subit des sanctions cyniques suite au coup d’État du 30 septembre 2022. Cette nébuleuse dite Communauté internationale, sous l’impulsion de la France qui est passée par ses valets locaux en Afrique a tenté d’abord de faire nommer un Premier ministre au Burkina Faso en vain, ensuite ils sont passés à l’imposition de ministres dans des postes stratégiques au sein du Gouvernement Burkinabè en vain et enfin ils ont négocié le maintien des relations afin que le Capitaine Ibrahim TRAORE mette en œuvre tout ce qu’ils décideront, condition sine qua non d’une durée à souhait au pouvoir. L’ayant aussi refusé au nom de l’intérêt supérieur de son Peuple, une avalanche de mesures répressives, de menaces, de tentatives de coups d’État, manœuvres immorales sont en élaboration dans des laboratoires criminels. Et malheureusement, toutes ces manœuvres et missions macabres sont pilotées en marionnettes téléguidés par des personnages de couloirs présidentiels africains.

C’est ainsi que même cette fameuse initiative d’Accra sans le Mali n’a pas fait long feu.

Troisièmement, en plus des coupures d’aides, d’annulation de conventions de formations de nos Forces de Défenses et de Sécurité (FDS), nous assistons au blocage de notre matériel militaire commandé avec la sueur de nos compatriotes, toujours sous l’impulsion de la France.

En exemple, pour les vecteurs aériens nécessaires pour le contrôle et la défense du territoire, nous avons eu un contrat avec le Brésil dont la Licence d’Arme devait provenir de la Belgique, et le système de Navigation et de Tir ainsi que des Cameras des États-Unis d’Amérique, puis un Moteur du Canada.

Ces moyens sont aujourd’hui fallacieusement et cyniquement bloqués. Vous parlez de Défense de Droits Humains à cette tribune de l’ONU, je vous invite donc à nous livrer incessamment nos Armes pour la défense et la protection de nos populations meurtries. En tout état de cause, vous êtes solennellement saisis et si rien n’est fait, l’histoire vous tiendra responsable de non-assistance à personnes en danger !

Monsieur le Président de l’Assemblée Générale ;

Monsieur le Secrétaire Général de l’ONU ;

Chères personnalités dotées toujours d’un minimum de bon sens ;

Ce tableau peu reluisant de cette communauté internationale caractérisé par la non-assistance à État en proie au terrorisme, l’hypocrisie internationale, la suprématie de quelques puissances au sein de l’ONU, la complicité au pillage de l’Afrique, etc. ne commande-t-il pas la    traduction de cette communauté internationale devant la CPI ?

En un mot, notre sécurité sera assurée par nous-mêmes en priorité et non par quelqu’un d’autre. Sur la question de la présence de WAGNER au Burkina Faso chantée par une certaine presse téléguidée depuis l’Élysée, je répondrai ceci :

Oui, Monsieur le Président, c’est nous les WAGNER du Burkina Faso ! Oui, ces braves FDS et VDP sont les WAGNER du Burkina Faso !!

Par conséquent, du haut de cette Tribune de l’ONU qui magnifie le sacrifice de tout patriote au nom de l’intérêt national, je salue vivement la mémoire de tous ceux qui sont tombés les armes à la main et magnifie le courage et l’intégrité de ceux qui sont toujours en vie et foncent inexorablement et de façon sacrificielle vers la victoire de notre peuple et la sauvegarde de notre Patrie.

Au lieu de nous aider à arrêter cette saignée humaine, ce sont des accusations fallacieuses, des mensonges éhontés d’État englobées dans une diplomatie d’hypocrisie et des menaces voilées pour nous indiquer des partenaires à fréquenter et des conduites à tenir ! Nous disons non !

Au nom de la même Charte des Nations Unies et du Droit International que vous évoquez tous et toutes ici à cette Tribune, les peuples Africains en Général et Sahéliens en particulier sont résolument engagés à assumer absolument et pleinement leur émancipation totale pour un progrès social véritable.

Ainsi, le Burkina Faso liera de façon souveraine ses partenariats avec qui il veut et achètera ses moyens de défense avec qui il veut ! Qu’un pays s’appelle Russie, Iran, Turquie, Azerbaïdjan, Cuba, Nicaragua, Corée du Nord, le Burkina Faso y achètera et y vendra librement ses produits sans intermédiaire encore moins une autorisation de qui que ce soit ; et cela, advienne que pourra !

Monsieur le Président de l’Assemblée Générale ;

Monsieur le Secrétaire Général de l’ONU ;

Chères personnalités dotées toujours d’un minimum de bon sens ;

Parlant toujours d’hypocrisie et de mensonge d’État, dans cette question de lutte contre le terrorisme en Général et dans le Sahel en particulier, voici d’autres faits que vous n’ignorez certainement pas et j’en suis certain :

Primo, dans le Sahel nous avons près d’une dizaine de milliers de soldats d’armées étrangères composés en majorité de soldats français mais également des soldats américains, allemands, italiens, etc. avec des armes, des matériels volants et de surveillance des plus sophistiqués au monde et malgré tout, personne ne voit des colonnes de centaines de terroristes se déplacer pour aller servir la désolation et la mort, souvent avec des armes inimaginables.

Au Mali, au Niger et au Burkina Faso, il n’y a ni usine de fabrique d’armes ni de munitions. Qui recrute donc ces terroristes ? Qui les entraine ? Qui les dote en permanence ? Qui les nourrit et avec quels moyens ? Croyez-vous à cette philanthropie au nom de laquelle des occidentaux vont envoyer leurs militaires au Sahel mourir pour les beaux yeux des Sahéliens ? Si oui, qu’est ce qui justifie les énervements et autres gesticulations diplomatiques dès qu’on dit à la France de déguerpir militairement ?

La vraie raison, ce sont les ressources du sous-sol au Sahel ! En effet, l’Assemblée nationale française a voté la loi n°057-7-27 du 10 janvier 1957 paru dans le journal officiel de la République Française du 12 janvier 1957 portant création de l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) qui regroupe des parties du Mali, du Burkina Faso, du Niger, de la Mauritanie, de l’Algérie, etc. Cette zone n’a jusque-là pas d’égale dans le monde en termes de richesses du sous-sol. A titre d’exemple, la nappe phréatique la plus importante va de la Mauritanie à la Somalie en passant par le Mali, l’Algérie, la Libye, le Niger, etc. Le journal le Monde du 23 juillet 1957 avançait le chiffre de 6 à 7 millions de tonnes de pétrole comme production potentielle annuelle du Sahara. En plus de ces ressources naturelles, nous avons l’uranium, l’or, le cobalt, le zinc, le diamant, le lithium, le cuivre, etc.

Si vous les occidentaux, vous aimez tant les Sahéliens pour y amener vos militaires mourir au nom de la démocratie, de la liberté, des Droits Humains et de la paix, pourquoi tout le Continent Africain qui compte 1,3 Milliards d’Habitants, donc le deuxième Continent le plus peuplé, 30 415 873 Km2, et 54 États n’a aucun siège permanent au sein du Conseil de Sécurité avec un Droit de Veto ? N’est-ce pas au-delà d’un crime d’État, un Crime Onusien ?

Donc halte au mensonge diplomatique grossier consistant à dire que ces puissances impérialistes viennent au sahel pour défendre la Démocratie et des Droits Humains.

Parlant de Droits Humains, je vous rappelle que la première Charte au Monde sur cette question de Droits de l’Homme est bien celle de KURUKAN FUGA de 1236 au Mandé, actuel Mali.

De ce fait, que les moralisateurs expansionnistes gardent leurs rhétoriques de respect de droits humains à géométrie variable pour leurs terroristes qu’ils encadrent.

Secundo, l’Afrique n’aime pas comparer les morts ! C’est un manque d’éducation que de le faire ! Par conséquent, je m’incline respectueusement sur la mémoire de toutes les nationalités ayant perdu la vie en Afrique en générale et au Sahel en particulier.

Ainsi, sur les sorties hasardeuse, condescendante et malheureuse du Président de la République Française Emmanuel Macron et qui frisent souvent le ridicule tout en se glorifiant d’une hypothétique condescendance sur les peuples africains, je m’impose le devoir de lui faire un petit cours d’histoire sur sa propre histoire. Voilà pourquoi, les salles de classes sont faites pour que les enfants apprennent les cours et grandissent bien, que de s’adonner à autre chose au risque de se perdre à jamais. Mais pour commencer, je précise qu’aucun peuple africain ne s’est opposé au peuple français : il n’y a pas donc de sentiment antifrançais en Afrique et il n’y en aura jamais du fait de notre légendaire hospitalité et amour du prochain. Il y a que les peuples africains refusent la condescendance, l’arrogance, l’insolence, la suffisance, le paternalisme, le pillage de ses ressources et le crime organisé.

En effet, pour votre mémoire, Monsieur Emmanuel MACRON :

D’abord, je rappelle l’appel à travers la BBC en Angleterre le 14 juin 1940 lancé par votre propre grand-père le Général De Gaule à l’endroit de l’Afrique pour venir sauver la France des griffes des Nazis. Comme rappel nous avons :

  • « 17 000 Maliens morts pendant les deux guerres mondiales. Une dette de sang que la France semble avoir occulté », Cf livre de Bakari KAMIAN, Professeur agrégé de l’Université Sorbonne : « Des tranchées de Verdun à l’église Saint-Bernard : 80 000 combattants maliens au secours de la France (1914-1918) et 1939-1945 ». (Éditions KARTHALA. / 2001. Extraits : 343- 345) ;
  • « …Les morts pour la France (Page 343) Tableau 20 : les vétérans en AOF, 1952 et 1959 ;
  • Page 344, Tableau 21 : Les vétérans soudanais des deux guerres :

-Total des victimes du Mali, du Burkina Faso et duNiger : 82 208 Combattants tombés ;

Total Général AOF : 154 519 combattants. Cf. Source : Henri LIGER, Rapport de fin de mission en AOF, Dakar, le 13 juillet 1950, Archive du Sénégal, cote 4 D 68 (89) – voir Annexe V.

Ensuite, le 17 novembre 1986, François Mitterrand, président Français d’alors, en réponse au Capitaine Thomas SANKARA disait : « l’Afrique a été pillée. J’ai parlé de matières premières. J’aurais dû parler des hommes ! Pendant des siècles, on vous a exploité humainement : on a volé vos hommes, vos femmes, vos enfants. On s’est servi de vous. Je comprends votre refus, votre révolte, et j’approuve votre combat. Vous avez raison de refuser d’être un Continent sacrifié. Le moment est venu où vous devez vous-mêmes développer vos économies à partir de ses biens et de ses hommes. Et le devoir de ces pays qui ont profité abusivement du travail africain, c’est de restituer à l’Afrique une part de ce qui a été pris au travers des siècles derniers ». Effectivement, l’Afrique a toujours été vachement pillée mais elle reste riche en Hommes, en valeur et en richesses minières. Pour en attester, Parlant de ces Ressources minières, l’Afrique c’est :

  • 30 % des réserves minérales mondiales ;
  • 40 % des réserves d’Or ;
  • 33 % des réserves de diamants ;
  • 80 % des réserves de coltan (téléphones) ;
  • 60 % des réserves de Cobalt (batteries) ;
  • 55 % des réserves en Uranium etc.

C’est pour la défense ferme de cette Afrique que la jeunesse africaine est plus que jamais débout.

Monsieur MACRON, avez-vous encore besoin d’un peu d’histoire pour vous remémorer ?

Enfin, bien avant cette sortie regrettable et donc malheureuse du Président français Emmanuel Macron, il s’était attaqué comme tant d’autres de ses compatriotes politiciens à la maternité africaine et là aussi, je tiens à lui rappeler que :

  • L’Allemagne compte 83 millions d’habitants environs sur une superficie de 347 000 Km2 face au Congo qui a 95 millions d’habitants sur une superficie de 2 345 000 Km2 ;
  • La Belgique compte 11 millions d’habitants sur une superficie de 30 000 Km2 face au Gabon qui a 2,5 millions d’habitants sur 267 000 Km2;
  • La France compte environ 68 millions d’habitants sur 672 329 Km2 face à la Namibie qui compte 2,5 millions d’habitants sur 825 000 Km2.

C’est fort de tout ce qui précède que Aimé Césaire (Paix à son âme) disait : « l’Afrique est le seul continent au monde où les populations chantent, dansent et applaudissent pour ceux qui les appauvrissent, les affament et les torturent. Le malheur de l’Afrique c’est d’avoir rencontré la France » !

Certes que l’Occident a violenté, violé et volé l’Afrique, quelle est notre part de responsabilité en tant que dirigeants africains ?

N’est-ce pas nous, dirigeants africains, qui prêtons le flanc pour qu’on nous piétine ? En effet, nous avons abandonné notre identité pour ne rien être. Nos noms ont disparu pour faire place à d’autres noms importés et qui ne collent pas à nos réalités. Il nous faut reconquérir notre culture. Nous avons singé en copiant l’occident en           monogamie,    voilà qu’aujourd’hui on veut nous faire croire que des contre valeurs, des attitudes contre natures relèvent du ressort de la liberté ! Il ne sera pas question d’homosexualité chez nous !

Monsieur le Président ;

Ce qui vient d’être décrit sont les étiquettes profondément malheureuses d’une ONU aujourd’hui résumée qu’à sa portion de forme car :

  • 1,2 milliards de personnes sont plongées dans la misère ;
  • 2000 milliards de dollars US dans l’armement ;
  • 20 fois le Budget de l’ONU dans le nucléaire ;
  • Sur les questions de développement, l’Afrique reçoit du FMI et de la Banque Mondiale 34 milliards de dollars US contre 160 Milliards de Dollars US à l’occident ;
  • La paralysie du Conseil de Sécurité de l’ONU ;
  • La paralysie de l’Organisation Mondiale du Commerce ;
  • La montée des tensions suite aux repositionnements géostratégiques ;
  • L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) est bloquée ;
  • Le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM) qui fonctionnent en véritables usuriers ;

–     L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui est de plus en plus dominée par les firmes pharmaceutiques de rente donnant ainsi une priorité commerciale que sociale aux vaccins tel que le vaccin contre la COVID-19 ;

–     L’ONU qui devient de plus en plus l’ombre d’elle même de par les tentatives de sa prise en otage par un conglomérat de puissances internationales brouillant ainsi la clarté et le sérieux dans ses prises de décisions ; – etc.

Par conséquent les peuples africains en général et Sahélien en particulier se battront vigoureusement pour que la CEDEAO, l’Union Africaine et même l’ONU soient des institutions au service véritablement des peuples du monde pour leur profonde émancipation et le progrès social véritable. Parce que ce sont les manquements de ces organisations, leur manque de sincérité, leur décision clientéliste et à géométrie variable, la couverture des tripatouillages constitutionnelles avec leurs lots de crimes, la promotion de la mauvaise gouvernance, le pillage, la désorganisation sociale et la corruption qui conduisent immanquablement aux coups d’État qui ne sont donc que des conséquences. Traitons donc les causes et les conséquences disparaîtront d’elles-mêmes. Mais si nous continuons avec ce jeu de l’Autriche, à la diplomatie d’hypocrisie, au mensonge éhonté d’État, aux crimes organisés, aux tripatouillages constitutionnels et à la fabrication de larbins à la tête de nos États Africains, même l’ONU risque de ne pas échapper à un coup d’État ! A bon entendeur salut !

Dans ce sens et afin de prendre leur destin en main, le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont signé l’Alliance des États du Sahel en abrégé AES.

L’AES est une architecture pour la sécurisation de nos pays partant du traité révisé de l’autorité de développement intégré de la Région du Liptako Gourma. Prenant en compte la situation sécuritaire et surtout le manque de franchise dans le partenariat ; il s’agit de compter sur nos propres ressources en recherchant la mutualisation de nos moyens et à œuvrer à faire disparaître les discontinuités dans les espaces de manœuvre opérationnelles.

Monsieur le President;

Je vous signifie avec force et fermeté, dans une haute et intelligible voix que :

Primo, nous, peuples africains, sommes foncièrement démocrates. Pour preuve, notre attachement à la dignité humaine transcende la démocratie ! Ce que nous refusons, c’est moins donc la démocratie, que « le piège de la démocratie » qui nous est tendu. Ainsi, la démocratie électoraliste, s’est avérée un moyen de contrôle de nos États à travers le jeu de chaises musicales de dirigeants très souvent imposteurs, corrompus, voleurs et violeurs de constitution car étrangers au seul intérêt de nos États africains qui vaille.

Secundo, nous africains, sommes-nous aujourd’hui reconnus dans notre DIGNITE D’HOMME, au sens de « Un Homme est égal à un Homme » ? La réponse, assurément est NON, au-delà des convenances circonstanciées pour nous endormir et mieux nous asservir ! Triste pour le continent noir, reconnu scientifiquement comme berceau de l’humanité mais dans la réalité humiliée, placé sous contrôle dominé !

Des indépendances factices aux guerres fratricides, de la démocratie électoraliste aux aides biaisées, des guerres de rapine au terrorisme malicieusement fabriqué, entretenu et injecté dans nos contrées africaines notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger, il y a une seule constante : nous dominer, maintenir le « pied sur notre cou » tel le cas de notre malheureux frère George Floyd aux États-Unis ici même ! Est-ce cela la démocratie ?

Et il se trouve des partisans de cette conception étriquée de la liberté pour justifier intellectuellement l’asservissement et la barbarie contre nos peuples en lutte pour leur dignité et leur souveraineté au nom d’un principe paradoxal de liberté qui, in fine assassine la liberté. Oh Liberté, quel crime n’a-t-on pas commis en ton nom !

C’est pourquoi, nous décidons désormais de dire NON ! NON à tous ces « amis qui nous veulent du bien » au point de nous menacer de guerre pour imposer leur amitié ! Nous adapterons cette démocratie tant brandie et chantée par des Loups dans des peaux de béliers, afin de secréter, par nous même, le leadership politique adéquat pour nos peuples en vue de leur BONHEUR.        Oui, l’émancipation totale et le Progrès social véritable pour nos peuples constituent la finalité de toute action qu’elle soit politique, économique, socioculturelle et/ou sécuritaire.

Troisièmement, les peuples africains en général et ceux sahéliens en particulier ont découvert des chaînes d’aliénations économique, sécuritaires, socio-culturelles matérialisées en accords secrets avec la France et sont engagés à les casser pour leur émancipation véritable. Ce sont entre autres :

  • La dette coloniale, nous n’allons pas fermer les yeux et la payer tout en laissant nos populations mourir de faim, de soif et de maladie ;
  • La question de la monnaie donc du Franc CFA (Franc des Colonies Françaises d’Afrique) n’est pas une propriété africaine. Au plan juridique « la propriété » est « le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue » (Article 544 du Code civil français). Un brevet est donc détenu par la France sur le Franc CFA ; elle est par conséquent propriétaire du Franc CFA et elle la loue aux États francophones Africains. Ce qui est marrant en plus est que les billets produits par la France pour l’Afrique de l’Ouest diffèrent de ceux de l’Afrique centrale en valeur monétaire sous la même appellation de franc CFA. Le seul document reconnaissant le Franc CFA est le décret n°45-0136 du 26 décembre 1945 dont les signataires furent : Charles De Gaulle, Président du Gouvernement provisoire ; Réné PLEVEN Ministre des Finances et Jacques SOUSTELLE, Ministre des Colonies ;
  • La priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et appels d’offre publics ;
  • Le Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des colonies ; etc.

Quatrièmement, personne n’applaudit un coup d’État, mais si nous ignorons que ces coups d’État sont souvent des conséquences de la mauvaise gouvernance et des tripatouillages constitutionnels pour s’offrir des mandats supplémentaires, il y en aura toujours. Donc ayons la lucidité de combattre les vraies causes en restant exigeant sur le respect des règles démocratiques et de la gouvernance vertueuse.

Cinquièmement, les peuples africains ne sont pas opposés au peuple français. Mais c’est plutôt la politique française, pleine de condescendance qui est rejetée. En effet, la France en refusant le rapatriement de son ambassadeur récusé au Niger, est une violation du Droit international notamment l’article 9 alinéas 1 et 2 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961.

En décidant de l’interdiction des artistes du Burkina Faso, du Mali, et du Niger en France, c’est une méconnaissance grave de la portée culturelle en tant que moteur d’équilibre familiale, communautaire voire nationale. L’artiste est un médecin du psychique.

En déclarant qu’ils ne veulent pas de chômeurs, de migrants, de voleurs etc. en France, nous en Afrique en Général et au Sahel en particulier, ce sont les producteurs de chômeurs et de voleurs via le pillage cynique de nos ressources que nous ne voulons pas.

Mes sincères reconnaissances aux peuples du Monde, et à l’ensemble des personnalités à tous les niveaux dans le monde qui comprennent et accompagnent le Burkina Faso, le Mali, et le Niger dans cette montée certes difficile mais sacerdotale sur le chemin de la pleine émancipation, l’expression de la dignité, de l’honneur, de la liberté, de l’égalité, de la prospérité, de la Justice et donc de la Paix !

Face à la situation que traverse le Burkina Faso, le gouvernement burkinabè a mis en œuvre des actions vigoureuses à travers l’adoption d’un nouveau plan de développement, le Plan d’Action pour la Stabilisation et le Développement (PA-SD 2023-2025), et ses quatre axes prioritaires qui sont :

  • La lutte contre le terrorisme et la restauration de l’intégrité territoriale ;
  • La réponse à la crise humanitaire ;
  • La refondation de l’État et l’amélioration de la gouvernance ;
  • La réconciliation nationale et la cohésion sociale.

Ces efforts visent à offrir à la population burkinabè de meilleures conditions de vie. Tout en saluant l’ensemble des partenaires à travers le monde qui nous accompagnent, nous invitons vivement ceux qui sont toujours dans le doute ou tétanisés par des rapports au contenu faux qu’ils sont les bienvenus au Burkina Faso à condition que le partenariat cadre avec la vision de la Transition résumée dans ces quatre axes.

Vive l’ONU !

Vive la 78e Session de l’Assemblée Générale !

Vive les peuples en lutte !

Vive la solidarité entre les Peuples !

Vive l’Afrique Libre !

Vive l’Alliance des États du Sahel !

Vive le Burkina Faso, Pays des Hommes Intègres !

La Patrie ou la Mort Nous Vaincrons !

Journée internationale de la paix 2023: les jeunes face aux défis sécuritaires

À l’occasion de la journée internationale de la paix 2023, notre frère, CISSAO Tamba s’est illustré en conférencier pour aborder le thème suivant: Analyse du contexte actuel de la migration irrégulière(clandestine) des jeunes au Sénégal.
avec sa permission, nous nous sommes permis de partager son exposé.

Introduction :

La migration est un fait social qui peut être défini selon le dictionnaire LAROUSSE comme un déplacement volontaire d’individus ou de populations d’un pays à un autre ou d’une région à une autre, pour des raisons économiques, politiques ou culturelles. Il est aussi important de savoir que les réfugiés sont considérés comme des migrants. La particularité de ces derniers réside sur le fait qu’ils ont été contraints de quitter leur pays à la recherche de la sécurité. Les recherches montrent qu’il y a beaucoup d’acteurs nationaux et internationaux qui s’intéressent à la question de la migration parce que le phénomène est devenu inquiétant pour la sécurité de la population. C’est dans ce contexte que nous pouvons nommer certains chercheurs universitaires du Sénégal qui ont travaillé sur la thématique de la migration irrégulière au Sénégal à l’occurrence le Professeur Aly Tandiang, le Docteur Doudou Dieye Gueye, le Docteur Abdoulaye N’Gom, entre autres.

Étant jeune Sénégalais ayant constaté la recrudescence des départs massifs d’embarcations de fortune vers les pays du Nord, je sens la nécessité d’actions concrètes sur le terrain pour redonner de l’espoir à cette jeunesse en jetant les bases de l’assurance d’une vie meilleures chez nous. L’État, garant de la sécurité publique ne doit pas se limiter à prendre des mesures de dissuasion d’ordre juridique. Son rôle est aussi de mettre en place les conditions nécessaires à l’épanouissement et au bien-être des citoyens. D’ailleurs, malgré toutes ces mesures de surveillance et de dissuasion mise en place par l’État, nous continuons toujours à dénombrer des centaines de départs par semaine. Ce qui nous amène à faire une analyse sans complaisance du contexte actuel de la migration irrégulière des jeunes dans le but de pouvoir participer à renseigner les décideurs.

Nous tenterons en premier lieu de cerner les causes, ensuite les conséquences liées à ce fléau qui est en train de décimer la jeunesse africaine oubliée par les penseurs de nos politiques publiques. Enfin, nous allons essayer de proposer des pistes de solutions.

  1. Les causes actuelles de la migration irrégulière de la jeunesse au Sénégal

Comme nous l’avons souligné dès le début de notre communication en définissant la migration comme un fait social, tout part de l’observation d’un mouvement irrégulier et massive d’individus pour la plupart des jeunes de tout genre vers les pays du Nord. Ce mouvement de jeunes qui suscite les débats actuellement au Sénégal peut s’expliquer par plusieurs raisons. D’abord, le désespoir de la jeunesse qui après de longues études et de multiples tentatives de recherche d’emploi, ne trouve aucune possibilité d’un avenir meilleur, et même d’une vie humaine respectable au Sénégal. Si nous prenons compte de quelques entretiens que nous avons fait pour essayer de mieux comprendre les motivations des jeunes qui s’orientent de plus en plus vers la migration. Il ressort de ces entretiens les raisons que nous connaissons tous et que beaucoup d’entre nos dirigeants refusent d’admettre. Il s’agit du manque d’emploi, de la privation des libertés, de l’anéantissement du système d’élévation social par le clientélisme politique, etc. Cependant, le principal défi auquel les jeunes sont confrontés consiste à assurer la transition entre l’enfance et l’âge adulte, en particulier à trouver le meilleur emploi à temps. Depuis des siècles, les jeunes du monde entier quittent leurs foyers à la recherche de meilleures conditions d’existence. Souvent, les migrations sont motivées, entre autres, par le manque d’opportunités d’emploi dans les pays d’origine. Le Sénégal ne fait pas exception à cette tendance.

L’étude de la Banque mondiale sur le « travail des jeunes hommes et femmes pauvres et vulnérables » présentée en 2018, montre que les taux de chômage les plus élevés sont observés chez les jeunes des tranches d’âge de 15 à 19 ans et de 25 à 29 ans, soit respectivement 10,3 %, 19,5 % et 17,5 %. Une situation qui est le résultat, d’après les experts de la Banque Mondiale de la faiblesse du tissu économique et de multiples contraintes. Les jeunes, regrettent-ils, ont des compétences et une productivité limitées.

Certains parmi les personnes interviewées insistent sur le fait que l’instabilité liée au manque d’emploi les empêche de répondre aux besoins de leurs familles qui attendent souvent une contribution de leur part pour la gestion de la famille. De ce fait, si un jeune diplômé n’arrive pas à trouver du travail, il est exposé à la tentation de prendre le risque de braver la mer ou le désert pour rejoindre l’Eldorado afin de pouvoir s’affranchir et apporter du soutien à ses parents.

Par ailleurs, il y a un manque de politiques publiques pour la jeunesse et surtout une politique d’emploi des jeunes. Ce manque de politique d’emploi des jeunes faits que cette partie importante de notre société (65 %) se sent abandonnée et finit par prendre des orientations au péril de sa vie. Actuellement, il est difficile de nommer une politique publique d’emploi dédiée à la jeunesse au Sénégal. Même s’il y a des programmes d’employabilité et d’entrepreneuriat proposés pour accompagner les jeunes. Nous constatons que c’est un casse-tête pour les jeunes d’accéder à ces programmes au point même de voir certains se décourager au moment de postuler parce que la procédure est très longue. Un autre constat révèle la mise en avant du clientélisme politique dans les instances des programmes dédiés aux jeunes.

En plus du clientélisme politique, la discrimination qui en découle et le manque d’information pour de nombreux jeunes, nous pouvons relever le problème de suivi qui mène souvent les jeunes entrepreneurs à l’échec ou bien au détournement d’objectif.

En outre, il est important de savoir parfois que les jeunes bénéficiaires des financements de projets ou de programmes après quelques mois ou quelques années d’activités préfèrent tenter la migration, car la situation économique au Sénégal est intenable. Il s’y ajoute, que le manque de partenariat de l’État dans le domaine de la migration fait que certains choisissent de partir par la voie irrégulière après moult tentatives de partir en migration de façon légale.

D’ailleurs, l’article 13 de la déclaration universelle des droits de l’homme stipule : « Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État … Et toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays ». Cette reconnaissance de la déclaration universelle des droits de l’homme est confrontée à un refus de délivrance de visas presque pour toutes les catégories au niveau des ambassades des pays du Nord. En même temps, un autre phénomène basé sur la théorie de la famille de référence est une autre source d’influence de l’immigration irrégulière de la jeunesse. Parler de cette théorie qui s’explique par la comparaison de la situation d’un jeune de la famille voisine ou du fils d’une coépouse qui vivait dans une situation sociale modeste et qui a réussi à changer le niveau de vie de sa famille ou de sa maman à travers les transferts d’argent et des réalisations. C’est cette influence qui fait que certains parents et surtout les mamans vendent leurs biens à travers pour soutenir un projet de migration de leur enfant, car une immigration réussie est un honneur pour la famille et pour soi-même en termes d’autonomie. D’ailleurs, c’est ce qui fait qu’aujourd’hui que nous rencontrions beaucoup de filles (femmes) dans les embarcations de fortune vers les pays du Nord alors qu’auparavant, au Sénégal, la migration était une activité réservée aux hommes (les modou modou).

Enfin, le poids lié aux croyances mystiques fait qu’avant de partir à la migration, les potentiels migrants consultent souvent les marabouts ou les charlatans pour attirer les grâces et une assurance de la réussite de leur projet par le biais de cérémonies ou libations. Il faut noter que ces acteurs mystiques, qui ont compris l’importance que les jeunes ont dans la migration, essayent souvent de faire en sorte que ces derniers entendent que leur réussite se trouve ailleurs (les pays du Nord) et non pas au Sénégal.

En ce sens, il est nécessaire de savoir que les causes de la migration irrégulière au Sénégal sont multiples (Le chômage, le sous-emploi, les bas salaires et la pauvreté des familles sont les principaux facteurs, auxquels s’ajoute l’offre d’emploi mieux rémunéré à l’étranger.). De ce fait, nous ne pouvons pas les énumérer de façon exhaustive. Néanmoins, la situation socio-politique instable du pays à la veille des élections Présidentielle du 25 février 2024 nous renvoi au piétinement de l’aspiration des jeunes qui voient leurs espoirs s’envoler avec l’arrestation arbitraire de leur leader politique (le Président Ousmane Sonko).

  1. Les conséquences de la migration irrégulière des jeunes au Sénégal

La situation actuelle de la migration irrégulière de la jeunesse du Sénégal nous embarque dans le déchirement de la société. Ce grand déchirement de la société qui se manifeste par le dénombrement régulier de morts (issus de la population défavorisée et délaissée) dans la traversée de l’Atlantique ou du désert dans les pays de transit tel que le Niger, la Libye, le Maroc, l’Algérie, etc. Récemment, nous avons été tous au courant à travers les médias et l’État du Sénégal de l’apparition d’une pirogue au large de la côte capverdienne avec plusieurs cas de morts décomptés. Parmi ces morts, nous pouvons noter une famille de Fass Boye qui a perdu dix-sept membres engloutis dans cette tragédie liée à la migration irrégulière. Cette famille est représentative du Sénégal d’en bas, oublié par le système.

Globalement, il ressort des enquêtes de terrain que les artisans pêcheurs ont des perceptions péjoratives de leur secteur d’activité. Malgré sa contribution déterminante à l’économie du pays, le secteur de la pêche artisanale sénégalaise fait face à d’importants manquements : la pénibilité et le risque associé au travail, l’absence d’un système de protection sociale et d’assurance, un système de crédit bancaire fermé à l’activité et une précarité constante notée. Autant d’éléments apparus dans nos différents entretiens comme principales causes de la migration irrégulière des pêcheurs sénégalais vers les côtes espagnoles. Les conséquences immédiates ont été un appauvrissement progressif des pêcheurs et une dégradation de leurs conditions de vie (Dème et al., 2021). Plusieurs indicateurs ont été soulevés par les interviewés pour démontrer leur vulnérabilité.

Stigmatisation et exclusion familiale

Oumar Diack, le coordinateur de la Fédération des Associations du Fouta pour le Développement, parle volontiers des « personnes déréglées ». « Des émigrés reviennent les mains vides, un peu déréglés, il y en a qui prennent des substances. L’espoir s’est envolé, ils pensaient revenir et soutenir leur famille, mais la situation a été différente et ils reviennent en se sentant mal. Ça pose problème dans les communautés, car souvent, au lieu de les accompagner, on les pointe du doigt. Au niveau des familles, il n’y a que la mère qui les soutient, mais ce n’est pas assez. »

Rokhaya Gaye, assistante sociale, parle beaucoup de cette situation. La migration est un phénomène tellement répandu qu’elle témoigne de ses effets néfastes sans problèmes.

« Si quelqu’un quitte le Sénégal pour rejoindre la France ou les USA et revient les poches vides, il est stigmatisé. On dit qu’il n’avait pas de travail, qu’il avait de mauvaises fréquentations. » Les migrants seraient partis pour profiter de la vie plutôt que pour aider leur famille. « Les gens pensent que la personne passait son temps à faire des rencontres, qu’elle se droguait, surtout si la personne est restée des années sans revenir. On dit alors que la personne est porteuse du VIH. Car il y a eu des cas de transmission du VIH. »

Rokhaya Gueye sait que la réalité est bien différente et que ces personnes sont en détresse, qu’elles ont besoin de prise en charge après avoir vécu une expérience traumatisante et que la stigmatisation ne les aide pas.

« La personne est rejetée par sa famille, elle perd ses amis. On pense que la personne est folle, car elle a l’air perturbé. Les gens qui rentrent sans argent ne sont plus considérés avec respect. Ils sont délaissés par leurs familles, leurs amis, l’entourage. Psychologiquement, ils sont affaiblis, consomment même de la drogue. Et l’État ne se préoccupe pas de ses cas ».

D’ailleurs, il y a des termes dévalorisants que la population attribue aux immigrées qui n’ont pas réussi leur projet de migration en ces termes (yafousse, fintagho, cawman bou pauvre…).

Par ailleurs, vu la complexité de la migration en général et celle, irrégulière en particulier, par le fait qu’elle revêt divers aspects tels qu’économiques, politiques, culturels et sociaux, nous remarquons certes des conséquences économiques, mais aussi des implications sociales et culturelles durables tant sur les pays d’accueil que sur les pays d’origine ou de départ. C’est le cas par exemple d’un parent qui a vendu tous ses biens pour envoyer son enfant en Europe et que ce dernier n’honore pas ses attentes ou bien meurt en cours de route. Non seulement, sa famille va plonger dans la précarité, mais aussi, elle peut faire l’objet d’une exclusion par la communauté.

À cela s’ajoute, le dépeuplement de régions entières avec une perte manifeste de bras valide pour les activités agricoles et autres. Il arrive même que les plus qualifiés et les plus dynamiques s’adonnent à la migration irrégulière. C’est le cas parfois dans le Fouta où nous rencontrons des villages vidés de leur jeunesse parce qu’ils sont partis en migration.

Cependant, n’oublions pas que ceux qui réussissent l’aventure et qui reviennent avec le peu qui leur permet d’incarner l’ascension sociale et économique au sein des familles sont souvent considérés comme des sources de motivation pour les potentiels migrants. Cette source de motivation peut s’expliquer par le fait que les immigrées ont tendance à ne pas partager les vraies réalités de leur vécu en Europe ou bien que les potentiels migrants refusent rarement de croire aux partages faits sur les difficultés rencontrées pendant l’émigration. En plus, les observations visibles sur les réalisations des immigrées font que les potentiels migrants croient difficilement aux propos tenus.

En somme, malgré les conséquences négatives et positive, la migration irrégulière demeure un fait social non-négligeable au Sénégal et mérite beaucoup d’attention et une responsabilité assumée de la part de nos dirigeants politiques afin de répondre aux besoins de cette jeunesse désabusée. Une vie meilleure est possible chez nous et nous avons les moyens d’en faire profiter à tous les citoyens sans distinction aucune.

III. Les pistes de solutions

La recherche et l’actualité nous font comprendre que l’État du Sénégal et ces partenaires tentent de combiner plusieurs solutions alternatives (sécuritaires et de développement). En effet, parmi les alternatives prisent par l’État du Sénégal et ces partenaires, nous pouvons noter l’aide des pays du Nord, le renforcement de la surveillance des côtes, la répression de la migration irrégulière pour dissuader les jeunes de voyager vers l’Europe avec les pirogues. Pourtant, nous continuons de constater des départs des centaines de jeunes Sénégalais. Ce qui nous fait dire que la stratégie d’intimidation n’est pas la solution. Nous avons tenté d’apporter notre contribution à la recherche de solutions à travers les quelques recommandations que nous pensons utiles.

  • Assainir la gouvernance et la gestion des biens publics
  • Mettre en place les conditions de la solidarité de l’insertion sociale et de l’égalité des chances
  • Mettre en place des mécanismes favorisant l’entrepreneuriat local tout en soutenant les porteurs de projets
  • Valoriser le secteur agricole, l’agrobusiness et tous les secteurs de la transformation
  • Mettre en place une politique publique de jeunesse sur la migration à partir des assises nationales inclusives avec une bonne représentation des jeunes où ils vont exposer leurs besoins.
  • Mettre en place une politique migratoire qui répond aux besoins de mobilité, de découverte et rassurant pour les pays d’accueil à travers les emplois saisonniers et de retour à la fin des contrats.
  • Créer des programmes d’activités entrepreneuriales inclusives pour motiver les jeunes à rester et leur donner des garanties de réussite dans leur pays.
  • Valoriser les salaires et augmenter le taux de recrutement des jeunes dans les différents concours de l’État.
  • Redynamiser et ouvrir les politiques d’habitat aux non-salariés ou bien ceux qui sont dans le secteur informel.

Conclusion :

Au terme de cette analyse, nous pouvons dire que la migration irrégulière peut être principalement liée par le désespoir, un besoin de survie économique et de l’incarnation de l’estime de soi à travers une existence autonome. Malgré toutes les conséquences positives et surtout négatives, les jeunes continuent toujours à s’aventurer, à partir en masse dans les méandres du long chemin de la migration irrégulière par les embarcations de fortune vers l’Europe. D’où la nécessité d’organiser des assises inclusives de la jeunesse du Sénégal sans coloration politiques sur la migration afin de pouvoir statuer sur les pistes de solutions, d’être plus dans l’écoute et dans le dialogue pour mieux limiter les dégâts sur les drames liés à ce phénomène. Nous pensons qu’il est temps d’organiser un dialogue sincère et humanitaire pour mieux prendre en considération les propositions qui seront faites par tous les acteurs impliqués dans ces assises et surtout celles des chercheurs qui ont consacré beaucoup de leur temps à ce phénomène qui est en train de décimer la jeunesse.

Cissao Tamba.

Violation des droits et grève de la faim du chef de l’opposition politique Ousmane Sonko en détention arbitraire depuis le vendredi 28 juillet 2023.

Représentations diplomatiques au Sénégal,Autorités compétentes,

Organismes de défense des droits humainsDate: [10 août 2023]Chers responsables,Nous, soussignés, souhaitons attirer votre attention sur la situation alarmante concernant Monsieur Ousmane Sonko, leader du parti PASTEF, candidat de l’opposition à la prochaine élection présidentielle de février 2024, actuellement détenu de manière arbitraire (1).

En effet, depuis son incarcération injustifiée le vendredi 28 juillet 2023 par le président Macky Sall et sa machine de réduction de l’opposition à sa plus simple expression (Dame justice), Ousmane Sonko, leader du parti d’opposition PASTEF, fait face à des violations flagrantes de ses droits fondamentaux.

Alors qu’il est privé de son droit inaliénable (2) de choisir sa propre nourriture en détention, Monsieur Ousmane Sonko a entamé une grève de la faim pour protester contre cette injustice. En détention, cette privation de choix alimentaires constitue une violation excessive des droits les plus élémentaires de Monsieur Ousmane Sonko. Le chef de l’opposition, Ousmane Sonko a fait preuve de détermination et de courage en entamant une grève de la faim pour attirer l’attention sur cette injustice criante.

Malheureusement, malgré les appels de plusieurs de ses partisans et sympathisants, les organisations internationales de défense des droits humains, telles que les Nations Unies, la Commission Africaine des droits de l’homme et des peuples; les organisations communautaires telles que la CEDEAO, l’Organisation de l’Unité Africaine observent un silence complice, mettant en danger la vie du chef de l’opposition politique au Sénégal.

cette situation ubuesque met en péril les espoirs de la jeunesse sénégalaise adossés sur le projet de PASTEF tout en mettant à terre la démocratie sénégalaise.

Nous exprimons notre profonde préoccupation quant aux violations graves et persistantes de ses droits fondamentaux, notamment sa privation du droit de choisir sa nourriture en détention.La grève de la faim observée par Ousmane Sonko est un acte de protestation légitime contre cette violation flagrante de ses droits les plus élémentaires. En tant que citoyens conscients et responsables, nous ne pouvons rester silencieux face à cette injustice et à l’imminence d’une tragédie humanitaire qui menace la vie d’un leader politique respecté et adulé par une grande partie de la population sénégalaise.Nous rappelons que tout individu a le droit inaliénable de jouir de sa liberté, de sa sécurité et de son droit de choisir sa nourriture conformément aux normes nationales et internationales en matière de droits humains. Cette privation délibérée révèle une atteinte grave à la dignité et à l’intégrité d’Ousmane Sonko, et une violation flagrante des principes de l’État de droit.Nous exhortons respectueusement les autorités compétentes à prendre des mesures immédiates pour mettre fin à cette privation injuste et à respecter les droits fondamentaux d’Ousmane Sonko en garantissant son droit de choisir sa nourriture en détention. Nous demandons également la libération immédiate et inconditionnelle d’Ousmane Sonko, car son incarcération arbitraire ne fait que ternir la réputation du Sénégal en matière de démocratie et d’État de droit.

Nous espérons que vous prendrez en compte nos préoccupations et agirez rapidement pour remédier à cette situation critique. Nous comptons sur votre engagement en faveur de la justice et du respect des droits fondamentaux afin de rétablir la confiance et la cohésion nationale au sein de notre pays.Veuillez agréer l’expression de notre respectueuse considération.

(1):La détention arbitraire est une violation du droit à la liberté. Elle désigne l’arrestation et la privation de liberté d’une personne dans le non-respect du droit national ou des standards internationaux. Les traités internationaux peuvent en effet être invoqués pour garantir le droit à la liberté si la législation nationale protège l’individu d’une manière incomplète ou partiale.

La détention peut être illégale sans être arbitraire et inversement. L’illégalité signifie simplement la non-conformité avec le droit, tandis que l’arbitraire fait référence au caractère inapproprié, injuste, imprévisible ou disproportionné de la détention.

La détention arbitraire expose la victime à davantage de violations des droits humains, puisqu’elle est privée de moyens de se défendre : torture et traitements cruels, inhumains ou dégradants,  exécution extrajudiciaire, disparition forcée, etc.

(2): Un droit inaliénable est un droit directement attaché à la personne en raison même de ce qu’elle est ; un droit inaliénable est un droit inhérent à un individu du seul fait de ce qu’il est et donc du fait de sa condition humaine. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.[ signataires]

Association des Étudiants pour le Développement de la Casamance (AEDC)

Association des Élèves et Étudiants ressortissants de Kédougou (AEERK)

Association des Étudiants pour la promotion de Kolda (Aseprok)

Amicale des Élèves et Étudiants ressortissants de Saint-Louis (AEERSL)

Coordinnation des bureaux de PASTEF/Diaspora

Des membres de la société civile du Sénégal, des professeurs d’universités…

 

Sénégalaises, Sénégalais: l’heure du changement a sonné, agir avant l’arrivée de la vague.

Il y a sept ans, le combattant de la transparence dans la gestion des affaires publiques du Sénégal débuta son ascension dans l’opposition politique dans cette partie du monde.

Il y a sept ans, le Président Ousmane Sonko et ses camarades du parti PASTEF les Patriotes se sont assis et ont déterminé que le Sénégal devait prendre une direction différente de celle qu’il a connu ces soixante dernières années.

Il y a sept ans, il a réuni de nombreux jeunes hommes et femmes qui investissaient désormais le terrain politique Sénégalais qu’ils aiment tant.

Il organisa sa formation politique en bannissant tout complexe d’infériorité envers quiconque et enregistra le soutient d’hommes et de femmes de valeurs, combattants et combattantes de la liberté qui ont fait un excellent travail sur le terrain.

À l’époque où il a commencé, il y avait ceux qui doutaient, ceux qui supposaient qu’il n’était qu’une flamme vacillante qui s’éteindrait, mais il refusa de disparaître.

Il y a sept ans, beaucoup ont pensé qu’il n’était qu’un nuage de passage, aujourd’hui, il leur montre qu’il est encore là.

Il y a sept ans, le pouvoir en place pensait que le PR.O. S n’étais qu’un être agaçant, il a fini par démontrer qu’il était détenteur d’une vision honorable pour le Sénégal, ce qui irrita le dictateur.

Il y a sept ans, le Sénégal ne savait pas qui vous êtes, aujourd’hui, le peuple reconnait votre valeur. Je suis heureux d’être sur cette terre, parmi ceux de votre génération qui ne doutent pas qu’il y ait un bon espoir aujourd’hui à travers votre projet. Je suis ici et heureux d’être au pays de grands Africains dont certains sont vivants et d’autres sont partis depuis longtemps. Je ne perds pas de vue que c’est la terre qui a produit des gens comme Cheikh Anta Diop, Émile Badiane, Mamadou Dia, Ousmane Sembène, Majhemout Diop, Assane Sack, etc. Nous n’en parlons jamais aussi souvent que nous le devrions et comme je vous en parle aujourd’hui et que je parle de vous.

Peuple sénégalais,

En ces temps sombres où la tyrannie s’abat sur notre nation, nous devons nous dresser ensemble, épaule contre épaule, pour imposer la justice, la liberté et la dignité. Notre lutte n’est pas seulement pour Ousmane Sonko et le parti PASTEF, mais pour chaque citoyen qui aspire à un avenir meilleur, où les principes démocratiques et les droits fondamentaux sont respectés.Nous ne pouvons pas rester silencieux face à l’injustice et à l’oppression qui engloutissent notre pays. L’éveil des consciences est notre arme, et la responsabilisation des citoyens dans la gestion des affaires publiques est notre bannière. Nous refusons d’être réduits au silence, car nous croyons en la force de la vérité et en la puissance de la solidarité.L’arrestation brutale d’Ousmane Sonko et la répression qui frappe notre peuple sont les signes d’une gouvernance autoritaire et d’une machinerie judiciaire manipulée par ceux qui cherchent à préserver leur pouvoir à tout prix. Mais nous ne nous laisserons pas intimider. Nous sommes conscients que la véritable puissance réside dans les mains du peuple.Nous appelons à une mobilisation unie sur tout le territoire national. Que nos voix se fassent entendre dans les rues, sur les places, dans les lieux de travail et les institutions. Nous demandons à tous les citoyens sénégalais, jeunes et vieux, hommes et femmes, de se joindre à nous dans cette lutte pour la justice et la liberté.

Nous exigeons la fin de l’acharnement contre Ousmane Sonko, contre le parti PASTEF et contre tous ceux qui osent remettre en question le statu quo. Nous appelons à une véritable démocratie, où chaque voix compte, où la justice est rendue de manière équitable et où les droits de chaque individu sont respectés.

Aujourd’hui, nous lançons un appel à l’unité et à l’action. Nous sommes plus forts ensembles, et c’est ensemble que nous triompherons de la tyrannie. Ne permettons pas à la peur de nous arrêter, car l’oppression ne peut durer éternellement. Nous sommes porteurs de l’espoir d’un avenir meilleur, et notre détermination ne faiblira pas.

Peuple sénégalais, le temps est venu de prendre notre destin en main. Marchons ensemble, fermement, pour mettre fin à la tyrannie et faire triompher la justice. Notre pays mérite un avenir de liberté, de prospérité et de dignité. Ensemble, nous pouvons le réaliser.

Le moment est venu de faire entendre notre voix.

Liberté, justice, dignité pour tous !

Vive le Sénégal libre et démocratique !

Les défis de la présidentialisation du pouvoir : La dérive de la République au Sénégal sous le président Macky Sall

Arrivé au pouvoir en 2012 au milieu d’une vague de mécontentement populaire et de demandes de réformes démocratiques, le président Macky Sall était considéré comme une lueur d’espoir pour le peuple sénégalais. Cependant, au fil des ans, les inquiétudes se sont accrues quant au fait que l’administration de Macky Sall s’est écartée des idéaux qui ont catalysé son ascension au pouvoir, ce qui a donné lieu à des constatations de patrimonialisation et d’affaiblissement des institutions démocratiques.

L’une des principales constatations formulées à l’encontre du président Sall est la perception d’une centralisation du pouvoir au sein de la présidence. On remarque qu’il a concentré le pouvoir de décision dans son bureau, limitant l’influence des autres branches du gouvernement et marginalisant le rôle des institutions indépendantes. Cette situation suscite des inquiétudes quant à l’érosion potentielle des freins et contrepoids démocratiques et de la capacité des différentes branches du gouvernement à s’obliger mutuellement à rendre des comptes.

En outre, il existe des preuves d’utilisation abusive des ressources publiques à des fins personnelles au sein de l’administration Sall (Rapports ofnac 2019,2020,2021″affaire 94 milliards »…). Les constatations relèvent que le président et ses proches collaborateurs se sont livrés à des pratiques de corruption, telles que le détournement de fonds (Rapport cours des comptes 2022″gestion covid19″…) et le copinage, qui ont compromis l’allocation équitable des ressources et créé un environnement de favoritisme. De telles actions compromettent non seulement l’intégrité de l’appareil d’État, mais érodent également la confiance du public dans la capacité du gouvernement à agir dans l’intérêt supérieur de la population.

Le rétrécissement de l’espace civique (acharnement sur le PASTEF, exclusion de la Casamance, ignorance de la banlieue, abrutissement des espaces d’enseignement supérieur…) et la limitation de la liberté d’expression constituent un autre sujet de discorde. Les organisations de défense des droits de l’homme et les activistes ont exprimé leurs inquiétudes quant à la réaction du gouvernement face aux voix dissidentes, notamment le ciblage des journalistes, des activistes et des membres de l’opposition. Des rapports faisant état d’arrestations arbitraires, d’intimidations et de l’utilisation de mesures répressives pour étouffer l’opposition ont suscité des inquiétudes quant à la protection des droits fondamentaux et à la capacité des individus à exprimer librement leurs opinions (Rapport annuel 2021 Amnesty International).

Les observations démontrent que la patrimonialisation de l’État sous l’administration du président Sall sape les gains obtenus de haute lutte par le peuple sénégalais lors du soulèvement de 2012 (Le président Macky Sall exerce une gestion patrimoniale des affaires de l’État en centralisant le pouvoir décisionnel entre ses mains. Cette centralisation excessive met en péril l’équilibre des pouvoirs et limite l’influence des autres branches du gouvernement. Les institutions indépendantes (la justice, l’assemblée nationale), censées servir de contrepouvoirs, sont marginalisées, affaiblissant ainsi les fondements de la démocratie). Les principes de transparence, de responsabilité et de gouvernance démocratique qui étaient au cœur des manifestations sont considérés par beaucoup comme érodés ou compromis.

la révision du fichier électoral est inachevée, les inscriptions des primo votants ont été bâclés, la lettre et l’esprit de la constitution sont à la solde du Président Sall et de son ministre de la justice (Ismaila Madior Fall).

à plusieurs reprises, le président Sall est prit en flagrant délit de « haute trahison » pour son interprétation élastique de la constitution, qui lui permet de prendre des décisions sans consultation ni approbation préalable des autres institutions démocratiques. Cette tendance à interpréter la constitution au gré de ses intérêts personnels affaiblit le système de contrôle et d’équilibre essentiel à la bonne gouvernance d’un État républicain.Cette dérive vers la présidentialisation du pouvoir a des conséquences graves pour la République sénégalaise. La concentration excessive du pouvoir entre les mains du président limite la participation citoyenne, réduit la transparence et l’obligation de rendre des comptes. Cela crée un climat politique où les décisions sont prises de manière arbitraire, érodant ainsi la confiance des citoyens dans le système démocratique.

Cependant, il est important de noter qu’il existe des points de vue différents. L’administration Sall a défendu ses actions et souligné les progrès réalisés dans divers secteurs, tels que le développement des infrastructures et la croissance économique. Ses partisans soutiennent que ces réalisations ne doivent pas être éclipsées par les critiques et que les efforts du gouvernement visent à améliorer le bien-être du peuple sénégalais. aux sénégalais d’apprécier la teneur de ces allégations.

En conclusion, bien que le président Macky Sall ait symbolisé au départ un changement vers un gouvernement plus démocratique et plus responsable au Sénégal, des préoccupations sont apparues concernant la patrimonialisation assumée des affaires de l’État, la concentration du pouvoir et l’érosion des principes démocratiques.

La transparence, la responsabilité et le respect des droits de l’homme sont essentiels pour assurer une bonne gouvernance et maintenir la confiance du peuple sénégalais. Il est donc essentiel pour l’avenir de la démocratie sénégalaise de favoriser un dialogue ouvert et inclusif sur ces questions.

Face à cette dérive alarmante de la République sénégalaise sous la présidence de Macky Sall, il est crucial que les citoyens s’engagent dans la défense des principes démocratiques et de l’État de droit. La présidentialisation excessive du pouvoir et l’interprétation élastique de la constitution ne sont pas seulement des atteintes aux fondements démocratiques, mais elles peuvent également conduire à l’affaiblissement des institutions et à une détérioration de la gouvernance. La préservation de la République sénégalaise exige une vigilance collective et un engagement continu pour préserver les valeurs démocratiques et l’équilibre des pouvoirs.

Les acteurs de l’opposition politique, les responsables de la société civile et la population sénégalaise auront une lourde charge à la suite de la prise de parole par Macky Sall ce 3 juillet 2023, de restaurer la République, de sauver à nouveau la démocratie et d’assurer le respect des droits humains dans l’étendue du territoire national pour plus d’égalité et d’équité sociale mais aussi pour l’épanouissement de tous les citoyens sans aucune distinction. Ce soir, le monde entier aura les yeux rivés sur le pays des Lions de la Téranga.

Dictature et banditisme d’État au Sénégal: sauver ou périr.

Le Sénégal est actuellement confronté à une situation indécise (crise politique et sociale), marquée par des événements douloureux qui ont coûté la vie à de nombreux citoyens. Ces événements qui ont gravement perturbé la stabilité et la sécurité du Sénégal sont notamment due à l’irresponsabilité et l’incapacité des gouvernants à conduire le pays de manière efficace et responsable.En effet, depuis de nombreuses années, les différents gouvernements de Macky Sall ont manqué à leur devoir de servir le peuple sénégalais. La rupture annoncée a tourné à l’installation d’une dictature macabre. Au lieu de se concentrer sur la promotion du bien-être de la population, Macky Sall et son équipe ont souvent placé leurs intérêts personnels et politiques avant ceux du pays.

Le résultat a été une détérioration progressive de la qualité de vie des Sénégalais, ainsi qu’une dégradation de notre tissu social et culturel.Les maux de notre société sont nombreux et variés. La corruption, l’injustice, l’impunité, le manque de transparence et de responsabilité sont monnaie courante dans notre pays. Ces problèmes ont sapé la confiance des Sénégalais envers leurs dirigeants, provoquant une fracture importante au sein de notre société.Il est temps pour Macky Sall et son équipe de prendre leurs responsabilités et de répondre aux attentes de la population même s’il leur reste huit mois de gouvernance. L’heure est à la mise en œuvre des politiques publiques efficaces qui permettront de réduire la pauvreté, de garantir la sécurité et la justice pour tous, et de promouvoir un développement économique durable. C’est la seule manière de faire avancer notre pays et de sortir de cette crise qui met en péril notre avenir collectif.

Cependant, nous (le peuple) ne devons pas nous décourager face à cette situation, mais plutôt redoubler d’efforts et de vigilance pour œuvrer à la reconstruction d’un Sénégal pacifié, uni et prospère.En tant que citoyens engagés, nous avons la responsabilité de travailler ensemble pour le retour à la paix et à la concorde dans notre pays. Nous devons mettre en avant l’importance du respect des droits humains et des règles de la démocratie pour une société juste et prospère. Pour y parvenir, nous proposons d’accompagner la démarche politique du F24 qui vise à rétablir la paix et à apaiser la tension qui existe actuellement dans notre pays.Premièrement, nous appelons tous les citoyens sénégalais à faire preuve de retenue et de modération, afin d’éviter toute nouvelle violence ou confrontation. Nous invitons également toutes les parties prenantes à entamer un dialogue constructif et à travailler ensemble à la recherche de solutions pacifiques pour résoudre les problèmes qui divisent notre société.Deuxièmement, nous appelons à la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, et à la reconnaissance de leur droit à la justice et à un procès équitable. Nous devons œuvrer pour la libération de toutes les personnes injustement emprisonnées et pour leur réintégration pacifique dans la société.Troisièmement, nous appelons à un renforcement des institutions démocratiques de notre pays, en mettant en place des règles pour garantir une élection libre et transparente en février 2024. Nous devons travailler pour renforcer les libertés et les droits fondamentaux, en garantissant la liberté de la presse, la liberté d’expression, et le droit de manifester pacifiquement.Enfin, nous appelons à la promotion de la tolérance, de la fraternité et de la solidarité. Nous devons encourager le respect entre les différentes communautés du pays, et travailler ensemble pour construire une Nation forte, unie et prospère. L’isolement et la discrimination de la Casamance doivent cesser immédiatement et sans condition. ces pratiques n’honorent pas la République.
Nous sommes convaincus que la mise en œuvre de ces mesures peut aider à rétablir la paix, à apaiser les tensions et à promouvoir le respect des droits de l’homme et des règles de la démocratie. En nous engageant ensemble pour la résolution pacifique de la crise actuelle, nous redonnerons à notre Nation sa place de leader dans la région et son rayonnement dans le monde.

La clochardisation de l’institution judiciaire au Sénégal: la dictature de Macky Sall nous tue, nous emprisonne, nous prive de nos droits…

pourquoi la justice Sénégalaise s’affole et s’ameute devant le constat d’un citoyen ?

L’institution judiciaire est en voie de clochardisation déplorait Jean-Jacques Urvoas alors garde des Sceaux de la République Française. Il soutenait à l’époque qu’il fallait le dire car cela correspondait au vrai visage que les gouvernants avaient donné à la justice. Cela ne constitue en aucun cas un manque de respect à l’endroit de l’institutions ni des hommes qui l’anime. Ce propos a été prononcé publiquement lors d’une visite à Lille en 2016. Le gouvernement d’alors a considéré cette observation avec beaucoup d’attention et en à tirer des orientations qui continuent aujourd’hui de rendre la justice Française beaucoup plus honorable que la justice de beaucoup de pays dans le monde. Cette réaction du gouvernement Français participe à la démocratie et au respect de l’observation critique qui participe à l’évolution des sociétés humaines. Dès lors, le citoyen français, avec aisance et considération se soumet à la République, à ses lois et règlements puisqu’il constate que ces gouvernants abordent avec beaucoup de lucidité l’application des normes qui régissent la vie en société.

Le Sénégal, considéré autrefois « vitrine de la démocratie » vit aujourd’hui sous la dictature du mégalomane Macky Sall, où les dérives de la justice s’intensifient depuis plus de 10 ans. De plus, depuis février 2021, ces dérives du pouvoir judiciaire ont atteint le summum de la clochardisation avec une politisation accru de l’institution et comme le soutient Me Ciré Clédor LY : « le droit y a perdu son latin ».

Les hommes commandés (magistrats) qui desservent la justice en affirmant dans les coulisses que : « accusare nemo se debet nisi coram Macky Sall » « personne d’entre nous n’est obligée de s’accuser lui-même si ce n’est en face de Macky Sall » ont fini de trahir leur sacerdoce et en même temps, le peuple sénégalais.

« De toutes les problématiques liées à la justice, l’indépendance reste, incontestablement, celle qui retient le plus l’attention. Objet de controverses sur fond d’intérêts voire de passion, l’indépendance de la justice ne laisse indifférente aucune catégorie de citoyens. Si les acteurs de la Justice ont naturellement le droit de prendre part à ce débat au nom de la crédibilité d’une institution qu’ils ont pour mission de préserver, les autres citoyens, au nom de qui la justice est rendue, peuvent aussi, légitimement, se prévaloir d’un droit de critique sur une institution qui détient entre ses mains une partie de leur destin » (Téliko, 2019).

Dans l’affaire de diffamation opposant Monsieur Ousmane Sonko (Président du PASTEF et candidat à l’élection présidentielle de février 2024) à Monsieur Mame Mbaye Niang (ministre du tourisme), la procédure est bancale et la justice piétinée de nouveau car « contra factum non datur argument » « contre un fait il n’existe pas d’argument ». L’ampleur de la tragédie causée par la ripaille orchestrée par le sieur Mame Mbaye Niang dans l’affaire PRODAC est un fait inédit et sans précédent dans la conduite des affaires publiques privant à des milliers de jeunes sénégalais l’accès à un emploi décent.

Alors le gouvernement du dictateur Macky Sall ne doit pas s’ameuté à la lecture du post de Bassirou Diomaye Faye (inspecteur des impôts et domaines, Secrétaire général du Parti des Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité, PASTEF) qui n’a fait que décrire l’état actuel de la justice de son pays. C’est son droit le plus absolu.

Comme le rappelait si justement, François d’Aguesseau dans une de ses mercuriales, parlant aux magistrats : « Élevés au-dessus des hommes qui environnent votre tribunal, vous n’en êtes pas moins exposés à leurs regards. Vous jugez leurs différends, ils jugent votre justice ».

L’État de droit est indissociable de l’indépendance de l’autorité de la justice. La dictature policière sur fond de traque des citoyens est inadmissible. sans justice, il n’y a pas la paix, la paix sociale émane de la justice Républicaine alors rétablissez la.

Libérez Bassirou Diomaye Faye,       

libérez Fadilou Keita,

libérez Abdou Karim Gueye,          

libérez Mor Talla Gueye,

libérez Alioune Badara Mboup, 

libérez Cheikh Oumar Diagne,      

libérez Madiaw Diop,                  

libérez Amy Dia,          

libérez Ibrahima Diédhiou,          

libérez Abdoulaye Ndiaye, 

libérez Babacar Ndao,                  

libérez Pape Ousmane Seck, 

libérez Yaya Cissé,                                     

libérez Madické Diop, 

libérez Abdou Sylla,                                      

libérez Bouna Ba,          

libérez Pape Mamadou Seck,          

libérez Abdou Aziz Niang,  

libérez Abdoulaye Diome,                        

libérez Ndongo Diop, 

libérez Ousmane Diatta,                                   

Libérez Diop Taïf,               

libérez Daouda Kaloga,             

libérez Ndeye sassoune Ndao, 

libérez Moustapha Diédhiou,       

libérez Assane Geye, 

libérez Moustapha lo,                            

libérez Bintou Sambou,      

libérez Alioune Niang,         

libérez Mouhamed Samba Djim,  

libérez Ibrahima Gueye nay leer,         

libérez Assane Diouf,

libérez les 500 autres prisoniers politiques de Sédhiou, Ziguinchor, Kaolack, Thiès, Dakar, Diourbel, Touba…et respecter les droits du peuple Sénégalais en lui rendant sa justice.

Sénégal, où va la République avec un Macky Sall qui « macrone de 2012 à nos jours : se montrer inquiet et ne rien faire »

La deuxième alternance politique dans l’histoire de la République du Sénégal était porteuse de grands espoirs de changement auprès des populations, surtout de la jeunesse qui avait participé activement et massivement à ce renouveau. Elle s’est produite suite à une mobilisation citoyenne importante et diversifiée contre une réforme constitutionnelle visant à biaiser les règles démocratiques du jeu politique au Sénégal.

Le vote de l’électeur de 2012 a reflété une volonté de changer les modes de gouvernance du pays et une demande d’un développement plus équitable au bénéfice de toute la population. Ce rejet massif du système de gouvernance du passé s’explique par le bilan plutôt sobre du Sénégal en matière de développement (équité territoriale, emploi des jeunes, adéquation formation et offre emploi, mise en place de mécanismes favorisant le déploiement du secteur privé…).

Cependant, acceptons le fait qu’il y avait une présence de citoyens variés dans les différentes instances de gouvernance et riches d’une diversité ethnique et culturelle assumée. Le pays pouvait se vanter d’avoir su construire et maintenir une culture démocratique lui permettant de demeurer un pôle de stabilité dans une région secouée par des conflits. D’ailleurs, Une nation est une âme, un principe spirituel […], c’est l’aboutissement d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements ; avoir des gloires et des revers communes dans le passé, une volonté commune dans le présent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour prétendre être un peuple et nous les avons tous remplies.

Dès son avènement au pouvoir, la nouvelle équipe dirigeante a voulu porter clairement cet espoir de changement. Elle a donné des signaux forts en termes d’amélioration de la gestion des affaires publiques, comme la diminution de la taille du gouvernement, l’amorce de la réduction du nombre d’agences, la réalisation d’audits des organismes publics, l’adoption d’une loi créant un Office national Anti- Corruption (OFNAC), l’activation de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (et la préparation de son évolution vers une Cour de répression du crime économique et financier), ainsi que l’adoption de la loi transposant le Code de transparence des finances publiques de l’UEMOA et de la loi portant réforme de la Cour des Comptes.

Les dispositions prises par le gouvernement pour la campagne arachidière et pour la relance de la production agricole visant l’auto-suffisance alimentaire (toujours absente), les discussions en cours sur les prix de denrées de base visant à réguler le marché (insoutenable pour la plupart des ménages), et les annonces faites pour une renégociation et une transparence des contrats miniers (toujours opaques) sont autant de signaux donnés par les autorités de leur souci de plus grande justice sociale.

Aujourd’hui après s’être battu pour consolider cet acquis, au lieu de décroitre au fur et à mesure que la démocratisation s’approfondit, le phénomène de recul causé par le clientélisme politique installé depuis les premières heures de la république, s’est accentué pour aboutir sous le régime de Macky Sall dès 2013 à un système politique où le pouvoir est incarné exclusivement par le Président de la République qui concentre les pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire.

Les responsabilités (ministres, directeurs généraux, commandement territorial et autres) sont partagées entre les amis, parents et militants du Président pour qu’ils puissent s’enrichir et redistribuer une partie pour entretenir la clientèle mobilisable pour gagner les élections et conserver le pouvoir. Cela, plombe l’espoir de tout un peuple et remet en cause, le principe fondamental de l’État qui est de veiller à la cohésion nationale en garantissant les mêmes droits à tous les citoyens quelques soient leur appartenance, ethnique, religieuse, politique, etc.

Aujourd’hui, l’État est perçu comme confus, peu accessible, loin des citoyens, trop règlementaire sans pour autant que ceux qui l’incarne et leurs partisans ne s’y inscrivent. Le président de la République ne fait que renoncer à ses obligations et donne l’impression qu’il méprise le peuple. Une crise de confiance envers l’État, dont les citoyens trouvent qu’il n’assure plus efficacement l’éducation, la justice, la sécurité, la santé, en somme: l’amélioration des conditions de vie, de travail et d’épanouissement. Pire Macky Sall assume devant l’opinion nationale et internationale sa posture de filouter ouvertement le peuple « wax waxett[1] ».

Le désespoir des jeunes face au chômage s’accentue ainsi que le manque de perspectives (Barça ou barssak),

l’exclusion sociale est à son comble jusque dans les universités, les corps d’armés, la magistrature…, la détérioration généralisée du pouvoir d’achat et l’accroissement des inégalités entre ruraux et citadins mais aussi entre militants du Président et le reste des Sénégalais, la déperdition scolaire dans les cycles inférieurs, l’échec des politiques d’enseignement supérieur face à l’envie de la jeunesse de se former et d’être qualifiée (de Diouf Sarr à Maguette Sène, les étudiants de l’UCAD ont été plongés délibérément par ces directeurs dans des clivages politiques et ethnique insolites et violents »homicide d’un membre du kekendo à l’UCAD » , écartant ces derniers de leur vocation : construire un savoir et participer à l’éveil des consciences par la culture de l’esprit critique). Toutes ces sources de frustration et de conflits potentiels sont alimentées au quotidien par un manque de vision cohérente au sommet de l’État.

Quelle est la volonté et la capacité réelle de la nouvelle équipe de rompre avec les pratiques du passé et d’adopter une démarche plus développementale ?

Voilà une des questions majeures que l’étude indépendante réalisée pour le compte de la Délégation de l’Union européenne au Sénégal, pilotée par Jean Bossuyt (ECDPM) et Ismaila Madior Fall (CREDILA) s’est posée en juillet 2013.

Aujourd’hui la réponse est claire, avec toutes ces violations des droits humains et du citoyen par le Président Macky Sall :

  • Hold-up électoraux (système de parrainage anticonstitutionnelle, filtrage des électeurs, autorité de surveillance des élections embrigadée) ;
  • Arrestations arbitraires de masse : plus de 300 détenus politiques en moins d’un mois ;
  • Exécutions extrajudiciaires légitimés : Fulbert Sambou, Didier Badji, François Mancabou;
  • Assassinats de manifestants : Moussa Dramé 35 ans Ndoffane, Alassane Barry 17 ans Dakar, Famara Goudiaby20 ans Bignona, Cheikh Wade 20 ans Dakar, Pape Sidy Ndiagne 20 ans Keur Massar, Mansour Thiam 20 ans Dakar, Cheikh Coly 20 ans Bignona, Baye Cheikh Diop 17 ans Yeumbeul, Sadio Camara 18 ans Diaobé, Bounama Sympa Sagna 12 ans Bignona, Chérif Abdoulaye Mané 18 ans Bignona, Cheikhouna Ndiaye 22 ans Dakar, Massiré Gueye 15 ans Diamaguène, Korka Ba Bignona ;
  • Intensification de la torture des citoyens au travers de l’impunité accordée aux forces de défense et de sécurité (aucune enquête n’est diligenté à ce jour pour que la lumière jaillisse sur les assassinats)
  • Création de milices armées par le gouvernement et qui opère avec impunité aux côtés des forces de défense et de sécurité
  • Promotion de la délinquance (multirécidiviste élargie de prison et opérant en plein jour dans l’impunité totale), du trafic en tout genre (faux billets de banque « député de la république membre de la mouvance présidentielle », drogue « membres du gouvernement selon Moustapha Cissé Lo », passeports diplomatiques « députés de la République membre de la mouvance présidentielle », pratique illégale de la médecine « membre de la mouvance présidentielle », patrimonialisation des richesses du pays (Aliou Sall frère du président Macky Sall dans l’affaire pétro Tim, Mansour Faye beau-frère du président Macky Sall dans la gestion nébuleuse des fonds dédiés à la lutte contre la Covid 19, Marième Faye Sall femme du président Macky Sall dans la gestion opaque d’une fondation qui se sert du Sénégal…)
  • Promotion de mécanismes judicaires non commodes et digne d’une dictature (criminaliser la liberté d’opinion et d’association, mandat de dépôt – retour de parquet sans notification préalable du juste motif d’arrestation, usage abusive de la liberté provisoire, obligation de porter le bracelet électronique sans condamnation préalable…)

Le recul de la démocratie et de la bonne gouvernance, le manque de transparence dans la gestion des affaires, l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques sont le maitre mot de la gouvernance de Macky Sall.

Au Sénégal, les coalitions au pouvoir ont globalement eu la tendance à suivre une trajectoire cherchant à combiner enrichissement privé au détriment du bien public, d’un côté, et survie politique de l’autre. Les deux logiques sont intimement liées, propos soutenu par Abdou Latif Coulibaly qui aujourd’hui, se trouve au cœur de ce partage d’intérêts dans une mouvance présidentielle composée en grande partie, de politiciens sans aucune ambition pour le peuple.

Abondant dans le même sens que, Momar- Coumba Diop qui estimait que les élites, sous Abdou Diouf comme sous Abdoulaye Wade, n’ont pas pu sortir des « pratiques politiques et sociales héritées de l’époque Senghorien », l’analyse de la gouvernance sous Macky Sall montre que rien n’a changé, au contraire les pratiques ont été amplifiées et les hommes plus cyniques, impertinents.

Depuis la crise de 1962, le personnel qui dirige le Sénégal, ne s’intéresse pas, fondamentalement… au développement des forces productives de ce pays. Son souci de premier rang, réside dans le perfectionnement des « combines » lui permettant de conserver le pouvoir et de s’enrichir. Telle est, la situation actuelle, un affinement des méthodes, pratiques et mécanismes servant des intérêts politiques à impacts négatifs non défini dans le temps et dans l’espace.

Pour l’équipe gouvernementale de Macky Sall, du moins pour la vision du Président soutenue par ses acolytes, nous notons un grand banditisme d’État et le peuple Sénégalais a le devoir de recouvrer sa République, son État, et sa Démocratie.

Notre DIGNITÉ D’HOMME, nous la devons à NOTRE CRÉATEUR, ne laissons personne nous la confisquer.

[1] Escroquer

Travaillons ensemble pour le respect de la parole donnée, surtout de la part de nos dirigeants: La Casamance a beaucoup souffert

La Casamance a beaucoup souffert depuis l’avènement du conflit le 26 décembre 1982. En effet, depuis cette date plusieurs accords de dépôt d’armes ou de cessez-le-feu ont été signés entre l’État du Sénégal et le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC). A cet effet, nous pouvons citer les accords de cessez-le-feu de Toubacouta et de Cachéu en 1991. Souvent violés par une partie. De l’avis de beaucoup de Casamançais interrogés sur le sujet, la responsabilité de « l’État du Sénégal  » est pointée du doigt. L’exemple le plus cité, C’est le cas de la première rupture du cessez-le-feu de 1991 qui prônait la libre circulation des combattants sans armes dans toute l’étendue du Sénégal. À cet effet, un combattant du MFDC non armé a été tué au pont Émile Badiane de Ziguinchor par les forces de défense et de sécurité du Sénégal. Ce qui provoqua la rupture de l’accord de cesser le feu et la reprise des combats.

Le président Abdoulaye Wade, du temps où il était dans l’opposition politique promettait de résoudre le conflit en 100 jours. Arrivé au pouvoir en 2000 lors de la première alternance Démocratique au Sénégal, il opta pour une stratégie des messieurs Casamance avec les mallettes d’argent pensant pouvoir acheter le maquis. Avec cette stratégie, il est parvenu à diviser pour mieux régner en créant des fractions au sein du MFDC. Cette corruption et cet achat de conscience ont eu comme résultat entre autres d’opposer les maquisards jusqu’à la confrontation fratricide de 2001. D’ailleurs, avec l’appui d’une partie des combattants, de la Guinée Bissau et de l’armée sénégalaise, la fraction de Salif Sadio considérée comme la plus radicale a été attaquée. Ces attaques avaient suscité beaucoup de conséquences en pertes humaines et et causés le déplacement de milliers de casamançais.

En plus, le président Macky SALL candidat pour les élections présidentielle de 2012 au Sénégal, promet aux casamançais de s’ouvrir au dialogue avec le MFDC si jamais il devenait président. Il arriva à la présidence de la République à la suite de sa victoire au second tour des élections. C’est peut-être dans cette idée qu’il aurait effectué son premier voyage international en tant que Président en Gambie pour rencontrer le président Yaya Jammeh. Par ironie du sort, le chef Salif SADIO jugé, le plus radical à l’époque, déclare un cessez le feu unilatéral et confirme être ouvert au dialogue sous la facilitation de la communauté Saint Egidio. Il s’y ajoute que Salif Sadio accède à la demande du Sénégal de libérer les militaires détenus par le MFDC. Après plusieurs années de silence des armes, l’État du Sénégal sous la direction du Président Macky SALL décide d’abord de rompre le cessez-le-feu en janvier 2021 en s’attaquant au maquis du Sud. L’on apprend plus tard que Macky Sall et son homologue Bissau-guinéen (Emballo) ont signé un accord de partage pour l’exploitation du pétrole dans la zone frontalière revendiqué par le MFDC.

Plus tard en janvier 2022, les militaires sénégalais en mission de la CEDEAO en Gambie sous prétexte d’une poursuite d’un camion de bois en territoire Gambien entre dans un cantonnement du chef Salif SADIO. Cette incursion a provoquée des affrontements entre les combattants du MFDC et les soldats sénégalais qui ont occasionnés la perte en vie humaine de 4 militaires sénégalais et 7 capturés.

Si bien que les négociations de la CEDEAO, de Sant’ Egidio et la Croix rouge internationale ont facilité la remise des corps d’abord puis la libération des 7 prisonniers plus tard.

En mars 2022, l’État du Sénégal décide de déclencher une opération de ratissage dans la zone malgré ses engagements auprès de la CEDEAO afin de veiller à la poursuite d’un dialogue sincère pour le retour définitif de la paix en Casamance. Il est important de savoir que la communauté Sant’Egidio médiateur pour la résolution du conflit a invité l’État du Sénégal et le MFDC à un arrêt des combats pour un retour au calme mais ce dernier n’a pas daigné respecter ses engagements. Depuis, l’action militaire se poursuit dans le nord de la Casamance causant un nombre important de déplacés, des villages abandonnés et la fermeture de plusieurs écoles.

Enfin, nous voilà aujourd’hui dans une situation de reprise des affrontements en Casamance entre l’armée du Sénégal et le MFDC avec son lot de malheur. Le président Macky SALL en tournée politique en Casamance plus particulièrement à Goudomp appelle de nouveau le MFDC au dialogue sans avoir respecté ses engagements dans le cadre du processus de paix initié depuis 2012.

En tant que jeune de la Casamance et soucieux du développement économique et sociale de la population, je me sens triste et inquiet parce que mes besoins de cohérence, de sincérité, de sécurité, de paix, de liberté ne sont pas nourris. En ce sens, est-ce qu’il n’est pas temps de donner plus d’importance à la parole donnée mais aussi d’associer la jeunesse Casamançaise aux côtés des facilitateurs pour être garant d’un véritable processus de paix avec au bout un respect des engagements par les deux parties.

Malang CISSÉ, Goudomp le 03 mars 2023.

La Diaspora Casamançaise (CasaDiaspora) des Amériques et d’Europe Appel à l’arrêt immédiat de la Guerre en Casamance

image d’illustration: la guerre n’est pas la réponse

Depuis le dimanche 13 mars 2022, le crépitement des mitraillettes et les coups de canons se font entendre dans le nord de la Casamance. Décision a été prise par les autorités sénégalaises de reprendre les hostilités militaires en Casamance et ceci nonobstant l’option de négociation prise pour la libération des prisonniers militaires il y a de cela près de deux mois.

La Diaspora casamançaise des Amériques et d’Europe ne comprend pas cette attitude belliqueuse qui replonge la Casamance dans la guerre et elle condamne cette option qui toutefois qu’elle a été prise dans le passé n’a abouti à aucune fin du conflit armé mais plutôt qu’à un déplacement des populations civiles et un nombre accru de réfugiés dans les pays limitrophes. Le bilan est assez lourd de conséquences : des villages désertés, des écoles abandonnées, des conditions sanitaires précaires dans des abris de fortune, des lendemains incertains…

Pourquoi toute cette longue période d’accalmie observée ces dernières années n’a-t-elle pas été utilisée pour asseoir la paix en Casamance à travers des négociations sincères et inclusives ?

Pourquoi nous faire croire que des négociations étaient en cours à Sant’ Egidio ?

Pourquoi l’état a opté pour un traitement opaque de cette crise et pourquoi tenir nos élus locaux et les populations en dehors de ce qui se fait autour de ce dossier ?

Pourquoi en parler est-il devenu tabou ?

Y a-t-il jamais eu une volonté sincère de régler cette crise par le dialogue ?
Dans les combats actuels, il est signalé la présence de troupes étrangères. Ceci est d’autant plus alarmant que leur présence démontrerait une volonté manifeste de multiplier la souffrance de nos populations et d’ouvrir ce conflit à des ingérences étrangères.

Nous interpellons encore toute la communauté internationale et particulièrement ces organisations qui avaient mené la médiation et œuvré pour la libération des 7 soldats sénégalais le 14 février 2022: la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la mission Catholique Sant’Egidio, le Comité International de la Croix Rouge (CICR) et les pays qui ont de près ou de loin facilité cette libération, pour amener les uns et les autres à observer un cessez le feu et donner la chance aux médiations.

Leur silence pourrait être complice car leur sortie si honorable ayant permis la libération des militaires, le serait tout aussi pour les milliers de casamançais qui fuient les bombardements et qui appellent de tout leur cœur à un arrêt immédiat des combats et une reprise d’un dialogue sincère entre les deux belligérants.

A nos frères et sœurs, notables, politiciens et dignitaires religieux de la Casamance, l’heure est grave ; la présence probable de mercenaires ou instructeurs étrangers présage des moments sombres.

Il est temps que les casamançais s’approprient la résolution de cette crise car les obus et les victimes tombent chez nous. Jamais nous ne devons applaudir les va-t’en guerre de quelques bords qu’ils appartiennent. Nous seuls pouvons, dans la dignité et le sacrifice, proposer une approche nouvelle à la résolution de ce conflit. Il est évident pour tout observateur de cette crise que l’option militaire ne pourra point mettre fin à ce conflit. Un dialogue inclusif, sincère et ancré dans la justice est, selon nous, la seule voie vers un règlement définitif de ce conflit.

Ramenons la paix en Casamance!

La diaspora Casamançaise, le 29.03.2022.