Aménagement et Développement Territorial: Quels mécanismes pour établir de véritables pôles de développement territorial. Cas du pôle territoire de Casamance.

  1. Problématique et intérêt du sujet :

Aménager le territoire, c’est mettre en place une politique cohérente, transversale et très habile d’organisation de l’espace. Il s’agit de constituer un ensemble de dispositif, de techniques, d’actions et d’interventions qui visent à assurer une répartition adéquate de la population, des constructions, des activités économiques et des équipements et infrastructures, tout en tenant compte des contraintes naturelles et anthropiques à leur établissement.

Les différentes politiques d’aménagement du territoire menées au Sénégal depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, n’ont pas donné les résultats attendus. Tandis que, depuis la réforme de 1996, le contexte et les enjeux du développement local ont sensiblement évolué. Si les préoccupations juridico-institutionnelles ont largement dominé les réflexions dans les premières années de la régionalisation en 1996, aujourd’hui d’autres problématiques majeures semblent émerger, particulièrement celles relatives aux défis socio-économiques cruciaux. Le Sénégal malgré sa situation géographique très favorable (carrefour entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique, bordé par l’océan Atlantique à l’Ouest, disposant de mines, de forêts, de fleuves, de lacs, de vallées fossiles avec un réseau hydrographique relativement dense, un sol favorable à l’activité agricole), connaît un déséquilibre territorial très profond en termes de :

  • Répartition spatiale de la population
  • Equipements sociaux (santé, éducation, formation, service, etc.) et infrastructures structurantes (transports…),
  • Emplois et d’activités professionnelles,

La lecture croisée du contexte, articulée à la faiblesse des politiques et stratégies de développement appliquées jusque-là, induit la nécessité d’initier des alternatives susceptibles de corriger les déficiences et produire simultanément des progrès significatifs à l’échelle nationale et un développement local harmonieux. Ainsi, l’option de l’Etat de promouvoir le développement territorial, afin de contribuer durablement à la promotion économique et sociale du pays, s’inscrit dans cette perspective et justifie le positionnement de l’aménagement du territoire au cœur des processus à engager. Affirmant son choix d’une organisation rationnelle et équilibrée de l’espace national et la valorisation optimale des ressources de ses territoires en mettant en avant les principes d’équité, de subsidiarité (proximité, participation), d’innovation (anticipation, expérimentation) et de complémentarité (solidarité et intégration), le Sénégal s’engage à corriger les déséquilibres territoriaux à travers une planification spatiale judicieuse des activités économiques par la mise en cohérence des réseaux d’infrastructures et d’équipements ainsi qu’une exploitation rationnelle des ressources de façon à offrir à chaque citoyen les conditions d’une vie meilleure[1]. Ainsi dans l’élaboration de cette refondation majeure de l’action territoriale de l’Etat, un vaste chantier a été entreprit dans le cadre de la politique de décentralisation pour une communalisation intégrale et l’érection de pôle territoire. Organisé autour des potentialités du territoire, le pôle est un foyer de concentration économique générateur d’activités motrices avec une forte puissance d’entrainement d’où sa centralité et son attractivité. Comment arriver à l’établissement de véritables pôles territoriaux de développement au Sénégal ?

Dans ce cheminement, le Président de la République indique clairement l’option de «construire, dans le cadre d’un dialogue consensuel et prospectif, le renouveau de la modernisation de l’Etat, à travers une décentralisation cohérente dans ses principes, et performante dans sa mise en œuvre»[2].

Lors du Conseil des Ministres décentralisé du 07 juin 2012, réuni à Saint-Louis, Monsieur le Président de la République a « engagé le Gouvernement à faire le bilan de la décentralisation et à mener la troisième réforme de la Politique de Décentralisation du Sénégal dénommée « Acte III » de la décentralisation ». En outre, l’Acte III de la décentralisation se devait d’être en cohérence avec les documents suivants : la constitution du Sénégal, la Prospective Sénégal 2035, la Lettre de politique d’aménagement du territoire et de développement des collectivités locales (LPATDCL), la Stratégie nationale de Développement territorial (SNDT) et la Stratégie nationale de Développement économique et social (SNDES). Cette réforme consacre la refondation majeure de l’action territoriale de l’Etat et traduit l’option de matérialiser l’ancrage de la cohérence territoriale pour une architecture administrative simplifiée, de clarifier les compétences entre l’Etat et les collectivités locales, de développer la contractualisation entre les deux niveaux décisionnels et de moderniser la gestion publique territoriale sous-tendue par une réforme résolue des finances locales et une promotion soutenue de la qualité des ressources humaines.

Dans cette dynamique, la nouvelle gouvernance territoriale induite par l’Acte III de la Décentralisation s’inspire de trois (03) principes que sont : la territorialisation des politiques publiques, la contractualisation entre l’Etat et les collectivités locales et la coopération étroite entre les élus locaux et les représentants de l’Etat.

  • La constitution du Sénégal, dans son préambule, affirme que les collectivités locales constituent le cadre institutionnel de la participation des citoyens à la gestion des affaires publiques. Elles s’administrent librement par des assemblées élues.
  • La Prospective Sénégal 2035 propose l’achèvement du processus de la décentralisation pour mieux impliquer les populations dans la prise de décisions.
  • La Lettre de politique d’aménagement du territoire et de développement des collectivités locales cible la mise en cohérence de la politique d’aménagement du territoire avec la stratégie de croissance accélérée (SCA) et le positionnement des collectivités locales comme cheville ouvrière d’un développement territorial cohérent et durable.
  • La Stratégie nationale de développement territorial consacre résolument la volonté de l’Etat du Sénégal d’appuyer la transformation des politiques publiques, de redéfinir et de valoriser davantage le rôle de l’ensemble des catégories d’acteurs, en particulier des collectivités territoriales dans le développement économique et social.
  • Au même titre, la Stratégie nationale de développement économique et social prend en compte les préoccupations d’Aménagement du territoire, de développement local et de territorialisation des politiques publiques.

Il s’y ajoute le Conseil des ministres décentralisé du mercredi 27 juin 2012 à Ziguinchor, où le Président de la République a dit toute l’importance qu’il attache à « l’option de territorialisation qui, en revisitant la démarche de conception et de mise en œuvre des politiques publiques, va permettre de bâtir le développement du Sénégal à partir des opportunités, atouts et potentialités de chaque terroir ». En vue de la mise en œuvre de cette option fondamentale, le Chef de l’Etat a demandé au Premier ministre « d’organiser le premier conseil interministériel de l’administration territoriale ». Il l’a, également, instruit de « préparer un cadre adéquat pour la territorialisation des politiques publiques et des offres de services publics et de diligenter l’élaboration et la mise en œuvre du projet territorial de l’État en Casamance pour faire de cette région le territoire test de cette nouvelle politique. ».

Le « Pôle Territoire » ou « Région Territoire » devra constituer la nouvelle assise du développement durable et du rayonnement des territoires. Il s’agit de regrouper les 14 régions en 6 à 8 pôles, pour asseoir des territoires viables  et  compétitifs  porteurs  de  développement  durable. La « Région Territoire» constituerait l’échelon de mise en cohérence des outils de planification des actions de développement dans un espace socio-économique et culturel d’ampleur régionale, et homogène au  plan  éco-géographique.  Les  «Pôles  Territoires  »  sont censés constituer un levier favorisant cohérence et  synergie  des  interventions.  Il  est  attendu  que  la  promotion de tels territoires contribue à l’émergence d’un maillage et d’un développement poly-centré de l’espace communautaire.

La  Commission  sur  la  Cohérence  territoriale  a  proposé  un  regroupement  des  régions  du  Sénégal  en 6 pôles territoires.

  1. Pôle-territoire Casamance. Fusion des régions de Ziguinchor, Sédhiou et  Kolda.  (28  350  km²,  pour  1 551 600 habitants en 2012). Activités : potentialités pour l’économie rurale, industrielle et touristique. Position géostratégique favorable pour élevage, tourisme  balnéaire,  écotourisme,  production  et  transformation agricole.
  2. Pôle-Territoire Diourbel-Louga. Fusion des territoires de Diourbel et Louga. (29 616 km² pour 2 378 000 habitants). Activités : ressources agro-pastorales. Pôle religieux et  économique  de  Touba,  atout  majeur pour le développement territorial et national.
  3. Pôle-Territorial Fleuve : Fusion des  anciennes  régions de Saint-Louis et Matam. (48 503 km² pour 1 562 500 habitants). Atouts : Potentiel hydrologique, hydro-agricoles et hydro-électriques. Spécialisation dans riziculture, maraichage, industrie agro-alimentaire, écotourisme, pêche artisanale et exploitation minière.
  4. Pôle-Territoire Sine Saloum : Fusion des anciennes régions de Kaolack, Fatick et Kaffrine. (23 545 km² pour 2 005  600  habitants).  Atouts : potentialités  agricoles,  touristiques  et  halieutiques.  Zone  de  prédilection  du  bassin  arachidier,  position  géostratégique frontalière avec la Gambie et assurant l’interface avec la Casamance et le Sénégal oriental.
  5. Pôle Territoire Sénégal  Oriental : Fusion  des  anciennes  régions  de  Tambacounda  et de

Kédougou,  (59  602  km2 pour  817  500  habitants). Atouts : Potentialités  naturelles autorisant  une  agriculture diversifiée et le développement d’un tourisme paysager (Parc de Niokolo Koba). Potentialités minières (or, uranium), Ecotourisme, polyculture.

  1. Pôle-Territoire Dakar-Thiès : Plateforme technique et industrielle de Diamniadio, nouvel aéroport de Ndiass, autoroute à péage devraient renforcer les régions et faire de Dakar un véritable hub urbain. Thiès : potentiels industriels, tourisme urbain, industries artisanales (cuir, textile). Atouts : Port Autonome de Dakar-AIBD. Entreprises de services, Maraîchage dans les Niayes, Pêche industrielle et artisanale, Industries chimiques et Tourisme d’affaires[3].

Le sujet abordé par cette étude privilégiera les échelles locales de gouvernance. Il se penchera sur les acteurs de territoire, leurs pratiques et usages plus ou moins favorables à la pérennité des chantiers entrepris par l’acte III de la décentralisation, leur impact sur les territoires, leur appropriation variable de cette nouvelle reconfiguration. Il est ainsi possible de s’interroger sur la mise en œuvre de la nouvelle politique d’aménagement du territoire et de la décentralisation.

Comment l’acte III de la décentralisation et la nouvelle politique d’aménagement du territoire sont-elles définies et appropriées par les acteurs de territoire ?

Par quels mécanismes l’Acte III de la décentralisation et l’érection des pôles territoire sont-ils intégrés aux projets de territoire à l’échelon local ?

Quels impacts produisent ces approches sur les dynamiques des territoires ?

Les processus d’appropriation de cette nouvelle politique de l’Acte III de la décentralisation par les acteurs de territoire sont en effet un point clé de sa mise en œuvre. C’est un questionnement actuel qui soulève de nombreuses interrogations : surtout la mise en place de pôles de développement territorial qui cristallise des enjeux forts et divers (politiques, économiques, socioculturels, territoriaux…).

Ce travail repose sur plusieurs notions clés. L’aménagement du territoire sera abordé dans une vision globale par l’étude des activités et pratiques de l’homme sur les évolutions de son milieu. La décentralisation constituera une entrée pour mieux appréhendé le changement de paradigme dans la mode de gouvernance et la recomposition territoriale devant aboutir à la mise en place de pôles de développement territorial.

[1] La nouvelle Politique d’Aménagement et de Développement territorial, anat, p.5.

[2] Schéma acte 3 final \ (ctréforme\), p.6.

[3] Source : ANAT

 

 

Aménagement et Développement Territorial : Problématique de la Gestion durable des déchets et Assainissement Urbain dans la commune de Ziguinchor. Présentation de la Zone d’étude

Présentation de la Zone d’étude :

DONNEES PHYSIQUES : La région de Ziguinchor est située à 12°33’ Latitude Nord et 16°16’ de Longitude Ouest, déclinaison magnétique 13°05. Son altitude est de 19,30 m dans la partie Sud-ouest du Sénégal, et elle occupe une superficie de 7339 km2, soit 3,73% du territoire national. Elle est limitée au Nord par la République de Gambie, au Sud par la République de Guinée Bissau, à l’Est par les régions de Kolda et Sédhiou et à l’Ouest par l’Océan Atlantique.

RELIEF ET TYPES DE SOLS : Le territoire régional présente un relief généralement plat. Le long du fleuve Casamance, le niveau d’altitude est sensiblement celui de la mer. Une petite portion côtière est constituée de basses terres et se trouve à moins d’un mètre par rapport au niveau de la mer, ce qui facilite l’intrusion marine en cet endroit. Les principaux types de sols que l’on rencontre dans le périmètre régional sont : – les sols hydro morphes au niveau des vallées, exploités pour la riziculture et le maraîchage ; – les sols ferrugineux tropicaux et ferralitiques sableux ou argilo-sableux sur les plateaux et terrasses formant les bassins versants, exploités en cultures pluviales (arachide, niébé, riziculture, etc.) et colonisés par des formations ligneuses, le plus souvent des palmeraies.

VEGETATION ET FAUNE : La région subit l’influence du climat sub-guinéen, favorisant ainsi une forte pluviométrie par rapport aux régions centres et nord du pays. Nous notons la formation d’un domaine forestier constitué par des forêts denses sèches et des forêts galeries localisées principalement dans la partie sud. La mangrove et la palmeraie colonisent la zone fluviomaritime, on note également la présence de rôneraies. La région recèle un important potentiel faunique. Les galeries forestières et certaines forêts classées comportent une variété d’espèces animales telle que les guibs harnachés, des céphalophes à flanc roux, des céphalophes à dos jaune et des cercopithèques (singes verts, patas et colobes), des porcs épics et des reptiles. La végétation rupicole si bien représentée constitue l’habitat de premier choix des singes verts. Dans le département d’Oussouye et plus précisément à Santhiaba-Manjaque, le parc national de la basse Casamance constitue une importante zone de repli de la faune.

EVOLUTION URBAINE DE ZIGUINCHOR

Ziguinchor fut érigée en Commune mixte le 18 Janvier 1907, en Commune de plein exercice avec la loi du 18 Décembre 1956 et en Commune à statut en 1970 avant de retrouver le plein exercice en 1996. Selon le décret n°72-459 du 21 Avril 1972 fixant les limites actuelles de la Commune, elle couvre une superficie de 34 000 ha.

La ville est située dans une cuvette bordée au nord par le fleuve Casamance à l’Est et à l’Ouest par des zones marécageuses. La ville est l’un des pôles des plus vivants au Sénégal et elle est la principale ville économique de la partie Sud du Sénégal.

Le site : Ziguinchor s’est développé sur le fleuve Casamance dans le cadre global de l’environnement naturel amphibie des « rivières du sud ».

La ville est née en un point de resserrement extrême de l’estuaire de la Casamance, resserrement dû à l’avancée vers le nord des bas plateaux méridionaux. On y a là, en fait, le dernier site en aval où la terre ferme est plus proche de la berge vaseuse (si l’on exclut la Pointe Saint Georges et Karabane qui sont d’anciens cordons dunaires dont l’exiguïté ne se prête pas à une véritable création urbaine). Autre avantage supplémentaire du site de Ziguinchor, les vasières étaient absentes de la zone basse bordant immédiatement le fleuve.

A l’heure actuelle, malgré une certaine horizontalité générale des terrains, on peut distinguer deux types de paysages sur le site :

« Les terres basses », dépôts marins et fluviomarins du quaternaire récent, qui s’élèvent jusqu’à 4 ou 5 m d’altitude, le contact avec le plateau étant plus marqué par la différence de végétation que par le dénivelé topographique. En effet à l’ouest et à l’est de la vielle Escale, site d’origine de la ville, s’étendait un paysage de « tann » et de mangrove, mais en grande partie aménagée en rizières, ce qui a longtemps empêché toute extension linéaire de Ziguinchor le long du fleuve.

« Les plateaux », constitués essentiellement du plateau de Peyrissac et celui de Néma qui retombent sur les cuvettes plus loin à Djibélor d’une part et à Tilène et Kandialang d’autre part. Sur ces plateaux, le faciès des dépôts du continental terminal n’est pas gréseux mais sablo-argileux et marneux, avec une faible dose ferralitique qui donne cette couleur rouge caractéristique de la terre et des maisons en banco dans les quartiers de plateaux. Dans cette zone, en plus de la subsistance de quelques fromagers originels, on observe un couvert arboré planté surtout de manguiers.

La structure des quartiers

Ziguinchor se présente comme une juxtaposition de plans successifs articulés tant bien que mal avec comme ligne directrice le souci d’éviter les terrains inondables.

Sur photographie aérienne, la forme de l’organisme urbain Ziguinchor rappelle une abeille aux ailes à demi repliées :

-La tête constituée par le damier de l’Escale avec ses annexes, ville coloniale épousant la direction du fleuve au seul point où celui-ci jouxte la terre ferme

-Le corps rassemble les « quartiers africains » successivement lotis, d’abord Santhiaba dont le quadrillage est disposé obliquement par rapport à l’Escale, ensuite Boucotte sur un plateau avec un damier aux axes méridiens, raccordé à Santhiaba par la large gouttière du canal de Correntas qui sépare les deux quartiers, puis il y a Boucotte Sud, extension de Boucotte vers le plateau de Néma, avec les grandes emprises du lycée, de l’aéroport et de l’hôpital.

-Les deux ailes, soulignés par les deux routes nationales (route d’Oussouye et route du sud à l’est) ; cette zone correspond à la croissance urbaine spontanée dans les deux directions du sud-ouest et du sud-est et dont le lotissement ne se fera que tardivement dans les années 1970-1980. Ces deux ensembles englobent les quartiers de Colobane, Peyrissac et en partie Lyndiane d’une part, et Tilène,Léona, Kandé etc… d’autre, constituant ce que l’on peut appeler « la banlieue » de Ziguinchor.

Mise en place des quartiers

Le poste de Ziguinchor a été créé en 1645 par Gonçalo Gamboa Ayala, capitaine du fort de Cacheu. Le site appartenait aux « Iziguicho », sous-groupe baïnouk qui peuplait le village de Djibélor.

Vers 1880, Ziguinchor n’est encore qu’un gros village d’une centaine de cases carrées de paille sur moins de 3ha. Les incendies sont fréquents. Les habitants s’appellent eux-mêmes « gourmettes » (les baptisés) et pratiquent un catholicisme teinté de paganisme. Ils habitent dans deux quartiers rivaux : celui des hommes libres à l’ouest, se nomme « Vila Fria » ; et celui des captifs à l’est « Tabanka ». Tout le village était cerné par une palissade en bois ; le port est une simple plage où l’on tire les pirogues et où flotte le pavillon portugais. Le chef de poste est un mulâtre et les principales familles portent des noms portugais.

Au moment de la prise de possession par les français entre 1886 et 1888, la ville compte 600 hbts. Les français ont eu beaucoup de difficulté avec les notables créoles pour créer un état civil et un cadastre. En outre, très vite faute de place, les bâtiments commerciaux débordent le village à l’est où entrepôts et boutiques sont alors de simples constructions en banco donnant vers le fleuve sur des wharfs en tronc de rônier. C’est ainsi que se forme petit à petit ce qui va devenir le quartier Escale avec deux axes principaux : un axe qui longe le fleuve, c’est la future Rue du Commerce ; et un axe perpendiculaire au fleuve, c’est la future Rue Javelier.

Le 1er plan connu de Ziguinchor date de 1902 et il est établi par le Lieutenant Lambin, Commandant du Cercle de Casamance. L’agglomération couvre une dizaine d’ha, avec le vieux quartier créole à l’ouest et l’embryon du quartier Escale à l’est où de nouvelles rues sont tracées, amorçant un plan en damier et une église en construction près de l’école des Pères du Saint Esprit. La future Rue Javelier se prolonge vers le sud au milieu de rizières jusqu’au cimetière (le premier) et au-delà il y a quelques cases au milieu des cultures qui préfigurent le quartier de Boucotte. Au sud-est le poste militaire se trouve sur la piste de Djifanghor, tandis qu’une autre route mène à Djibélor. Il faut noter qu’à l’époque pratiquement toutes les communications se faisaient par voie fluviale.

Au terme de l’arrêté du 18 Janvier 1907 du Gouverneur Général de l’AOF, Ziguinchor est érigée en « Commune mixte », avec un Administrateur-Maire civil, assisté d’une commission municipale comprenant 2 membres européens et 3 représentants de la communauté indigène. Le 1er Juin 1907, Ziguinchor supplante Karabane comme chef-lieu du Cercle de Basse Casamance. C’est le 22Septembre 1909 que toute la Casamance est érigée en un seul cercle divisé en 6 résidences dont celle de Ziguinchor et l’Administrateur Supérieur Mac Claud quitte Sédhiou pour s’installer à Ziguinchor à cette date, marquant ainsi le transfert officiel du chef-lieu, mouvement déjà amorcé par les maisons de commerce depuis 1902

Un premier lotissement avait été présenté en 1907, mais le plan définitif est mis au point en 1909 ; il est appliqué sur le terrain en 1910-1911 sur les 36ha du quartier Escale avec deux voies nouvelles au sud et à l’est formant le « Boulevard d’Isolement »

Une nouvelle réglementation est mise en vigueur obligeant les habitants de l’Escale à construire leurs maisons en dur avec les toits de tôle ou de tuiles. La plupart des autochtones, ne pouvant pas supporter de telles constructions, quittent alors le quartier.

Les uns s’installent à l’ouest actuel Boudody, où un premier déguerpissement avait déjà installé sur les rizières les « portugais » de l’escale. Les autres s’installent au sud-est du « Boulevard d’Isolement », dans un secteur qui avait été partiellement loti en 1902-1903 par le Commandant de Cercle Lambin (« Lambinville ») et ce nouveau quartier prend le nom de « Santhiaba » (nouvelle installation).

Les déguerpis de l’Escale ne sont pas expropriés, mais beaucoup de terrains sont achetés par les commerçants et l’Administration coloniale. La plus ancienne construction de la ville de nos jours est l’ancienne Mairie (actuel Conseil Régional). Par la suite l’Administrateur Mac Claud fera construire, à l’ouest de ce bâtiment, la Résidence Supérieure (actuelle Gouvernance), le Trésor et la Poste. Les premiers caniveaux sont creusés pour évacuer les eaux pluviales.

Il se posait à l’Escale un problème d’eau potable, car la nappe phréatique n’atteint pas le secteur riverain. Le puits le plus proche était «la fontaine de Sindian » situé près du marigot de Boucotte. La plupart des maisons de commerce construisaient des citernes métalliques pour recueillir l’eau de pluie. C’est durant cette période avant la 1ére guerre mondiale que le cimetière chrétien de la route de Boucotte est transféré au sud-est en pleine rizière.

En 1914, Ziguinchor compte 750 hbts dont une cinquantaine d’européens. Avec le trafic du port qui ne cesse d’augmenter et d’attirer de nouvelles populations, les faubourgs de Santhiaba et de Boucotte gonflent et l’agglomération passe de 1 500 hts en 1916 à 2 500 hts en 1921. Le territoire de la Commune mixte est élargi en 1922 et fait à cette date plus de 600 ha.

En 1925, Ziguinchor passe au statut de Commune mixte de second degré, c’est-à-dire avec des membres de la commission municipale élus et non plus nommés. Les 1ers libanais comment à s’établir dans la ville. La voierie urbaine est améliorée et on plante en alignement sur ces voies des cocotiers et des caïlcédrats. Quelques automobiles roulent depuis 1920.

Toujours en 1925 le 1er bac automoteur fonctionne pour relier Ziguinchor à la rive nord du fleuve où commence à tracer, au milieu des vasières, « la chaussée de Tobor » devant conduire à Bignona. L’usine électrique fonctionne en 1927. En 1931 l’huilerie traite une partie de la production d’arachide qui était jusque-là exportée en coque vers l’Europe.

En 1930 la ville compte 8 000 hbts répartis essentiellement entre les deux villages de Santhiaba et Boucotte. Deux lotissements successifs complètent à Santhiaba celui de 1902 : le plan est un dossier régulier d’orientation NW-SE et NE-SW avec des lots de 30m/30. Quant à Boucotte qui profite le plus de l’afflux des ruraux, son lotissement se fait en 1926 avec des axes NS et EW ; En 1932 déjà le quartier déborde à l’ouest pour former le futur quartier de Peyrissac.

A l’est un petit village baïnouk, Goumel existait depuis longtemps au bord du fleuve. Des européens s’y sont fait établir des titres fonciers pendant la 1ère guerre mondiale et les habitants doivent déguerpir pour aller créer la palmeraie proche du nouveau cimetière, le village de Dièfaye. Durant la même période, au-delà de la dépression qui ceinture Santhiaba au sud, des mancagnes émigrés de la Guinée portugaise construisent à l’orée du plateau quelques cases qui seront à l’origine du quartier de Tilène.

La période de véritable expansion de Ziguinchor se situe après la 2é guerre mondiale. En 1945 Ziguinchor compte 10 000hts. La ville est dotée d’un véritable aéroport en 1953. Un ouvrage de quai est construit en 1955 pour permettre l’accostage facile des navires de mer, en lieu et place des wharfs. La route transgambienne est tracée.

En 1956 Ziguinchor accède au statut de commune de plein exercice qui abroge le système du double collège électoral.

Le recensement de 1951 donne 15 600 hbts autochtones et 530 « européens et assimilés ». La 1ére mission de photographie aérienne date de 1954 et fait apparaître à l’ouest la croissance de Boucotte qui donne les quartiers de Peyrissac et Nièfoulène. La ville atteint la route d’Oussouye et la dépasse avec l’embryon du futur quartier de Colobane.

Vers le sud au-delà de Boucotte, un habitat clairsemé s’étire vers l’aéroport jusqu’à la bourgade de Néma. Le petit village de Kansaoudy blotti sous sa palmeraie s’étend plus à l’ouest. A l’est à partir de Santhiaba, l’urbanisation touche Petit Kandé, séparé du village par une palmeraie jardinée qui donnera plus tard le quartier de Léona. Toujours à partir de Santhiaba, le quartier de Tilène pousse avec des digitations vers l’ouest au cœur des rizières humides dans un secteur qui donnera les quartiers de Belfort et de Kadior

Il faut constater que jusque-là, malgré la croissance démographique et l’apparition de nouveaux quartiers, l’habitat n’est jamais jointif. Du reste, le dessin d’ensemble de la ville, y compris dans l’escale, laisse apparaître de très importants espaces libres.

La mission aérienne de 1960 confirme la croissance en éventail de l’agglomération de Ziguinchor avec ses 30 000 hbts. La ville continue de grandir au plan spatial. A l’ouest les quartiers de Colobane, Soukoupapaye, Grand Dakar et Lyndiane sont constitués ou se constituent. Néma fait la jonction avec BoucotteTilène s’élargit au sud-est et la jonction est faite entre Santhiaba et Kandé.

Le quartier de Lyndiane, déjà embryonnaire, sera confirmé et personnalisé avec les missions aériennes de 1966 puis celle de 1969. Cette période voit également naître entre 1960 et 1966 le quartier d’Alwar et son extension vers le village rural de Kandialang.

Officiellement en 1951, on relève cinq (05) quartiers : Escale, Boudody, Goumel-Karantaba, Santhiaba et Boucotte.

En 1960 il y a huit (08) quartiers officiels : Escale, santhiaba (qui inclut ses extensions), Boucotte nord-ouest, Boucotte nord-est, Boucotte sud, Peyrissac, Grand Dakar et Tilène. En 1967 la ville est découpée en douze (12) quartiers.

En 1973 on repasse à une délimitation en cinq (05) quartiers : Boudody incluant l’escale ; Santhiaba avec toutes ses extensions y compris Tilène ; Boucotte-Est ; Boucotte-Ouest (Peyrissac) et Boucotte-Sud (qui inclut Grand Dakar). Ce n’est qu’un tout petit peu plus tard, que les limites communales intègrent le quartier extra communal de Colobane et le village de Kandé, ancien chef-lieu de Canton. Il faut noter que la société des HLM a construit deux cités : une à Néma dans les années 1960, et une autre à Boudody en 1970-72.

Le pont Emile Badiane pour traverser le fleuve vers la rive nord à la place du bac a été inauguré en Janvier-Février 1979. Durant les années 1970 à 1980 différentes opérations de lotissements ont eu lieu dans les quartiers spontanés notamment à Grand DakarPeyrissac, une partie de LyndianeTilène, Belfort etc. Ces opérations ont créé une vive tension dans la ville. De nouvelles règles et critères d’attribution de lots ont été définies et les nouveaux lotissements (Château d’eauTilène et autres quartiers) ont connu moins de tension dans les années 1980-1990. Une nouvelle cité de logements modernes réalisés par un privé est construite dans les années 1980 entre Kansaoudy et Néma.

Dans les années 1980 un nouveau découpage officiel fait passer la ville à dix (10) quartiers, puis en 1987 le dernier découpage met en place seize (16) quartiers : Boudody-EscaleSanthiaba (incluant Tilène et Belfort), Dièfaye, Kandé, Djibock, Kandé sibenck, Colobane, Boucotte Ouest, Boucotte EstBoucotte Centre, Djiringho, Lyndiane, Néma, Kénia et Kandialang

Au niveau de Goumel, l’Etat a cédé son titre foncier à la Commune qui l’a rétrocédé à un privé en relation avec la banque de l’Habitat pour la réalisation de parcelles viabilisées vendues.

Aujourd’hui l’extension de la ville se fait en direction de Kénia, Diabir, et le secteur de Kandialang et Kantène.

face à la réaction inappropriée des autorités politiques et policières lors de la manifestation des jeunes de Cap skiring, Ibrahima khalil SANE, Secrétaire Général du Kékendo s’indigne et témoigne la solidarité de l’association envers la jeunesse de Cap Skiring


Pour une cohésion nationale, un respect de la dignité de chaque citoyen et une équité territoriale, l’Etat du Sénégal doit revoir sa politique en Casamance. 
 

Beaucoup diront que tout a été dit il y’a de cela des décennies et d’ailleurs, dans ce sujet précis, d’autre penserons que nous ne faisons que répéter. Cependant, la répétition est pédagogique et permet une mise au point à chaque fois que le besoin se fait sentir. 

Le cas actuel de Cap Skiring m’interpelle (une jeunesse soucieuse de son bien-être qui après avoir vécu une situation périlleuse “sans assainissement et sans réseau efficace de distribution d’eau potable” pendant des années, dans un territoire pilier du développement touristique au Sénégal, s’organise pour demander de la part de l’Etat, beaucoup plus de considération trouve sur son chemin une armada des forces de l’ordre qui finira par imposer le désordre et semer le chaos. Ce sujet m’interpelle autant que tous les citoyens de mon pays et j’en arrive à dire que l’Etat du Sénégal doit revoir sa politique en Casamance.  

Tout a été dit, Dieu sait que je ne ferais que répéter. Et je ne saurais tout répéter. J’écris juste pour compatir et me solidariser avec la jeunesse de Cap Skiring et dire à nos autorités : plus de considération pour la population de Casamance.  

Comme un sort d’oubli ou un manque de considération jeté sur la Casamance. Les besoins et les sentiments réels de la population de Casamance ont toujours été mal compris. Le traitement erroné réservé depuis la période des indépendances n’a pas servi à grand-chose. Si ce n’est qu’une opposition féroce par rapport à l’indépendance de ce territoire. Cependant, il n’y a pas jusqu’ici une politique sérieuse dans le sens de son épanouissement dans un Sénégal pluriel.  

 J’y reviendrai parce que maintenant, les mots ne devraient plus constituer des murs à l’union de nos peuples et au développement de tous.

Au-delà de l’Etat, toutes les autorités administratives, politiques et les populations ont l’obligation de revoir leurs méthodes, leurs démarches. Partons sur le simple fait de l’observation des faits par séquence de 20 ans depuis les indépendances de 1960.  

De 1960 à 1982, la gestion d’une marche pacifique conduit à un irrédentisme sans précédent. De 1982 à 2000 une gestion de crise inachevée. De 2000 jusqu’à nos jours, nous avons connu la tragédie du bateau Diola. On ne parle plus de la résolution de la crise. L’armée essaime ses cantonnements dans les villages de Casamance et provoque la panique des populations et la réaction des combattants du MFDC avec pour résultat: la reprise des affrontements.

Un besoin de savoir où en sommes-nous avec l’avancement du dossier de la tuerie de Boffa Bayott  et de l’assassinat de Abdou  Elinkine.  Enfin  comment l’or de Sabadola est exploité sur le dos des populations et comment le zircon de Gnafourang devrait être exploité, le bois de teck et les dérapages récents des policiers à Ziguinchor et à Sédhiou.  

Où sont les Casamançaises et Casamançais ?   

Autant d’interrogations pour tous les Sénégalaises et Sénégalais, mais précisément à la jeunesse de tout bord. Aux autorités locales, elles devraient s’apercevoir que leurs rôles vont maintenant au-delà de la représentation du parti au pouvoir. Mais plutôt, à la prise en charge des besoins réels des populations. Et vouloir prendre les forces de l’ordre comme bouclier ne marchera plus.  

Chers gouvernants, ce n’est pas avec la force que l’on parviendra à organiser la société de nos jours.

La Casamance est un territoire où le respect et le dialogue véridique te hisse au sommet de la reconnaissance et au cœur de la sacralité de l’Hommes.  

Comment est-ce qu’un maire de Cap Skiring, avec toute sa réputation touristique peut concevoir que sa population n’ait pas accès à l’eau potable. Si aujourd’hui, les forces de l’ordre tirent à balle réelle sur des manifestants pacifiques, qui demandent le minimum pour assurer leur vie, il y’a problème Monsieur le Président de la République .  

Je manifeste toute ma solidarité et celle de toute la jeunesse Casamançaise à l’endroit des jeunes de Cap Skiring. Vous avez droit à l’eau potable pour votre vie et pour faire face à cette pandémie. 

CAP FONDINKEL AL WILI… 

ATIJAMIIT A POYOUL!!!          

 

Ibrahima Khalil Sané SG du KEKENDO 

Aménagement et Développement Territorial : Problématique de la Gestion durable des déchets et Assainissement Urbain dans la commune de Ziguinchor. Deuxième partie

Au XXIe siècle, la protection de l’environnement est devenue un enjeu majeur, en même temps que s’imposait l’idée de sa dégradation à la fois globale et locale, à cause des activités humaines polluantes. La préservation de l’environnement est un des trois piliers du développement durable. C’est aussi le 7e des huit Objectifs du Millénaire pour le Développement, considéré par l’ONU comme « crucial pour la réussite des autres objectifs énoncé dans la Déclaration du Sommet du Millénaire ». Le processus de décentralisation au Sénégal a fini de montrer que l’espace n’est pas un support statique ni neutre du point de vue des aménagements. Les sociétés humaines, en modifiant perpétuellement leur environnement, créent des conditions favorisant la disparition, le maintien ou l’émergence de certaines problématiques liées à leur bien-être (Salem, Jannée, 1989 ; Cadot et al., 1998). Dans les villes des pays en développement, les effets de l’urbanisation plus ou moins bien maîtrisée (quartiers spontanés, dégradation de l’habitat, rareté des services surtout d’assainissement, etc.) créent de nouvelles situations sanitaires (Dorier-Apprill, 2000 ; Obrist, 2006). Avec ce phénomène à l’origine de fortes concentrations humaines sur de petits espaces favorisant la propagation de multiples pathologies, les questions de santé deviennent une préoccupation centrale à la fois des décideurs et des populations (Salem, 1999). Dès lors, l’aménagement du territoire s’intéresse à l’espace urbain à cause de l’absence de certaines infrastructures d’assainissement facilitant ainsi la prolifération d’agents pathogènes due à un certain nombre de facteurs d’insalubrité.

L’urbanisation rapide et sauvage des pays d’Afrique a causé la détérioration de l’environnement et a mis en danger la vie de nombreux citadins. L’une de ses conséquences les plus inquiétantes dans le monde en développement, et particulièrement en Afrique, réside d’ailleurs dans les problèmes de gestion des déchets solides, liquides et toxiques. Des incidents qui ont eu lieu récemment dans les grands centres urbains d’Afrique montrent que le problème de la gestion des déchets a atteint des proportions telles que les mesures prises par les différents niveaux d’administration et les spécialistes se sont révélées infructueuses. Il suffit de traverser n’importe quelle ville africaine pour constater les manifestations de ce problème : amoncellements de déchets, détritus le long des routes, ruisseaux bloqués, sites d’enfouissement menaçant la santé dans les secteurs résidentiels, et élimination inadéquate des déchets toxiques.

À l’indépendance, le Sénégal a hérité d’une armature urbaine modeste certes, mais suffisante pour susciter d’intenses courants migratoires alimentés notamment par les zones rurales. Les villes étaient d’autant moins à même d’offrir aux immigrants des conditions d’accueil satisfaisantes que l’aide de l’ancienne métropole visait davantage à soutenir les activités productives que les programmes sociaux. Aussi les infrastructures et les équipements mis en place sous la colonisation commençaient-ils à se détériorer sous la pression de la demande. C’est dans le domaine de l’habitat que les altérations du cadre de vie urbain étaient le plus perceptibles, du fait de l’inexistence quasi complète de plans indiquant les conditions de la croissance future. De surcroît, la lenteur mise dans l’exécution des lotissements à usage résidentiel devait donner libre cours à la création de quartiers spontanés dépourvus des services les plus élémentaires surtout en matière d’assainissement collectif.

Les collectivités locales auraient pu compléter l’action de l’État. Mais les modestes ressources dont disposaient les communes étaient dilapidées dans des opérations sans lendemain au lieu d’être employées pour des investissements d’intérêt collectif avéré. À ce legs difficile à assumer, il convient d’ajouter les déséquilibres de l’armature urbaine et leurs incidences sur les conditions de la polarisation de l’espace national pour apprécier l’importance et l’urgence des défis lancés aux nouvelles autorités nationales. À la faveur de la période de transition vers l’Indépendance, l’ordre urbain a été profondément mis à mal par les pratiques individuelles inconsidérées. La restauration du respect des règles d’intérêt général ne pouvait être imposée que par une volonté extérieure à la population, en d’autres termes par la puissance publique.

L’Office National d’Assainissement du Sénégal (ONAS) créé en 1996 pour prendre en charge la réalisation des ouvrages d’assainissement a piloté un projet de 100.000 branchements sociaux aux réseaux d’égouts dans les zones périurbaines pour l’atteinte en 2015 des Objectifs du Millénaire pour le Développement. La composante assainissement urbain est d’un coût global de 32 millions de dollars US et comprend l’augmentation du nombre de branchement de 19 centres urbains secondaires.

Le taux d’accès à l’assainissement en milieu urbain est passé de 62,0% en 2005 à 62,4% en 2012 et les objectifs étaient de permettre à 1,73 millions de personnes supplémentaires d’accéder à un service d’assainissement pour atteindre un taux d’accès à l’assainissement de 78 % en 2015.

Les fosses septiques avec puisard restent le type d’assainissement individuel le plus utilisé au Sénégal. L’assainissement dit « non conventionnel », génère à Dakar, malgré l’existence du plus important réseau d’égout, entre 178 070 m3 et 182 445 m3 de boues de vidange par an.

L’assainissement collectif des eaux usées au Sénégal ne concerne actuellement que les centres urbains de Rufisque, Louga, Saint-Louis, Kaolack, Thiès, la station touristique de Saly à Mbour et Dakar (les deux derniers centres urbains cités sont dotés d’installations complètes,). Entre 2005-2006 ; 29 336 branchements individuels et 14286 autres à l’égout ont été réalisés.

Au Sénégal, près de 16% des ménages utilisent le réseau d’égout. Il s’agit principalement de ménages urbains (28,7%). S’agissant du type d’aisance, 48% des ménages utilisent des toilettes équipées d’une chasse dont 32,4% sont raccordées à une fosse ; 38,1% utilisent des latrines dont près de la moitié est constituée de latrines non couvertes. La défécation dans la nature concerne 11,2% des ménages.

Le type d’aisance utilisé diffère sensiblement selon le milieu de résidence. Les toilettes munies d’une chasse (44,2% avec fosse et près de 27% raccordée à l’égout) constituent le principal type d’aisance en milieu urbain.

Trois principaux modes d’évacuation des ordures ménagères sont observés : le dépôt sauvage (42,2%), le camion de ramassage (29,1%) et la calèche ou charrette (16,1%). Le dépôt autorisé (5,1%), l’enfouissement (1,6%) et l’incinération (3,5%) sont très peu usités par les ménages. Cette situation témoigne, de la quasi inexistence d’infrastructures dédiées au traitement des ordures domestiques. Un écart substantiel s’observe selon le milieu de résidence. En effet, les citadins font le plus souvent appel aux camions de ramassage (52,5%) et aux calèches ou charrettes (20,9%). Environ 18% des ménages urbains utilisent les dépôts sauvages, (ANSD. RGPHAE 2013).

Le drainage des eaux pluviales n’est pas assuré dans beaucoup de zones dans un contexte de retour des pluies entraînant la récurrence des inondations dans les régions de Dakar, Kaolack, Saint-Louis, Ziguinchor et Matam.

Depuis 2000, l’Etat avec l’appui des partenaires au développement a entrepris plusieurs activités de construction et d’extension des réseaux de drainage des eaux usées et pluviales dans les centres urbains, la réalisation d’ouvrages collectifs d’évacuation des excréta, le renforcement de la communication et de la sensibilisation et l’accompagnement des Associations de quartier et des Organisations Communautaires de Base et des populations et l’expérimentation du système d’assainissement à faible coût. Le secteur de l’assainissement est aussi confronté aux difficultés de drainage des eaux pluviales. Ces insuffisances sont accentuées par le retour d’une pluviométrie abondante qui entraîne la récurrence des inondations dans toutes les régions du pays surtout à Ziguinchor.

En 2012, nous avons assisté à la validation de la phase prioritaire du plan d’assainissement de la ville de Ziguinchor et février 2017 nous avons enregistré le lancement des travaux du projet d’assainissement des eaux usées de la ville de Ziguinchor avec pour objet: l’amélioration de façon significative des conditions de vie et de santé des populations dans les zones d’intervention du projet. D’un montant de quatre milliards trois cent soixante millions (4 360 000 000) F cfa, financé à 50% par la Banque Africaine de Développement et le reste par l’Etat du Sénégal pour une consistance des travaux de:

22 km de réseau d’évacuation des eaux usées

1863 branchements à l’égout

1 station d’épuration d’une capacité de 3900 m3/j

1 station de pompage

Aujourd’hui, nous notons un grand retard sur l’exécution des travaux et jusqu’à présent, les populations continuent de souffrir d’un manque criard d’un véritable réseau d’assainissement.   

Conscient de la nécessité d’intervenir dans ce secteur, trop souvent négligé dans les politiques nationales et locales ou dans les politiques d’aide internationale, nous nous sommes intéressés à ce sujet qui traite de la question de l’assainissement de façon globale intitulé: (Problématique de la Gestion durable des déchets (solides, liquides et toxique ; réseau de collecte, évacuation et traitement des ordures ménagères, eaux pluviales, excréta)  et Assainissement Urbain dans la commune de Ziguinchor). Ce travail reviendra en grande partie sur les engagements politiques avancés dans le domaine de l’assainissement de la commune de Ziguinchor et l’attente des populations qui peinent à vivre dans un cadre bien assainie où le bien-être est assuré.

L’objectif principal de ce travail est d’arriver à une formulation d’un projet de « Gestion durable des déchets et de l’assainissement urbain » à travers un schéma cohérent de prospective. La démarche de la prospective de développement territorial implique la mise en œuvre de projets de territoire. Les territoires sont confrontés à des mutations, des recompositions qui impliquent une démarche prospective pour construire l’avenir. Il s’agit d’un instrument pour aider à la compréhension des changements et à la définition de projet de territoire représentatif d’un futur désiré.

Notre attente est que les enseignements qui seront tirés et devant nourrir notre sujet quant à la nécessité d’intégrer la question de l’assainissement et de la gestion durable des ordures ménagères soient le plus largement partagés entre tous les intervenants du secteur et les populations et qu’ils constituent un pas de plus vers l’amélioration des conditions de vie des populations de la commune de Ziguinchor.

Notre plan de rédaction s’articulera autour des thèmes spécifiques de recherche que sont :

La première partie: étude socio-économique et urbaine de Ziguinchor, sera composée de quatre chapitres qui traiteront en premier de la présentation de la Zone d’étude à travers l’examen de quelques aspects du milieu physique en lien étroit avec la problématique des déchets. Nous reviendrons  de façons beaucoup plus détaillé sur la création et l’évolution de la ville de Ziguinchor; population, dynamique économique locale et en dernier lieu nous ferons l’étude spatiale de la zone d’étude.

La deuxième partie intitulée: population-activités-cadre de vie et bilan des actions sur les déchets ménager comprend trois chapitres qui traitent respectivement du profil de la population étudié et des spécificités de leurs activités mais aussi des caractéristiques du cadre bâti et du niveau de confort des ménages. Il s’agit de démontrer les liens entre ces différents paramètres et la problématique de l’assainissement public. Dans cette partie, figure également, une petite synthèse de la gestion des déchets au Sénégal, particulièrement dans la zone d’étude en passant par le processus de la décentralisation et des compétences héritées par les collectivités locales dans le domaine de l’assainissement urbain.

La troisième partie: Gestion durable de l’assainissement des eaux usées et des excréta, traitera la question de l’évolution des systèmes d’assainissement et faisabilité technico-économique collectif à coût réduit, Bilan comparatif de divers systèmes d’assainissement autonome, Gestion domestique de l’assainissement : pratiques, attitudes, comportements et demande, Valorisation et traitement des déchets liquides, Éducation à l’hygiène et promotion de l’assainissement.

La quatrième partie: Gestion durable des déchets et de l’assainissement urbain avec comme chapitre, La participation des opérateurs privés indépendants à l’amélioration du service public d’assainissement, Vers une meilleure intégration des équipements d’assainissement individuel et collectif, Rationalité des acteurs et régulation du service d’assainissement, Gestion durable des déchets solides urbains, Valorisation des déchets, Optimisation de la pré-collecte et de la collecte, Gestion appropriée des points de rupture de charge et de décharge, Optimisation de la chaîne de transport des déchets, Financement durable de la filière des déchets, La commune face à la gestion des déchets, Conditions d’émergence d’expériences alternatives locales.

Aménagement et Développement Territorial : Problématique de la Gestion durable des déchets et Assainissement Urbain dans la commune de Ziguinchor. première partie

 

  1. Problématique et intérêt du Sujet :

Aménager le territoire, c’est mettre en place une politique cohérente, transversale et très habile d’organisation de l’espace. Il s’agit de constituer un ensemble de dispositif, de techniques, d’actions et d’interventions qui visent à assurer une répartition adéquate de la population, des constructions, des activités économiques et des équipements et infrastructures, tout en tenant compte des contraintes naturelles et anthropiques à leur établissement.

Les différentes politiques d’aménagement du territoire menées au Sénégal depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, n’ont pas donné les résultats attendus. Tandis que, depuis la réforme de 1996, le contexte et les enjeux du développement local ont sensiblement évolué. Si les préoccupations juridico-institutionnelles ont largement dominé les réflexions dans les premières années de la régionalisation en 1996, aujourd’hui d’autres problématiques majeures semblent émerger, particulièrement celles relatives aux défis socio-économiques cruciaux. Métropole d’équilibre et capitale régionale de la partie Sud-Ouest du Pays, Ziguinchor se caractérise par une croissance spatiale très importante induite à la fois par son pouvoir économique et administratif, les difficultés d’un hinterland soumis à la déliquescence agricole et à un conflit armé qui perdure depuis plus de trente-cinq années. La morphologie de la ville présente une opposition entre un quartier central (Escale) monopolisant toutes les activités économiques et administratives et des quartiers périphériques créés souvent sans respect des normes urbanistiques. L’expansion spatiale se heurte à des contraintes physico-géographiques très marquées puisque Ziguinchor est située dans une cuvette étranglée par le fleuve Casamance au Nord et des Zones marécageuses respectivement à  l’Est (marigot de Boutoute) et à l’Ouest (marigot de Djibélor). Seule la partie Sud, forestière présente théoriquement des possibilités d’extension.   

Alors que l’urbanisation croissante des territoires reste un phénomène majeur dans les pays en développement, il est plus que jamais nécessaire d’y assurer les conditions d’un développement urbain durable et harmonieux. Au nombre de ces conditions, l’assainissement, la gestion des déchets liquides et solides produits par les villes joue un rôle central : en dépendent à la fois l’amélioration des conditions de vie des populations (leur bien-être) et la protection de l’environnement. Ajoutons aussi pour le cas bien précis de notre étude: la mise en place d’un réseau d’évacuation des eaux pluviales car cela pourrait mieux aider à lutter contre les inondations en période d’hivernage mais aussi à éviter la stagnation des eaux de pluies, espaces propices à la prolifération des moustiques: vecteur du paludisme. Au cours de ce XXIe siècle, la protection de l’environnement est devenue un enjeu majeur, en même temps que s’imposait l’idée de sa dégradation à la fois globale et locale, à cause des activités humaines polluantes. La préservation de l’environnement a occupé une place de choix parmi les trois piliers du  développement durable, considéré par l’ONU comme « crucial pour la réussite des autres objectifs énoncé dans la déclaration du Sommet du Millénaire ».

Aujourd’hui l’accès à l’eau et à l’assainissement est devenu une préoccupation majeure pour les gouvernements. En effet, « l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est un droit de l’Homme essentiel à la pleine jouissance de la vie », au même titre que le droit à l’alimentation ou à la santé. En dépit de cette reconnaissance du droit à l’eau par l’ONU en juillet 2010 et des progrès réalisés, la situation demeure déplorable : près de 800 millions de personnes n’ont pas accès à une source d’eau améliorée et 2,5 milliards sont privées de services élémentaires comme les toilettes ou les latrines. Près de 80% de la population mondiale habite des régions où la sécurité de l’eau est compromise et chaque année, plus d’un (1) million d’enfants meurent suite à des maladies diarrhéiques.

Mettre en place une gestion efficace des ressources hydriques et des services d’assainissement, c’est générer un impact considérable sur le développement, notamment en termes de santé, d’agriculture, d’élevage, etc. La pénurie d’eau et le manque d’assainissement de base sont un frein considérable à l’évolution d’une société et rendent encore plus vulnérables les populations pauvres surtout dans les centres urbains. En septembre 2000, lors de la 55ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, les États se sont engagés à « réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a ni accès à une source d’approvisionnement en eau potable ni à des services d’assainissement de base », dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Cet engagement devait être respecté, pour que chacun puisse bénéficier de conditions de vie respectueuses des droits de l’Homme. En 2015, dans la définition des Objectifs du Développement Durable (ODD) : Les objectifs de développement durable sont un appel à l’action de tous les pays – pauvres, riches et à revenu intermédiaire – afin de promouvoir la prospérité tout en protégeant la planète. Ils reconnaissent que mettre fin à la pauvreté doit aller de pair avec des stratégies qui développent la croissance économique et répondent à une série de besoins sociaux, notamment l’éducation, la santé, la protection sociale et les possibilités d’emploi, tout en luttant contre le changement climatique et la protection de l’environnement.

2 Les Objectifs du millénaire pour le développement, et les cibles qui y sont associées, sont dérivés de la Déclaration du millénaire qu’ont signée 189 pays, dont 147 représentés par leur Chef d’Etat, en septembre 2000 (www.un.org/french/documents/ga/res/55/a55r002f.pdf -A/RES/55/2). Les objectifs et cibles sont interdépendants et doivent être considérés comme un tout. Ils représentent un partenariat entre les pays en développement et les pays développés, tous résolus, comme il est dit dans la Déclaration du millénaire, à « créer — aux niveaux tant national que mondial — un climat propice au développement et à l’élimination de la pauvreté ».

Les rares centres urbains dotés de plans d’urbanisme avant 1960 étaient Dakar, Saint-Louis et Rufisque. Les autres localités devaient leur aménagement, si tant est-il qu’il existait des administrateurs avisés. Lat Soucabé Mbow, Les politiques urbaines : gestion et aménagement /p. 213/, la question de l’eau et de l’assainissement a été pointée à l’objectif 6 (six) parmi les dix-sept.

Deux raisons principales président à la mise en œuvre de services d’assainissement : éviter les maladies et protéger l’environnement des pollutions. À l’heure où 2,4 milliards de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès à des toilettes et où une large majorité des eaux usées sont rejetées sans traitement dans la nature, les risques sanitaires (diarrhées, choléra, etc.) et environnementaux (pollution de la ressource ou encore destruction de la biodiversité) sont très importants.

Aujourd’hui, dans de nombreuses agglomérations des pays en développement, la situation en matière d’assainissement et d’élimination des déchets solides est cependant critique, et tend parfois même à se dégrader dans un contexte d’urbanisation croissante et non maitrisée.

Au Sénégal, les lois de la décentralisation (96-06 et 96-07) ont transféré aux collectivités locales neuf (9) domaines de compétences par la loi 96-07. Il s’agit de l’éducation, la santé, population et action sociale, la planification, l’aménagement du territoire, les domaines, l’urbanisme et habitat, la culture, la jeunesse, sports et loisirs et l’environnement et la gestion des ressources naturelles.

Parmi lesquelles: la responsabilité de la gestion des déchets alors que ces dernières rencontrent d’importantes difficultés pour assurer ce service et offrir un cadre de vie épanoui aux populations. Toutefois, certaines dispositions du code des collectivités locales rappellent que « tout transfert de compétence à une collectivité doit être accompagné du transfert concomitant par l’Etat à celle-ci, des ressources et moyens nécessaires à l’exercice normal de cette compétence ».

La Région de Ziguinchor avec sa population grandissante estimée à 621 171 htbts dont 318 925 Hommes et 621 174 Femmes en 2017 est complètement dépourvue d’un réseau d’assainissement pour eaux usées. Il existe par contre un réseau de drainage des eaux pluviales en très mauvaise état du fait de certaines pratiques populaires qui consistent à en faire des poubelles à ciel ouvert. Le réseau d’assainissement est limité dans la ville de Ziguinchor, au quartier du port, tandis que les eaux pluviales des autres quartiers se déversent dans un canal naturel qui traverse la ville. Un canal en béton, à l’état actuel très dégradé, a été réalisé, il y a plusieurs années. Les eaux usées en différents endroits sont souvent déversées dans le réseau des eaux pluviales, ce qui provoque de graves problèmes d’insalubrité dues aussi bien aux stagnations locales qu’au déversement direct dans la partie du fleuve en face de la ville. En effet, l’occupation progressive du terrain n’ayant pas bénéficié de mesure d’accompagnement du plan d’urbanisation, il s’avère nécessaire d’améliorer les conditions d’écoulement des eaux tombées à l’intérieur de la ville par un réseau de collecte.

La mobilisation de la communauté internationale sur cet enjeu ne fait pas de doute. Elle s’est exprimée notamment dans les engagements pris en 2002 au Sommet mondial du développement durable à Johannesburg, où les objectifs de développement du millénaire ont été confirmés et complétés.

Né de la prise de conscience collective de la fragilité de la planète, le développement durable est un enjeu de ce nouveau siècle. Il renvoie à la capacité de nos sociétés humaines à satisfaire leurs besoins présents sans compromettre ceux des générations futures. Il questionne des modèles de développement promus par les pays du Nord qui sont à l’origine d’avancées technologiques fondamentales mais aussi de graves problèmes écologiques et renvoie à de nouvelles interrogations sur la manière d’organiser la maîtrise des évolutions et des interactions complexes qui existent entre l’homme, les activités de production et d’échange qu’il a su générer, et les ressources naturelles, qui sont limitées. Toutefois, si des expériences concrètes et prometteuses sont conduites dans diverses villes, elles restent limitées et leurs enseignements ne font pas l’objet d’une diffusion à grande échelle, condition nécessaire d’une amélioration significative de la situation.

Pour atteindre nos objectifs concernant cette thèse, nous adopterons la démarche hypothético-déductive dont le point de départ est, pour un problème posé la formulation d’une théorie explicative à partir de postulats. Par déduction, on recherche les conséquences théoriques et un modèle explicatif est proposé. Une phase de confrontation vérification du modèle à la réalité permet de vérifier s’il existe une bonne conformité ou concordance entre les deux. Si c’est le cas, cela permet d’énoncer une loi générale qui répondrait au problème. Cette phase de confrontation peut également permettre de repérer des écarts ou différences. Dans ce cas, on propose une modification du modèle. Le but de cette modification est d’intégrer ces écarts. Cela passe par la prise en compte d’autres paramètres qui affinent le modèle. Nous y associerons la MARP qui est une méthode de diagnostic basée sur: une approche participative, permettant l’association active et responsable des populations. Une volonté d’intégrer la dimension participation des populations aux politiques de développement urbain et semi urbain dans la commune de Ziguinchor.

Ce travail repose sur plusieurs notions clés. L’aménagement du territoire sera abordé dans une vision globale par l’étude des activités et pratiques de l’homme sur les évolutions de son milieu. La décentralisation constituera une entrée pour mieux appréhendé le changement de paradigme dans la mode de gouvernance et de gestion de la question de l’assainissement à travers le transfert de compétences. L’assainissement qui est une démarche visant à améliorer la situation sanitaire globale de l’environnement dans ses différents composants. Il comprend la collecte, le traitement et l’évacuation des déchets liquides  et l’évacuation des déchets liquides, des déchets solides et des excréments. Les déchets sont des objets ou des substances ayant subis une altération physique ou chimique, ou qui ne présente plus d’utilité et/ou qui est destiné à l’élimination ou au recyclage.

Afrique : le grand réveil; Christian Gambotti

Le grand réveil de l’Afrique est une évidence, comme en témoigne la couverture de l’hebdomadaire Le Point du jeudi 20 mars 2014. Dans ce numéro, Le Point consacre tout un dossier spécial au continent noir et annonce le lancement d’un site (www.lepointafrique.fr), « qui dira tout de ce chantier fascinant et de ses acteurs ». Jusqu’à présent, il était question de cette Afrique qui gagne uniquement dans les livres écrits par des experts, les revues spécialisées  ou les colloques . Désormais, le grand basculement historique que représente l’arrivée de l’Afrique dans la mondialisation est connu de tous, excepté peut-être de la France et de l’Europe qui ne comprennent pas que les pays africains sont en train de connaître une deuxième indépendance, l’indépendance économique.

L’indépendance économique

La première indépendance que connaît l’Afrique, celle des années 1960, est une indépendance politique, indépendance certes nécessaire, mais insuffisante. À l’époque de la Guerre froide, l’Afrique reste le terrain d’affrontement des deux grandes superpuissances de l’époque, les États-Unis et l’URSS. Les années 1960-2000 sont, pour toute l’Afrique, des années chaotiques. En 1960, la Côte d’Ivoire, libérée du joug colonial, est un pays beaucoup plus riche que la Thaïlande. Cinquante ans plus tard, les positions se sont inversées : en 2012, le PIB de la Thaïlande est de 365 milliards de dollars, celui de la Côte d’Ivoire de 25 milliards de dollars. Pour des raisons multiples, l’Afrique a donc connu, entre 1960 et 2000, une phase de retrait. L’entrée dans le XXIe siècle marque pour la plupart des 54 pays africains le début d’une deuxième vie, fondée sur l’indépendance économique avec des taux de croissance qui, selon les pays, oscillent entre 7 % pour l’Éthiopie ou le Rwanda et 14 % pour la Sierra Leone. Fer de lance de l’économie de l’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire prévoit une croissance à deux chiffres pour 2014.

Le dynamisme, la créativité et l’optimisme sont aujourd’hui du côté de l’Afrique, devenue une sorte d’immense laboratoire qui possède tous les atouts de l’émergence et où se joue l’avenir de la planète. Bien entendu, la réalité de l’Afrique est complexe et les obstacles, sur le chemin de l’émergence, sont nombreux, mais le continent s’inscrit, de façon accélérée, dans une dynamique pleine de promesses. Pour Jean-Pierre Raffarin, admirateur du « grand réveil » de la Chine, l’Afrique connaît à son tour ce « grand réveil » qui provoque un autre basculement historique : « tout le monde faisait, depuis des siècles, l’erreur de tenir l’Afrique pour une variable d’ajustement à la merci des puissances de toutes les époques. Son essor récent et les perspectives de son devenir, constituent de ce fait une mutation majeure du monde, dont on ne peut prédire l’effet de levier colossal sur l’humanité du siècle prochain. Il est temps de compter avec l’Afrique, et donc de la connaître ». Plus de cinquante ans après avoir été libérée de son asservissement colonial, l’Afrique, si elle s’en donne les moyens, peut se libérer de son asservissement économique. Comme le dit très justement Jean-Pierre Raffarin, « il est temps de compter avec l’Afrique, et donc de la connaître ». Le grand reproche qui peut être fait à nos dirigeants, en particulier un Nicolas Sarkozy étonnamment enfermé dans une image ancienne du continent, est de ne pas avoir pris la mesure de la capacité de développement de l’Afrique, qui, grâce à la Chine, peut désormais se passer des aides de la France, de l’Europe ou de l’Occident. En même temps, il semble que la passion de l’Afrique se soit peu à peu éteinte chez nos dirigeants. Ils n’ont pas vu ce qu’Antoine Glaser, fin connaisseur de l’Afrique, démontre dans son dernier livre : la « Françafrique », un concept qui au début n’était pas péjoratif, est devenue l’« Africafrance ». Pour Antoine Glaser, les relations entre la France et l’Afrique se sont désormais inversées. Avec l’arrivée de nouvelles puissances sur le continent noir, les dirigeants africains sont devenus les maîtres du jeu. Il est temps, pour la France, de mieux connaître cette Afrique devenue une puissance émergente et géostratégique.

Connaître l’Afrique

Il s’agit, pour la France comme pour l’Europe, de mieux connaître l’Afrique, qui n’est plus ce continent infirme des périodes pré- et postcoloniales. L’Afrique est aujourd’hui un continent en marche, de plus en plus présent dans l’économie mondiale et dans le système des relations internationales. Ce grand basculement historique que représente la marche vers l’émergence est irréversible, même si le continent ne représente encore, alors qu’il comprend 12 % de la population mondiale ; que 2 % du Produit intérieur brut (PIB) mondial et 3 % des Investissements directs etrangers (IDE). L’instabilité demeure comme en témoignent les derniers soubresauts des guerres civiles ou religieuses de Centrafrique ou du Sud-Soudan, l’offensive des islamistes du Mali ou du Nigéria et les guerres locales prédatrices. On considère que 20 % de la population africaine est touchée par des guerres avec des zones de chaos dans lesquelles s’affrontent des bandes armées pour le contrôle des circuits de prédation. L’Afrique reste aussi un continent de pauvreté : un Africain sur deux vit sous le seuil de pauvreté extrême. 34 des 54 pays africains figurent parmi les Pays les moins avancés (PMA), 22 ont un Indice de développement humain (IDH) très faible. L’économie de la zone sahélienne reste fragile et très vulnérable. Les entraves à la mise en œuvre des principes de bonne gouvernance sont encore trop nombreux. Connaître l’Afrique, c’est donc ni l’idéaliser, ni y voir un continent incapable de relever les défis qui l’attendent.

Connaître l’Afrique, c’est aussi comprendre que les pays africains n’ont pas encore achevé la trajectoire qui doit leur permettre de se constituer en États-nations capables de surmonter la menace des anciennes guerres ethniques ou tribales. L’avenir de l’Afrique dépend largement de l’institutionnalisation de l’État, constamment menacé par les crises. Pour Philippe Hugon, « le futur de l’État conditionne le futur de l’économie » . Il faudrait préciser : la construction et le futur d’un État impartial conditionne la construction et le futur de l’économie et du développement. La Côte d’Ivoire, après la crise électorale de 2010-2011, se réinvente à travers l’État, qui montre qu’il est capable de créer les conditions du développement du pays, en conduisant une politique de réconciliation entre les individus, en générant une société politiquement mûre et en assurant un partage équitable des richesses. Aujourd’hui, les Ivoiriens évoquent très peu la crise électorale, leurs préoccupations concernent l’emploi et le pouvoir d’achat. Là où l’État est faible, comme au Mali, en Centrafrique, au Sud-Soudan, au Nigéria, les menaces demeurent, en particulier à travers les tensions entre chrétiens et musulmans. Le Kenya reste sous la menace des 42 tribus qui s’affrontent, en particulier les Kikuyu du président « réélu » et les Luo du challenger « battu », avec l’instrumentalisation des passions ethniques, le défi est surtout politique. Le président sortant « réélu » mais contesté, Mwai Kibaki, souhaite-t-il répondre à la protestation sociale ou choisira-t-il de s’enfermer dans une dérive autoritaire et une captation des richesses ? Aujourd’hui, la lecture tribale du conflit entre les Kikuyu et les Luo au Kenya ne suffit plus. Pour Kofi Annan, prix Nobel de la paix en 2001, directeur général de l’ONU pendant dix ans, « la clé, c’est la transparence. Ceux qui ne sont pas au pouvoir ne doivent pas avoir le sentiment d’être volés par ceux qui l’exercent. Il faut faire comprendre à ceux qui gagnent une élection que cela ne leur donne pas tous les droits et qu’après une victoire électorale, on doit partager les ressources avec les plus faibles » .

En même temps, l’évolution de l’Afrique est une réalité quand on voit des pays comme l’Angola, l’Éthiopie, le Mozambique, le Rwanda, la Sierra Leone, qui ont choisi de se reconstruire en créant des emplois grâce à une forte croissance : 7 % en Éthiopie et au Rwanda, 14 % en Sierra Leone. Alors que la croissance française n’a pas dépassé, en 2013, les 0,3 %, le PIB du continent noir était de 4,8 %, il est annoncé à 5,3 % en 2014. Mais, « l’Afrique est un continent de 54 nations, il y a donc 54 situations particulières. Certains pays bénéficient d’une croissance économique spectaculaire », tient à rappeler Kofi Annan. On peut supposer que tous les pays africains ne s’inscriront pas sur la même trajectoire de développement, mais le cercle vertueux du développement doit profiter à tous : aucun pays ne pourra vivre en paix, s’il existe, à ses frontières ou à l’intérieur même du pays, des poches de misère extrême, comme en témoigne la situation au nord du Mali ou au Nigéria avec les zones les plus pauvres qui voient prospérer l’organisation criminelle Boko Haram. En Afrique, les conflits sont de plus en plus attisés par l’enjeu que représente l’appropriation des ressources. La conscience ethnique reste certes l’une des composantes de l’affrontement politique, mais l’ethnicité n’explique pas tout. Un pays comme le Botswana, qui a réussi à s’émanciper en douceur du protectorat britannique tout en favorisant l’expression des libertés démocratiques, gère de façon rigoureuse, la rente diamantaire, montrant qu’il est possible d’éviter la malédiction des matières premières (pillage des richesses et économie de la rente) et conduire une politique du partage vertueux des richesses. Deuxième producteur mondial de diamants, le Botswana veut devenir la première place diamantaire du monde, selon l’ancien ministre du Commerce, Neo Moroka, devant Anvers, Londres ou Tel-Aviv, ce qui est possible dans un pays où la corruption est très faible. On voit se dessiner une Afrique nouvelle qui ne veut plus se contenter du simple statut d’exportateur de matières premières.

Vaincre la malédiction des matières premières

Les matières premières participent, de façon prépondérante, au « grand réveil » de l’Afrique et à son développement économique, en particulier dans les sept pays qui auront, en 2014 et 2015, un taux de croissance supérieur à 7 % : Libéria, 7 % ; Mozambique, 7,2 % ; Zambie, 7,4 % ; Ghana et RDC, 8,9 % ; Côte d’Ivoire, 9 % ; Sierra Leone 9,5 %. Ces chiffres sont donnés par les Nations unies dans « Situation et perspective de l’économie mondiale ». Or, si l’Asie a su créer une véritable industrie locale de transformation des matières premières, l’Afrique est, dans ce domaine, très en retard. Il est donc urgent que se développe sur le continent noir une industrie locale de transformation. Au deuxième New York Forum Africa, qui s’est tenu à Libreville, capitale du Gabon, le 14 juin 2013, le président gabonais, Ali Bongo, a invité les Africains à devenir les acteurs et non pas de simples spectateurs du développement du continent. Cela passe par une industrialisation massive de l’Afrique, afin de transformer localement les matières premières dont elle dispose. Le président ivoirien Alassane Ouattara a d’ailleurs insisté, lors de ce forum, sur l’urgence qu’il y a à développer une industrie locale de transformation. Le secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique, Carlos Lopes, considère que l’industrialisation du continent est une nécessité absolue, parfaitement réalisable, si l’Afrique veut maîtriser, de façon durable, son développement économique et social. Après avoir bâti sa fortune dans les télécoms, le milliardaire anglo-soudanais Mo Ibrahim se consacre aujourd’hui au grand réveil politique et économique du continent. Il considère que « l’Afrique pourrait devenir l’usine du monde ». L’Éthiopie est en train de devenir l’Eldorado des manufacturiers chinois ou turcs pour le textile et le cuir. La Chine étant devenue moins compétitive, Huajian, une entreprise chinoise, commence à délocaliser sa production de chaussures en Éthiopie en installant, dans la banlieue d’Addis-Abeba, une usine de 3 000 ouvriers.

Déjà, en 1976, dans un article publié par la revue Ethiopiques, l’ancien président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, avait établi une différence entre la croissance et le développement harmonieux et solidaire. Ces dix dernières années, malgré la crise mondiale, la croissance de l’Afrique s’est maintenue autour de 5 % par an, ce qui est considérable. La croissance est une chose, le développement harmonieux et solidaire qui profite au plus grand nombre en est une autre. Fer de lance de l’économie de l’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire, qui connaît une croissance à deux chiffres, doit maintenant répondre aux préoccupations majeures des Ivoiriens, qui concernent l’emploi et le pouvoir d’achat. L’emploi passe par l’industrialisation de la Côte d’Ivoire, c’est-à-dire la création d’une industrie locale de transformation. Le bois et le cacao sont des filières dans lesquelles il est urgent, pour la Côte d’Ivoire, de créer cette industrie locale de transformation.

L’Afrique n’est plus, pour les multinationales, un continent synonyme de pauvreté. Le « boum » démographique annonce l’existence d’un marché considérable avec l’émergence d’une classemoyenne qui dispose d’un pouvoir d’achat suffisant. L’Oréal a l’ambition de devenir le « premier groupe de beauté » en Afrique avec un marché qui croit deux fois plus vite. Magatte Wade, une Sénégalaise de 38 ans, qui incarne la nouvelle génération des entrepreneurs africains, souhaite produire au Sénégal une marque de cosmétiques de luxe. Le « grand réveil » de l’Afrique passe par ces nouvelles générations d’entrepreneurs qui sont en train de changer aux yeux du monde et des Africains eux mêmes, l’image de l’Afrique. C’est à travers cette nouvelle génération d’entrepreneurs que l’économie africaine peut se diversifier et se moderniser.

Se diversifier : il est important que les pays africains, à côté des très grosses entreprises minières et pétrolières, étrangères et financièrement off-shore, diversifient leurs économies à travers un réseau de PME capables d’assurer une large part de la production industrielle, avec des objectifs de qualité et de compétitivité. Le moteur du développement se situe dans toutes ces jeunes entreprises privées qui viennent prendre le relais des anciennes grandes sociétés d’État qui sont nées au moment des indépendances et qui ont généré un modèle économique aujourd’hui à bout de souffle. Le Burkina Faso, à partir d’un guichet unique, « La Maison de l’Entreprise », voit se créer 600 entreprises par an. Dans toute l’Afrique, cette nouvelle génération d’entrepreneurs a besoin de routes, d’un systèmes d’éducation et de formation efficace, d’une ouverture des marchés et d’une bancarisation plus importante, un accès au crédit, un meilleur climat des affaires et la stabilité politique à travers la consolidation de l’État et de la démocratie…

Se moderniser : les secteurs du commerce et de l’agriculture, qui sont les deux autres composantes d’un développement équilibré, doivent aussi se moderniser. Alors que la faim dans le monde a reculé ces vingt dernières années, la malnutrition, qui est un problème structurel, augmente en Afrique. Or, l’Afrique dispose de vastes réserves de terres cultivables, à la fois pour assurer sa sécurité alimentaire et promouvoir une agriculture de pointe. Un pays comme le Gabon importe 90 % des produits agricoles et alimentaires dont il a besoin, la manne pétrolière l’ayant conduit à négliger la production agricole locale. Les pays africains n’ont pas su, jusqu’à ces dernières années, conduire une véritable politique agricole. Les politiques agricoles mises en place ont même plutôt tendance à pénaliser les producteurs en ne leur donnant pas de véritables incitations. Le « grand réveil » de l’Afrique doit aussi être un « réveil agricole ». Mais, comme pour tous les secteurs d’activité, il existe en Afrique de très grandes disparités entre les 54 pays, lorsqu’il est question de malnutrition ou de famine, d’autosuffisance alimentaire, la malnutrition et les famines sont en lien avec la pauvreté, les conflits, les contraintes environnementales (baisse des précipitations). Pour répondre aux besoins de l’Afrique, il faudra, d’ici 2050, multiplier par deux les surfaces cultivables et par trois les rendements agricoles, ce qui nécessite des investissements, un accès au crédit pour les producteurs, des progrès de productivité, des stratégies d’irrigation, des coopérations régionales. Les zones surpeuplées en voie de désertification, zones sahéliennes et corne de l’Afrique, supposent des actions d’urgence. L’agriculture africaine, qui a souffert du désengagement des États, des bailleurs de fonds et des donateurs, doit revenir au centre des préoccupations, car elle est l’un des leviers de l’émergence. Pour parodier Senghor, on peut dire que l’agriculture est en effet au commencement et à la fin du développement.

Un signe qui ne trompe pas : les investissements étrangers

Le temps de l’Afrique est arrivé, les investisseurs ne s’y trompent pas. En 2014, les investissements étrangers en Afrique vont, en e et, battre des records et devenir, avec 80 milliards de dollars, la première source d’apports financiers extérieurs . Il existe quatre sources de financement extérieurs : l’aide publique au développement, les investissements directs étrangers, les investissements de portefeuille, les transferts des migrants. La vitalité de la croissance africaine attire les Investissements directs étrangers (IDE) et les investissements de portefeuille tournés vers la rentabilité du capital. Entre 2000 et 2014, les investissements extérieurs à l’Afrique auront quadruplé pour dépasser les 200 milliards d’euros ainsi répartis : les IDE, 80 milliards; les transferts des migrants, 67 milliards; l’Aide publique au développement (APD), 55 milliards, dont 3,4 fournis par la France. Le secteur privé occupe désormais une place prépondérante dans le financement du développement africain. Les flux des IDE se concentrent sur un petit nombre de pays africains qui possèdent d’importantes ressources naturelles comme l’Afrique du Sud, le Ghana, le Mozambique, le Nigeria ou le Soudan. Les 27 pays africains à faible revenu sont toujours tributaires de l’aide publique au développement. Fait nouveau, les IDE en provenance des 34 pays membres de l’OCDE sont en recul, la source majeure d’investissements provenant des pays émergents, en particulier la Chine avec 27,7 milliards de dollars. Deux raisons expliquent cette hausse record des IDE : l’abondance des matières premières en Afrique et l’émergence d’une classe moyenne de près de 400 millions de consommateurs. Ce qui est remarquable aussi, c’est la hausse du nombre des investisseurs africains, montrant ainsi que les Africains sont désormais en situation de se réapproprier leur économie. L’objectif, désormais atteignable à travers les coopérations régionales, est de satisfaire les besoins des populations en termes d’emploi, de pouvoir d’achat, de santé et d’éducation. Une Afrique riche qui accepterait le maintien d’importantes poches de pauvreté se retrouverait sous la menace des instabilités chroniques et des guerres locales prédatrices.

Une Afrique nouvelle en train de s’écrire

Tout va se jouer, pour l’Afrique, dans les prochaines années avec ce grand basculement historique dont la formidable accélération est en train d’étonner le monde. À l’heure actuelle, les signes d’un élan décisif se multiplient, en particulier le « boum » démographique. Comment ignorer que, dans le dernier tiers du XXIe siècle, un habitant sur trois sera, sur notre planète, un Africain. L’Afrique compte aujourd’hui 1 milliard d’habitants, 2,5 milliards en 2050, 4,5 milliards à la fin du siècle, dont 750 millions de francophones. Un marché gigantesque s’offre aux entreprises. Une main d’œuvre abondante, d’ores et déjà disponible, est là avec la nécessité, pour l’Afrique, d’élever les niveaux de qualification, de développer des filières porteuses, de créer une industrie de transformation afin d’exporter des produits à forte valeur ajoutée. Au dynamisme des entrepreneurs doit s’ajouter, dès à présent, la qualité des politiques publiques. Aujourd’hui, la téléphonie mobile s’invente en Afrique. Les services bancaires sont appelés à se développer, le taux de bancarisation étant encore très faible. L’Ivoirien Gabriel Fall, président du Conseil d’administration de la bourse régionale des valeurs mobilières, affirme : « Aujourd’hui, l’Afrique a développé suffisamment de compétences pour pouvoir compter sur elle-même ». Les investisseurs locaux sont de plus en plus nombreux : selon le chiffre de 2012, vingt-trois bourses africaines affichent une capitalisation boursière de plus de 1 300 milliards de dollars.

La France est-elle capable de prendre la mesure de ce « grand réveil » de l’Afrique ? Qui sait, en France, que l’Éthiopie est un pays qui s’est réformé avec une économie qui se diversifie, un pays qui connaît une croissance à deux chiffres ? À l’image d’un pays pauvre, désertique, ravagé par les guerres et la famine, se substitue, peu à peu, l’image d’un pays dont l’économie est classée parmi les plus dynamiques du monde. Le pays vient d’obtenir un prêt de la Banque mondiale, afin de développer une industrie manufacturière avec, comme enjeu central, la création d’emplois. Qui sait que les chantiers navals de Cherbourg ont été sauvés par le Mozambique qui a passé une commande de 24 chalutiers et 6 patrouilleurs pour 200 millions d’euros ? Aujourd’hui, l’Afrique, qui est la deuxième zone la plus dynamique après l’Asie, ne représente que 11 % des ventes des entreprises françaises à l’international. Après avoir connu une situation de quasi monopole dans sa zone d’influence, la France, face à la concurrence mondiale, y perd des parts de marché. Entre 2000 et 2010, les parts de marché de la France sur le continent se sont effondrées, passant de 16 % à 9 %. Sur la même période, la Chine a vu ses parts de marché passer de 3,5 % à 12,5 %. Parce qu’elle perd des parts de marché dans sa zone d’influence, – le nombre des PME françaises présentes en Algérie a chuté de 40 % entre 2005 et 2011 -, la France se tourne vers de nouveaux marchés, espérant capter une part de la croissance des grands pays anglophones et lusophones que sont l’Afrique du Sud, l’Angola, le Nigeria, la Tanzanie ou le Kenya».

Progrès économiques et progrès en matière de gouvernance

Il est difficile de dissocier progrès économique et progrès en matière de gouvernance politique. L’application des principes de bonne gouvernance est une nécessité sur le chemin de l’émergence avec, comme objectif, l’ambition de servir le bien public. L’Union africaine cherche à imposer un fonctionnement institutionnel régulier. Les populations sont désormais connectées au reste du monde. Les jeunes générations ont soif de consommation et de démocratie. La maturité politique gagne du terrain. Afin de pallier l’étroitesse des marchés locaux, des coopérations régionales, comme en Afrique de l’Ouest, se mettent en place. Le réveil de l’Afrique est une réalité. Mais, si l’heure n’est plus à l’afro-pessimisme, il n’est pas nécessaire de tomber dans un afro-optimisme qui nierait la complexité de la réalité africaine. L’Afrique est, en ce début de XXIe siècle, mieux partie qu’elle ne l’était, dans les années 1960, au moment des indépendances politiques et de la Guerre froide. Les Africains eux-mêmes portent un regard différent sur leur continent. Ils savent que l’Afrique est en passe de devenir le moteur de la croissance mondiale, d’abord parce qu’elle possède des ressources naturelles, ensuite parce que ses propres besoin sont colossaux, enfin parce que les progrès accomplis en matière de gouvernance politique sont réels.

L’Afrique nouvelle aura à gérer, d’ici 2050, le doublement de sa population, mais aussi le triplement de sa population urbaine, les investissements productifs destinés à son industrialisation, la réalisation des infrastructures de base, le développement d’une agriculture beaucoup plus productive à des fins d’autosuffisance et de sécurité alimentaires, les défis de l’eau et de l’électricité, la lutte contre la vie chère. Pression démographique, croissance urbaine, industrialisation et augmentation des rendements de la terre de la productivité du travail, tout cela aggrave les menaces qui pèsent sur l’environnement. L’Afrique aura aussi à consolider l’État-nation, de manière à ce que l’intérêt général l’emporte sur les intérêts individuels, ethniques ou tribaux. Le « grand réveil » de l’Afrique doit aussi être un réveil institutionnel. S’ajoute aussi la nécessité de gérer l’arrivée en Afrique de nouveaux partenaires comme la Chine. Les générations nouvelles, acteurs publics et privés que l’Institut Choiseul mettra en évidence avec son classement « Choiseul 100 Africa », ont les compétences et la volonté d’écrire les pages d’une Afrique nouvelle, capable de relever les défis internes, l’intégration dans des pôles régionaux et la synchronisation avec la mondialisation.

Baboucar Badji de conclure: « qu’il revient à la jeunesse Africaine de mesurer les enjeux du moment et de prendre sa responsabilité face à l’avenir, OUI AVENIR que la jeunesse Africaine va fasconner (Élaborer un ouvrage par un travail sur la matière) avec ses propres mains sans rien attendre de qui que ce soit. Demain est à nous, cependant c’est aujourd’hui qu’il faut mettre toute l’organisation indispensable à la construction de l’Afrique Nouvelle, LIBRE ET INDÉPENDANTE. »

YEWOU DIOT NA.« L’impérialisme, tel le chasseur de la préhistoire, tue d’abord spirituellement et culturellement l’être, avant de chercher à l’éliminer physiquement. La négation de l’histoire et des réalisations intellectuelles des peuples africains noirs est le meurtre culturel, mental, qui a déjà précédé et préparé le génocide ici et là dans le monde. » CHEIKH ANTA DIOP.

Le contexte informationnel changeant et l’arrivée de fausses nouvelles, promues par des personnalités ou des médias grands publics, ont un poids considérable sur la société. Surtout, les nouvelles bases sur lesquelles se développent les référentiels de compétences informationnelles impliquent d’étudier les stratégies de pensée critique. L’angle de la métalittératie devient déterminant, car la pensée critique est un processus rigoureux de conceptualisation, application, analyse, synthèse ou évaluation active et habile de l’information (Scriven et Paul, 1987). Le concept de pensée critique a été affiné et enrichi depuis son apparition il y a 2500 ans. En regardant à travers la littérature, diverses définitions ont été trouvées pour aider à comprendre la nature de la pensée critique. John Dewey (1993) est le premier à définir la pensée critique comme «une pensée réflexive… une réflexion active, persistante et croyance ou forme supposée de connaissance à la lumière des motifs qui la soutiennent et des autres conclusions auxquelles tend »(p. 99-116) et John Dewey (1993) ont suggéré un modèle de pensée critique en 5 phases qui comprenait-

(1) des suggestions,

(2) définition du problème,

(3) génération d’hypothèses,

(4) raisonnement et

(5) tests d’hypothèses.
Dans cette définition, Dewey affirme la nécessité pour les individus de participer activement et de manière persistante à leur propre processus de réflexion à travers des réflexions, motiver et interpréter les conclusions et les évaluer. Apprentissage s’améliore dans le processus de réflexion.
Bloom (1956) définit la pensée critique comme la capacité d’acquérir des connaissances par l’exploration d’idées concernant six niveaux suivants: connaissance, compréhension, application, analyse, synthèse et évaluation. Connaissances et la compréhension appartient au faible niveau de réflexion, tandis que les autres éléments appartiennent au niveau supérieur de réflexion compétences.

Alors, dans cette situation de pandémie du Covid-19, si l’Europe, l’Amérique ou n’ importe qu’elle continent trouve son vaccin, qu’il effectue les test pour sa population. Oser aller jusqu’à la conclusion d’une démarche scientifique dans son environnement, avec sa population, est une valeur dédiée aux hommes comme Cheikh ANTA DIOP, le Docteur Raoult.

Notre référent, le Docteur Didier Raoult, ensemble nous vaincrons.

L’heure du réveil a sonné, chers humains.

« Le président Macky Sall a trahi son serment… » (Guy Marius Sagna).

En 1960, le ministre français Michel Debré écrit au gabonais Léon Mba : « il y a deux systèmes qui entrent en jeu : l’indépendance et les accords de coopération ».

Ces accords de coopération avec la France et les diktats du FMI et de la banque mondiale ont transformé le Sénégal – comme plusieurs autres – en pays  » politiquement dominé, économiquement exploité, culturellement appauvri et militairement occupé « . Si nous ne sommes pas vigilants, on y ajoutera « sanitairement exterminé « .

Le Sénégal et l’Afrique ne sont pas indépendants. Le Khalife général des tidianes nous le rappelait récemment. Et hier le président Macky Sall nous a parlé de « 60 ans de liberté retrouvée ».

Le président Macky Sall a trahi son serment lui qui a dit  » Devant Dieu et devant la nation sénégalaise je jure (…) de consacrer toutes mes forces à défendre (…) l’indépendance nationale, et de ne ménager aucun effort pour la réalisation de l’unité africaine.  »

Qu’a-t-on vu pendant ces 60 ans?

« Une prolifération de petites dictatures sans liens organiques, éphémères, douées d’une faiblesse chronique, gouvernée par la terreur à l’aide d’une police hypertrophiée, mais sous la domination économique de l’étranger qui tirerait les ficelles à partir d’une simple ambassade » (Cheikh Anta Diop).

En 1952, il y avait au Sénégal un agent d’hygiène pour 1732 habitants. Aujourd’hui,  en pleine pandémie de coronavirus il y a 1 agent d’hygiène pour 33.707 habitants dans le département de Dakar. Dakar a besoin de 573 agents. Dakar a 34 agents (chiffres de 2018). Comprenons alors pourquoi certains demandaient « c’est quand la fin de l’indépendance ? »

Posons nous alors la question: c’est quoi le problème: le coronavirus ou la gestion du Sénégal par des « tojjeman » soumis au néocolonialisme ? Le FRAPP a raison de citer « aujourd’hui plus que jamais, nos ennemis ne sont ni les virus ni les bactéries mais bien ceux qui détruisent par l’appât du gain nos meilleures armes collectives contre eux. » Nos armes ont pour nom : infirmiers, biologistes, hôpitaux, gants, masques, respirateurs, unités pharmaceutiques, médecins… Macky Sall a préféré Ter, Brt, Stade olympique, Hcct, Cese, chargés de missions, fonds politiciens…plutôt que de doter le Sénégal d’armes suffisantes pour faire face aux virus et aux bactéries.

Dans son discours du 3 avril, le président Macky Sall a dit que si ce n’était le coronavirus il aurait organisé un grand défilé. Voilà nos dirigeants! Organiser un grand défilé au moment où vous n’avez ni suffisamment d’infirmiers, ni suffisamment d’hôpitaux, ni unité de virologie nationale est de l’inconscience criminelle. Le coronavirus n’est responsable de rien comme cherche à nous le faire croire le président. Refusons cela! « Les forces dominantes le sont parce qu’elles parviennent à imposer leur langage a leurs victimes » (Samir Amin). Le coronavirus ne fait que montrer comment l’hôpital du peuple a été pillé, Bretton-woodisé, saboté, négligé…

Les syndicats des travailleurs de la santé et de l’action sociale l’ont crié sur tous les toits, notre président Macky Sall refusait de les écouter, de faire de leurs revendications une priorité car il se soigne à l’extérieur.

Et pourtant, Cheikh Anta Diop avait averti: « Un continent qui ne peut assurer sa propre sécurité (…) n’est pas indépendant, et ne peut se développer ». Voilà pourquoi il n’y a après 60 ans ni indépendance ni développement.

Pour faire face à ce coronavirus qu’on appelle  » terrorisme  » il faut que la France lance le G5 Sahel. Pour faire face au coronavirus il faut attendre que la France lance le G5 Cobaye. 80% de notre programme élargi de vaccination (PEV) sont financés par l’impérialisme.

Il nous faut faire de la souveraineté sanitaire, de la souveraineté alimentaire, de la souveraineté monétaire, de la souveraineté militaire des questions de sécurité nationale et africaine. l’Afrique doit produire ses propres médicaments, ses propres vaccins, sa propre nourriture, sa propre monnaie…

C’est la 8e fois que le président Macky Sall prononce un discours le 4 avril. Et me revient le propos de Nietzsche: « ce n’est pas ton mensonge qui me bouleverse mais de ne plus pouvoir te croire. »
Continuons à respecter les consignes sanitaires et administratives. Prenons toutes les initiatives citoyennes pour faire face, aux côtés de notre personnel soignant et de nos forces de défense et de sécurité, au coronavirus.

Terminons en méditant ce conseil: « on ne règle pas un problème avec le système de pensée qui l’a engendré » ( Albert Einstein). Le système de pensée du président Macky Sall, de beaucoup de nos présidents africains est un système de pensée néocoloniale. Ils sont atteints de COLONIAVIRUS. Voilà pourquoi, nous ferons tout pour vaincre le coronavirus. Nous réaffirmons notre total engagement contre le Covid19. Aucun de nous ne doit déserter ce combat. Mais également, nous continuerons à nous battre contre le néocolonialisme.

Pour la seconde phase de décolonisation de l’Afrique !
Ensemble nous vaincrons.

LE VIVRE ENSEMBLE: UNE RÉALITÉ VIVANTE AU COEUR DE L’ASSOCIATION DES ÉTUDIANTS POUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA CASAMANCE (AEDC, KEKENDO)

L’Association des Etudiants pour le Développement de la Casamance (AEDC, KEKNDO), depuis sa mise en place en 2002 au sein de l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, ne cesse de promouvoir le VIVRE ENSEMBLE au sein de ses membres, sympathisants et communauté estudiantine.

Les membres fondateurs ont toujours insisté sur le fait que l’Association au delà de promouvoir les valeurs et la culture de la Casamance, doit s’ouvrir au monde et participer à l’épanouissement de tous les êtres humains dans un élan de solidarité et de fraternité.

Ce dimanche 2 Février 2020, les anciens membres de l’Association ont invité la jeune génération à partager cette vision et les valeurs du VIVVRE ENSEMBLE autour d’un plat de C-bon.

Nous profitons de cette occasion pour féliciter vivement Alassane DIOL (Christ), Paul Sagna (Gazou), Amadou Seydi (Jacks), Jaaraf Seydy (Nafta), Papi Sène (Hercule), Papa Bouly Sagna (Naya), Franck Daddy Diatta, Ousmane Diémé, Aristophane Bassène et tous ceux et celles qui ont faits le déplacement à l’occasion de cette rencontre.

Que 2020 nous apporte beaucoup de succès dans les projets. ATÉMIT APOYOLAL CASAMANCE.

 

la citoyenneté, le coeur de l’action du KEKENDO.

L’Association des Etudiants pour le Développement de la Casamance, KEKENDO, suite au lancement le 17 juillet 2019 des travaux de désensablement de l’avenue Cheikh Anta DIOP de Dakar,  placés sous une portée hautement citoyenne se lance dans le week-end de propreté urbaine. Cela, Après l’organisation d’un séminaire sur les changements climatique avec les étudiants le mercredi 31 juillet de la même année au sein du campus universitaire. Ce samedi 04 janvier 2020, le kékendo a répondu à l’appel du chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur  Macky SALL concernant le lancement des journées nationales de la propriété.

Dans la matinée du samedi, partant du campus où les étudiants, membres de l’association ont fait le circuit (direction du coud, pavillon C, petite porte)… ils ont nettoyé l’avenue Cheikh Anta DIOP à partir du rond-point Fann jusqu’à hauteur du canal 4 au quartier Fass. La journée a vu la mobilisation de toutes les composantes de l’université: (Etudiants, Pats et mouvement associative…

Le kekendo félicite toute la communauté universitaire et entend renouveler cette activité au courant de l’année 2020 et selon les besoins de propreté de l’espace Universitaire qui reste très important au yeux de cette association.

Tous nos remerciements au Secrétaire Général Ibrahim Khalil Sané qui n’a pas lésiné sur les moyens pour assurer une participation effective des membres de l’association à ce devoir citoyen. Vive le Kekendo, Vive la citoyenneté.